À l’approche de l’arrivée de milliers de hassidim de Breslev à Ouman via la Roumanie, le ministère des Affaires étrangères met en place un état-major dédié — et l’État financera la sécurisation du trajet des hassidim vers Ouman, pour un coût de 750 000 shekels.
Des milliers de hassidim devraient s’envoler à l’approche de Roch Hachana vers le tombeau de Rabbi Nahman de Breslev, à Ouman, en Ukraine. En raison de la guerre qui se poursuit entre la Russie et l’Ukraine et de la fermeture de l’espace aérien, les voyageurs sont contraints d’atterrir dans des pays voisins. Suite aux difficultés rencontrées l’an dernier avec la Moldavie, il a été décidé cette année que le point de passage central serait la Roumanie — d’où les hassidim poursuivront leur route par voie terrestre jusqu’à Ouman.
Selon des informations révélées mercredi soir par Ari Kalman sur la chaîne i24, les autorités roumaines ont exigé, à cette fin, un renfort de sécurité assuré par des policiers israéliens, qui aideront à assurer la communication avec le public des voyageurs.
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Un budget contesté, un dispositif inédit
Toujours selon ce même reportage, ces derniers jours, le ministère des Affaires étrangères s’est adressé à plusieurs ministères — dont ceux de l’Intérieur et des Transports — pour leur demander de participer au financement de cette sécurité, dont le coût est estimé à environ 750 000 shekels. Parallèlement, un état-major dédié a été mis en place au ministère des Affaires étrangères pour accompagner l’ensemble du trajet.
Ce dispositif s’inscrit dans la continuité des efforts logistiques et diplomatiques déployés chaque année par l’État d’Israël pour organiser le pèlerinage annuel de dizaines de milliers de hassidim vers Ouman, rendu particulièrement complexe depuis la fermeture de l’espace aérien ukrainien au début de la guerre avec la Russie. Faute de vols directs, les voyageurs doivent systématiquement transiter par des pays voisins — principalement la Moldavie, la Roumanie, la Pologne ou la Hongrie — avant de poursuivre leur trajet par voie terrestre, parfois pendant plusieurs heures, voire une journée entière.
L’an dernier déjà, les négociations entre Israël et la Moldavie autour d’un terminal temporaire à l’aéroport de Chișinău avaient tourné court, les autorités moldaves ayant formulé une série d’exigences jugées excessives par le Trésor israélien, notamment une contribution financière de 8 millions de shekels ainsi que la mobilisation de 90 agents de sécurité aéroportuaire et 24 policiers israéliens. Cet échec avait conduit au chaos vécu par des milliers de voyageurs bloqués dans les aéroports d’Europe de l’Est lors de leur retour, provoquant une vive polémique politique, jusqu’à ce que le président du parti Shas, Aryeh Deri, ordonne une intervention d’urgence pour rapatrier les pèlerins en détresse.
Une tradition annuelle sous très haute surveillance
Chaque année, des policiers israéliens sont dépêchés sur place, à Ouman même, pour épauler les forces ukrainiennes dans le maintien de l’ordre et jouer un rôle d’interface linguistique auprès des pèlerins, notamment pour relayer les consignes liées à l’état de guerre — respect du couvre-feu, règles de sécurité, et informations pratiques. L’an dernier, environ 35 000 hassidim de Breslev avaient afflué à Ouman pour les célébrations de Roch Hachana, avec une estimation totale pouvant atteindre 38 000 fidèles selon les données de la communauté juive unifiée d’Ukraine.
Le passage par la Roumanie, retenu cette année comme itinéraire principal, s’inscrit dans une recherche plus large de solutions alternatives à la Moldavie, jugée moins fiable après les blocages de l’an dernier. Selon plusieurs sources concordantes, jusqu’à sept pays au total — Roumanie, Slovaquie, Pologne, Autriche, Moldavie, Hongrie et Bulgarie — et une vingtaine d’aéroports sont désormais utilisés par les pèlerins pour rallier Ouman, la plupart poursuivant leur trajet en bus ou en taxi collectif entre les aéroports frontaliers et la ville ukrainienne.
Ce dispositif exceptionnel de sécurité et de coordination diplomatique illustre, une fois de plus, l’ampleur de la mobilisation de l’État israélien autour de ce pèlerinage annuel devenu, au fil des années, un événement logistique et sécuritaire d’envergure — impliquant plusieurs ministères, des budgets conséquents et une coordination internationale complexe, sur fond de guerre toujours active en Ukraine.






