Les critiques viennent de tous les bords de l’échiquier politique Ă TĂ©hĂ©ran et s’expriment ouvertement sur les chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision, sur les rĂ©seaux sociaux et partout. « Le dĂ©bat sur la Syrie a lieu Ă tous les niveaux de la sociĂ©tĂ©, non seulement dans les mĂ©dias et les rĂ©seaux sociaux, mais dans les interactions quotidiennes partout », a dĂ©clarĂ© un Ă©minent commentateur des mĂ©dias locaux, Hassan Shamshadi, dans un entretien tĂ©lĂ©phonique avec le New York Times. « Les gens se demandent : pourquoi avons-nous dĂ©pensĂ© autant d’argent lĂ -bas ? Qu’avons-nous rĂ©alisĂ© ? Quelle est notre justification maintenant que tout a disparu ? »
Shamsadi est proche du gouvernement et dirigeait jusqu’Ă l’annĂ©e dernière la chambre de commerce commune de l’Iran et de la Syrie. Au cours de la conversation, il a dĂ©clarĂ© qu’il Ă©tait impossible de prĂ©dire Ă quoi ressembleraient les relations futures entre l’Iran et la Syrie, mais que le partenariat stratĂ©gique construit au cours de quatre dĂ©cennies appartenait dĂ©sormais clairement au passĂ©. « La rĂ©ponse des autoritĂ©s iraniennes a Ă©tĂ© confuse », dit-il.
Un ancien dĂ©putĂ©, Shematullah Plahtafisha, a Ă©crit dans un message sur les rĂ©seaux sociaux que les Iraniens devraient se rĂ©jouir de la chute du vieil alliĂ© de l’Iran, Bashar Assad : « Personne ne pourra plus dĂ©penser les dollars iraniens pour entretenir des toiles d’araignĂ©es », a-t-il dĂ©clarĂ©.
Les choses dites Ă TĂ©hĂ©ran ont beaucoup de sens. Cette fois, ce ne sont pas seulement les opposants au rĂ©gime qui se plaignent de l’argent que l’Iran envoie au Moyen-Orient, mais un sentiment qui commence Ă se rĂ©pandre. « L’Iran est passĂ© d’une puissance rĂ©gionale Ă un simple pays ordinaire », ose dire Ebrahim Mutagi, professeur de relations internationales Ă l’UniversitĂ© de TĂ©hĂ©ran.
Au cours de ses derniers jours au pouvoir, Assad a dĂ©clarĂ© au ministre iranien des Affaires Ă©trangères que la Turquie soutenait activement les rebelles qui luttent pour le renverser du pouvoir. Le ministre iranien des Affaires Ă©trangères, Araqchi, a dĂ©clarĂ© Ă Assad, selon deux sources iraniennes, que TĂ©hĂ©ran continuerait Ă soutenir la Syrie et a Ă©galement promis de soulever la question avec la Turquie. Le lendemain, les ministres des Affaires Ă©trangères de l’Iran et de la Turquie ont tenu une rĂ©union qualifiĂ©e de « tendue », au cours de laquelle l’Iran a soulignĂ© son mĂ©contentement Ă l’idĂ©e d’agir selon « l’agenda amĂ©ricain et israĂ©lien ».
Le régime lui-même bégaie également l’effondrement de son allié le plus proche, compte tenu du grand soutien qu’il a apporté à la Syrie et à ses alliés combattant Israël.





