Téhéran a injecté des milliards dans le régime d’Assad, maintenant les Iraniens osent se demander pourquoi ? 

L’effondrement du régime d’Assad en Syrie est un coup dur pour l’Iran, qui a investi des milliards en aide militaire à la Syrie, dans le cadre du cercle de feu entourant Israël. Maintenant que son emprise s’effrite, de nombreux Iraniens osent critiquer ouvertement cette décision.

Les critiques viennent de tous les bords de l’échiquier politique Ă  TĂ©hĂ©ran et s’expriment ouvertement sur les chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision, sur les rĂ©seaux sociaux et partout. « Le dĂ©bat sur la Syrie a lieu Ă  tous les niveaux de la sociĂ©tĂ©, non seulement dans les mĂ©dias et les rĂ©seaux sociaux, mais dans les interactions quotidiennes partout », a dĂ©clarĂ© un Ă©minent commentateur des mĂ©dias locaux, Hassan Shamshadi, dans un entretien tĂ©lĂ©phonique avec le New York Times.  « Les gens se demandent : pourquoi avons-nous dĂ©pensĂ© autant d’argent lĂ -bas ? Qu’avons-nous rĂ©alisĂ© ? Quelle est notre justification maintenant que tout a disparu ? »

Shamsadi est proche du gouvernement et dirigeait jusqu’Ă  l’annĂ©e dernière la chambre de commerce commune de l’Iran et de la Syrie. Au cours de la conversation, il a dĂ©clarĂ© qu’il Ă©tait impossible de prĂ©dire Ă  quoi ressembleraient les relations futures entre l’Iran et la Syrie, mais que le partenariat stratĂ©gique construit au cours de quatre dĂ©cennies appartenait dĂ©sormais clairement au passĂ©. « La rĂ©ponse des autoritĂ©s iraniennes a Ă©tĂ© confuse », dit-il.

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Un ancien dĂ©putĂ©, Shematullah Plahtafisha, a Ă©crit dans un message sur les rĂ©seaux sociaux que les Iraniens devraient se rĂ©jouir de la chute du vieil alliĂ© de l’Iran, Bashar Assad : « Personne ne pourra plus dĂ©penser les dollars iraniens pour entretenir des toiles d’araignĂ©es », a-t-il dĂ©clarĂ©.

Les choses dites Ă  TĂ©hĂ©ran ont beaucoup de sens. Cette fois, ce ne sont pas seulement les opposants au rĂ©gime qui se plaignent de l’argent que l’Iran envoie au Moyen-Orient, mais un sentiment qui commence Ă  se rĂ©pandre. « L’Iran est passĂ© d’une puissance rĂ©gionale Ă  un simple pays ordinaire », ose dire Ebrahim Mutagi, professeur de relations internationales Ă  l’UniversitĂ© de TĂ©hĂ©ran.

Au cours de ses derniers jours au pouvoir, Assad a dĂ©clarĂ© au ministre iranien des Affaires Ă©trangères que la Turquie soutenait activement les rebelles qui luttent pour le renverser du pouvoir. Le ministre iranien des Affaires Ă©trangères, Araqchi, a dĂ©clarĂ© Ă  Assad, selon deux sources iraniennes, que TĂ©hĂ©ran continuerait Ă  soutenir la Syrie et a Ă©galement promis de soulever la question avec la Turquie. Le lendemain, les ministres des Affaires Ă©trangères de l’Iran et de la Turquie ont tenu une rĂ©union qualifiĂ©e de « tendue », au cours de laquelle l’Iran a soulignĂ© son mĂ©contentement Ă  l’idĂ©e d’agir selon « l’agenda amĂ©ricain et israĂ©lien ».