TĂ©moignage de Osnath, infirmière du service corona: « Il n’y a pas 15 minutes sans rĂ©animation, chaque jour je sors en pleurant »

«C’est la vague la plus dure, travailler 6 heures d’affilĂ©e sans boire, ni faire pipi», Ă©crit une infirmière du dĂ©partement Corona. Osnat est infirmière au service corona, elle est mariĂ©e, âgĂ©e de 36 ans, et c’est une femme avec un cĹ“ur le plus pur.

C’est le genre de personne qui verra des sans-abris- elle y retourne avec une soupe chaude et une couverture. Un chat blessĂ© sur la route ? Elle arrĂŞtera tout mouvement et l’Ă©vacuera. Son cĹ“ur est sensible Ă  tout et Ă  chacun. Dans chaque collecte de fonds caritative, elle est parmi les premières Ă  faire un don et non pas parce qu’elle est riche.

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Et pourquoi n’est-elle pas riche, demandez-vous ?

Parce qu’Osnat est infirmière. Elle est essentiellement infirmière dans un service de mĂ©decine interne – l’endroit le plus dĂ©courageant et le plus dur pour quiconque dans le domaine de la santĂ© et j’ai vu cela de près : parce que c’est de lĂ  que viennent tous les patients affaiblis, les personnes âgĂ©es, les non photogĂ©niques.

Et lĂ , elle donne son âme. Chaque jour. Elle m’a dit un jour : j’essaie de sourire et je pense que mĂŞme si le vieil homme qui a souffert et a Ă©tĂ© hospitalisĂ© dans la salle est dĂ©cĂ©dĂ©, au moins le visage qu’il a vu Ă  la fin de sa vie est un visage souriant. Peu importe Ă  quel point je suis stressĂ©e, je vais donner une tasse de thĂ© chaude et l’Ă©couter, car c’est la dignitĂ© humaine et l’image de D.ieu. Il est important pour moi de le souligner et vous comprendrez bientĂ´t pourquoi.

Il y a deux jours, je lui ai envoyĂ© une question sur WhatsApp, sans rapport avec quoi que ce soit et ce n’est qu’Ă  partir de la rĂ©ponse que j’ai rĂ©alisĂ© que quelque chose n’allait pas.

Qu’est-ce qui se passe Osnath, ai-je demandĂ©. Et elle a rĂ©pondu, je m’effondre mentalement et physiquement. Parce qu’Osnat a Ă©tĂ© recrutĂ©e dans l’unitĂ© Corona et fait partie de ces combattantes Ă  la pointe de cette maladie trompeuse et dĂ©lirante.

« Dis moi ce qui se passe ?  » Et elle me rĂ©pond :  » Je vais arrĂŞtĂ© de pleurer et je t’Ă©crirai », rĂ©pondit-elle. J’Ă©tais choquĂ©.

Et c’est ce qu’elle m’a Ă©crit, et je vous demande de bien lire son message. Mettez de cĂ´tĂ© toutes vos rĂ©pressions, vos dĂ©fenses et vos thĂ©ories bruyantes, et Ă©coutez simplement les paroles d’Osnat. Parce que ce n’est rien de moins que la vie ou la mort.

«Vous savez, au dĂ©but que toute cette Ă©pidĂ©mie de corona a commencĂ©, autour de Pessa’h, notre quartier corona a Ă©tĂ© ouvert pour la première fois. Tout Ă©tait vraiment dĂ©lirant, personne ne savait comment cela se passait, il n’y avait pas encore des milliers de personnes infectĂ©es et les gens Ă©taient très stricts.

Je me souviens alors que tous les messages de «Corona Sister’s Diary» ont commencĂ© Ă  couler. Toutes sortes de photos sur Facebook de Superman qui salue le personnel mĂ©dical. Je pensais que c’Ă©tait stupide et excessif. Parce qu’en fait, les gens avaient peur de se rendre aux urgences, les services internes Ă©taient rares Ă  l’hĂ´pital et mĂŞme dans le service Corona, nous n’avions pas une charge Ă©norme. Ensuite, le nombre d’hospitalisĂ©s a diminuĂ© et nous sommes redevenus une salle interne.

Et après ? Depuis, les gens ont commencĂ© Ă  sous-estimer notre travail. Chaque jour, de plus en plus de patients positifs sont dĂ©couverts et les consĂ©quences sont vraiment catastrophiques. Le personnel est contagieux, il y a moins d’effectifs, charge de travail anormale, c’est un cauchemar.

Dans la vague actuelle, c’est la troisième fois que le dĂ©partement devient un dĂ©partement Corona. DĂ©sormais, tous ces bouleversements que cela vous causent et tous ces changements en termes de travail. SĂ©parez les Ă©quipes, mĂ©langez, recrutez ici et lĂ  et toute l’agitation que cela implique.

C’est la vague la plus horrible depuis le dĂ©but de l’Ă©pidĂ©mie du corona. Chaque jour, je pars en Ă©quipe, je dois me prĂ©parer mentalement. Vous ne savez pas comment le changement commencera et comment il se terminera. Qui vivra et qui mourra. Au sens propre.

Le nombre de patients est insensĂ©. Les gens sont hospitalisĂ©s dans le couloir. Et ce ne sont plus seulement les personnes âgĂ©es mais aussi les jeunes. Hier encore, j’ai reçu un patient qui est venu pour l’observation en raison d’un essoufflement après le corona et aujourd’hui nous avons dĂ©jĂ  pratiquĂ© la RCR sur lui, et encore une deuxième RCR jusqu’Ă  sa mort.

Je me dis, bon sang ! L’homme m’a parlĂ© hier ! Il est entrĂ© sur 2 jambes et finalement dĂ©cĂ©dĂ© sans famille Ă  cĂ´tĂ© de lui. Sans avoir le temps de se sĂ©parer. Comme ça – boum, il est mort. J’ai vraiment le sentiment que seuls ceux qui sont Ă  l’intĂ©rieur avec moi comprendront de quoi il s’agit. Et quand je dis Ă  l’intĂ©rieur, je veux dire un monde complètement diffĂ©rent.

Dans la salle qui est fermĂ©e et oĂą chaque porte d’entrĂ©e ou de sortie est une double porte, qui pour entrer, vous enlevez tout de vous et entrez dans un autre monde. Dans ma vie, c’est un monde diffĂ©rent. Quand je suis Ă  l’intĂ©rieur, pour moi il n’y a pas d’extĂ©rieur. Rien ! Ça n’existe plus.

Avec tant d’hospitalisations, je ne sais pas Ă  qui m’adresser en premier. Mes normes ont chutĂ© miraculeusement. Maintenant, pour moi, ce qui compte, c’est que leur oxygène soit normal, qu’ils reçoivent des mĂ©dicaments et qu’ils mangent. Tout le reste  tombe au bas de la liste des prioritĂ©s.

Quelqu’un me demande du thĂ© et je rĂ©ponds plus tard et je quitte la salle rapidement car il y a un appel pour aller voir un autre patient dont l’oxygène est rĂ©duit. Une tasse de thĂ© chaude face Ă  un danger de mort. A d’autres moments, j’aurai pu donner un tel traitement, et de tout cĹ“ur, mais aujourd’hui, je suis occupĂ©e Ă  survivre.

Je suis une infirmière interne. Notre rĂ©animation est de routine. Mais maintenant avec le Corona, tous les quart d’heure de travail, nous devons rĂ©animer. Chaque quart de travail. Un patient peut ĂŞtre complètement sans souffle, en quelques heures de dĂ©tĂ©rioration respiratoire au point de ne plus respirer, alors on sait que les chances de s’en sortir sont nulles.

Nous rentrons Ă  l’intĂ©rieur et ne savons pas quand nous partirons. 5 heures consĂ©cutives, 6 heures. Avec toute la protection. Pas de pipi, pas de boisson. Avoir fait de la RCR sans arrĂŞt, tous haletants, transpirants et avez vous soif ? Tant pis, ce n’est possible… il faut continuer de travailler. C’est cela la vie des gens qui traĂ®nent ici.

Un des patients rĂ©cemment, un homme d’origine russe, m’a demandĂ© ce qu’Ă©tait chaque mĂ©dicament lorsque je lui ai remis le verre de mĂ©dicament. Je lui ai tout expliquĂ© et pour une raison quelconque, il ne voulait pas et a commencĂ© Ă  me compliquer la tâche. Le mĂ©decin s’est dĂ©placĂ© suite Ă  ma demande pour le convaincre de prendre le mĂ©dicament.

Vers la fin du quart de travail, ce mĂŞme patient s’est fâchĂ© contre moi de ne pas ĂŞtre venu vĂ©rifier qu’il allait bien et qu’en est-il de son Ă©tat. Je lui ai expliquĂ© que j’Ă©tais occupĂ©e avec des patients plus graves, puis il m’a dit quelque chose qui m’a brisĂ© le cĹ“ur. Dans un hĂ©breu si brisĂ©, il m’a expliquĂ© que «son cĹ“ur et sa tĂŞte lui faisaient mal». J’ai rĂ©alisĂ© qu’il m’expliquait en fait qu’il Ă©tait triste.

Il m’a dit qu’il ne voyait pas les gens, ne voyait que nos yeux. « Je ne sais mĂŞme pas Ă  quoi tu ressembles ». Alors je lui ai mis une chaise devant la fenĂŞtre qui sĂ©pare de l’unitĂ© corona pour qu’il puisse voir les visages sans toute cette sacrĂ©e protection. Il m’a dit qu’il est un artiste et un sculpteur et qu’il a des Ĺ“uvres au musĂ©e. La communication interpersonnelle normale de la vie quotidienne lui manque terriblement.

Et ce n’est qu’un petit exemple de ce que vivent les patients. Juste assis hospitalisĂ© pour qui sait combien de temps, Ă  regarder le mur. Personne ne viendra les visiter car c’est interdit. Tout ce qu’ils voient, ce sont des gens en blouse et combinaison blanche. Et je n’ai mĂŞme pas commencĂ© Ă  parler de ceux qui perdent le contrĂ´le. Ceux qui deviennent confus, retirent les transfusions, les cathĂ©ters, les sondes, crient et autres choses que par respect je ne vous dis pas.

Et nous sommes vraiment impuissants. Je n’ai pas l’impression d’ĂŞtre pris en considĂ©ration, j’ai l’impression de survivre. Puis je retourne dans le monde et qu’est-ce que je dĂ©couvre ?

Que les gens publient sur Facebook des mensonges et disent que les hĂ´pitaux gonflent le nombre d’hospitalisations, que les hĂ´pitaux sont financièrement rĂ©compensĂ©s pour chaque patient Corona (quoi ? !), que nous nous effrayons dĂ©libĂ©rĂ©ment en nous contrĂ´lant nous et toutes sortes d’autres conspirations pour lesquelles je n’ai aucune patience Ă  lire.

Tout le monde est devenu scientifique pour moi. Allons que se passe t’il ? !

Parfois, j’ai envie de leur rĂ©pondre : venez pour une visite dans cette unitĂ©, venez. Voyons si on gonfle ou si ce sont de vrais inventions. Voyez de vos propres yeux s’il s’agit d’une « autre grippe normale » ou d’une maladie rusĂ©e et malveillante dont vous ne savez jamais quand elle dĂ©cidera et par qui elle commencera. Venez ! Ensuite nous parlerons.

Je rentre Ă  la maison brisĂ©. Physiquement c’est Ă©vident mais la chose est surtout mentale. Ne pas faire pipi pendant des heures auxquelles nous avons Ă©tĂ© habituĂ©s … et «envelopper» un autre patient et un autre patient et ainsi de suite ? (DestinĂ© Ă  envelopper le corps d’une autre personne dĂ©cĂ©dĂ©e d’un corona, et non dans un drap, mais dans un double sac de ZAKA pour Ă©viter une infection secondaire, et oui, c’est horrible comme ça en a l’air et plus encore.)

J’avais un patient de 57 ans ou quelque chose comme ça. Il portait un jean et un t-shirt. J’Ă©tais sĂ»re que dans quelques jours il serait libĂ©rĂ©.

Mais vendredi soir, il a eu une dĂ©tĂ©rioration respiratoire, nous l’avons connectĂ© Ă  un appareil spĂ©cial Ă  oxygène, nous avons Ă©galement changĂ© sa position. Il se sentait un peu mieux.

Imaginez maintenant la situation suivante : un groupe de mĂ©decins, d’anesthĂ©siologistes et d’infirmières, tous en combinaison, oĂą on ne voient que les yeux. Tout le monde se tient autour de vous. ConnectĂ©s et en regardant l’Ă©cran et priant pour que le niveau d’oxygène augmente. Ses yeux supplient. Le mĂ©decin l’encourage Ă  continuer Ă  se battre lui disant que les prochaines heures seront difficiles, mais alors l’apogĂ©e sera derrière lui et avec l’aide de Dieu, il ira mieux.

Je n’oublierai jamais ses yeux. Il Ă©tait terrifiĂ© ! Il avait peur de la mort dans ses yeux. Point. Pendant un moment, ça s’est un peu amĂ©liorĂ©. De temps en temps, j’entrais dans la pièce et vĂ©rifiais qu’il allait bien, je lui faisais des signes avec mes mains que tout allait bien, et de mieux en mieux j’essayais d’encourager. Je lui ai dit Ă  son oreille qu’il Ă©tait courageux et qu’il continuerait de l’ĂŞtre.

Mon cĹ“ur ne voulait pas sortir de lĂ . DĂ©jĂ  cette nuit-lĂ , il Ă©tait dĂ©jĂ  descendu Ă  l’unitĂ© de soins intensifs. Ses systèmes se sont effondrĂ©s un par un et quelques jours plus tard, il est dĂ©cĂ©dĂ©. Cela m’a Ă©crasĂ©e… dĂ©molie. J’ai appelĂ© sa femme après les shiva car il Ă©tait important pour moi que vous sachiez que ce vendredi soir avant qu’il ne se rende aux soins intensifs, il Ă©tait entourĂ© d’un personnel qui s’occupait vraiment de lui et le soignait. Nous avons pleurĂ© ensemble.

Je me suis promis de faire quelque chose pour lui remonter le moral mais je ne l’ai pas encore fait. Qui a le temps. Je rentre Ă  la maison, je dors quatre heures rapidement et je retourne pour une autre journĂ©e de bataille avec un ennemi invisible.

En parlant Ă  l’Ă©quipe, les gens ont l’impression de sortir d’une zone de guerre. Et seuls ceux qui Ă©taient Ă  l’intĂ©rieur comprendront. Tout le monde, tout le monde sans exception se reproche de ne pas en faire assez. Ensuite, vous entendez les gens nous blâmer, le personnel mĂ©dical, de complots et de cupiditĂ© !

Comprenez-vous ce que c’est ? ! Savez-vous qu’il y a des familles dont un membre de la famille est hospitalisĂ© avec nous dans le quartier Corona et elles exigent de moi une preuve qu’il est effectivement positif ? Laissez nous tranquille et travailler, nous n’avons pas le temps de jouer avec toutes ces questions, parce qu’il hurle de douleur et qu’il baisse sa stature, ou qu’il essaie de sauter du lit parce qu’il est dĂ©ment et n’a aucune idĂ©e de ce qu’il fait dans cette piece ou a besoin d’une sĂ©ance du respirateur avant de s’Ă©touffer dans ses propres sĂ©crĂ©tions.

Allez les convaincre que nous n’avons aucune raison sur terre de mettre une personne nĂ©gative dans un dĂ©partement corona quant tout le monde est positif.

Je n’ai plus de pouvoir. Je n’ai pas de force. MĂŞme les personnes âgĂ©es ne mĂ©ritent pas de mourir sans que quelqu’un lui tient la main ? Est-ce ainsi de mourir, une insulte ? Devant un mur ? Sans voir une famille Ă  ses cĂ´tĂ©s ? Je sors en pleurant tous les jours. Parfois, nous accrochons des photos que la famille envoie devant le patient pour que cela lui fasse du bien.

Et je me demande vraiment si tous ces méprisants (sur les réseaux sociaux) seraient prêts à sacrifier leurs parents et leurs proches qui seraient exilés dans une salle de cauchemar où ils seraient hospitalisés dans la solitude et y finiraient peut-être leur vie sans que personne ne leur tienne la main ? Et je ne veux même pas entendre leur réponse. « 

VoilĂ … ce sont les parole d’Osnat. Maintenant, je veux voir quelqu’un qui oserait dire qu’elle invente, qu’elle exagère, qu’elle pervertit. Cette jeune femme, qui a dĂ©jĂ  eu le Corona et comment elle est retournĂ©e dans l’enfer en essayant de nous dire quelque chose Ă  travers le double vitrage dans un cri dĂ©sespĂ©rĂ©. Pour tout cela nous devrions l’Ă©couter.

Il y a beaucoup d’hommes et de femmes que j’aime qui ne croient pas que c’est une Ă©pidĂ©mie, qui pensent que c’est un complot de la franc-maçonnerie ou la 5G ou Bill Gates ou tous ensemble, qui refusent de se faire vacciner, qui prĂ©tendent que nous sommes tous des moutons et que tout est un mensonge.

Eh bien dĂ©jĂ . Je ne me dispute pas avec vous, ça ne sert Ă  rien. Je demande simplement, en suppliant au nom de Dieu et au nom d’Osnat : ne sous-estimez pas ce virus. Prenez soin de vous. ProtĂ©gez votre environnement. Faites attention. Gardez les distances. Masque. Isolation. Tests.

Il y a une fermeture, cela vous rend fous, vous n’ĂŞtes pas d’accord. Chacun pense que c’est une mauvaise dĂ©cision et qu’elle est frustrante. Mais il n’y a pas le choix. Nous allons survivre Ă  tout cela. Quel est le meilleur, se contaminer et mourir ou vivre ?

Les vaccins sont dĂ©jĂ  lĂ , quiconque ne veut pas, ne le fera pas.  G5 ou pas – vous ĂŞtes surveillĂ© depuis longtemps et vos informations sont Ă  tous les gĂ©ants de la communication numĂ©rique – appelez cela un smartphone – d’ailleurs.

Mais faites moi une faveur. Vous êtes cher à mon cœur, qui que vous soyez. Soyez plus prudent. Sauver vos vies. Ne sous-estimez pas ce virus. Prenez soin de votre santé et de celle de vos proches, surtout les personnes âgées.

Croyez-la.