Un mĂ©ga tsunami s’est dĂ©clenchĂ© près de HaĂŻfa il y a de nombreuses annĂ©es

Un tsunami est une sĂ©rie de vagues dans une masse d’eau qui, au lieu d’ĂŞtre gĂ©nĂ©rĂ©es par le vent ou par l’attraction gravitationnelle de la lune et du soleil, sont causĂ©es par le dĂ©placement d’un grand volume d’eau. Les tremblements de terre, Ă©ruptions volcaniques et autres explosions sous-marines (y compris les dĂ©tonations intentionnelles, les glissements de terrain, les impacts de mĂ©tĂ©orites et autres perturbations) au-dessus ou au-dessous de l’eau peuvent tous provoquer des tsunamis dĂ©vastateurs.

L’un des pires de l’histoire rĂ©cente a Ă©tĂ© celui qui s’est produit en 2004 sous l’ocĂ©an Indien, lorsqu’un tremblement de terre a causĂ© d’Ă©normes dĂ©gâts sur les cĂ´tes de l’IndonĂ©sie, de la ThaĂŻlande, du Sri Lanka, de l’Inde et d’autres pays.

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Les tsunamis sont un Ă©vĂ©nement relativement courant le long de la cĂ´te est de la MĂ©diterranĂ©e, avec des archives historiques et des donnĂ©es gĂ©ographiques montrant un tsunami par siècle au cours des 6 000 dernières annĂ©es. Le bilan des prĂ©cĂ©dents tsunamis est cependant moins clair. Les tsunamis de l’AntiquitĂ© ont eu une profonde influence sur les sociĂ©tĂ©s cĂ´tières. Six mille ans de documents historiques et de donnĂ©es gĂ©ologiques montrent que les tsunamis sont un phĂ©nomène courant affectant le littoral oriental de la MĂ©diterranĂ©e. Cependant, l’impact possible des tsunamis sur les sociĂ©tĂ©s prĂ©historiques n’ont pas Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©s.

Les chercheurs au dĂ©partement de gĂ©osciences marines de l’UniversitĂ© de HaĂŻfa ; le Scripps Center for Marine Archaeology de l’UniversitĂ© de Californie Ă  San Diego ; le dĂ©partement de gĂ©osciences de l’Utah State University ; et l’Institut de gĂ©ophysique et de physique planĂ©taire de l’UniversitĂ© de Californie Ă  Santa Cruz est remontĂ© encore plus loin. Ils dĂ©crivent dans la prestigieuse revue PLoS (US Public Library of Science) un grand gisement de tsunami du dĂ©but de l’Holocène (entre 9 910 et 9 290 ans) dans les sĂ©diments cĂ´tiers de Tel Dor dans le nord-ouest d’IsraĂ«l, une ville-monticule maritime occupĂ©e depuis le bronze moyen II pĂ©riode (2000-1550 avant notre ère) Ă  travers la pĂ©riode des CroisĂ©s.

Pour mener leur analyse, les auteurs ont utilisĂ© des techniques de tĂ©lĂ©dĂ©tection photogrammĂ©triques pour crĂ©er un modèle numĂ©rique du site Tel Dor Ă  quelque 30 kilomètres au sud de HaĂŻfa, combinĂ© Ă  des fouilles sous-marines et des forages terrestres jusqu’Ă  une profondeur de neuf mètres.

Le long de la cĂ´te de la zone d’Ă©tude, les scientifiques ont dĂ©couvert une coquille marine abrupte et une couche de sable avec un âge de contrainte il y a 9 910 Ă  9 290 ans, au milieu d’une grande couche de zone humide ancienne s’Ă©tendant de 15 000 Ă  7 800 ans.

L’article de la revue apparaĂ®t sous le titre «Un mĂ©ga-tsunami nĂ©olithique en MĂ©diterranĂ©e orientale : vulnĂ©rabilitĂ© prĂ©historique des colonies le long de la cĂ´te du Carmel, IsraĂ«l».

Ils ont estimĂ© que la vague Ă©tait capable de dĂ©poser des coquillages et du sable au milieu de ce qui Ă©tait alors une zone humide fraĂ®che Ă  saumâtre qui devait parcourir 1,5 Ă  3,5 kilomètres, avec une hauteur de vague cĂ´tière de 16 Ă  40 mètres. Ă€ titre de comparaison, les tsunamis dĂ©jĂ  documentĂ©s dans l’est de la MĂ©diterranĂ©e n’ont parcouru que 300 mètres Ă  l’intĂ©rieur des terres, ce qui suggère que le tsunami de Dor a Ă©tĂ© gĂ©nĂ©rĂ© par un mĂ©canisme beaucoup plus puissant.

Les tsunamis locaux ont tendance Ă  se produire en raison de tremblements de terre dans le système de faille de la mer Morte et de glissements de terrain sous-marins ; les auteurs notent qu’un tremblement de terre contemporain du palĂ©o-tsunami de Dor (datant d’il y a environ 10000 ans) a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© identifiĂ© en utilisant des dommages causĂ©s par la grotte dans la crĂŞte du Carmel Ă  proximitĂ©, suggĂ©rant que ce tremblement de terre spĂ©cifique aurait pu dĂ©clencher un glissement de terrain sous-marin causant le tsunami massif Ă  Dor.

Ce palĂ©o-tsunami se serait produit pendant la pĂ©riode culturelle nĂ©olithique B du dĂ©but Ă  la moyenne prĂ©-poterie de la rĂ©gion, et aurait potentiellement anĂ©anti les traces de villages cĂ´tiers antĂ©rieurs de Natoufien (il y a 12 500 Ă  12 000 ans) et du nĂ©olithique prĂ©-potier (enquĂŞtes et fouilles antĂ©rieures montrent une quasi-absence de villages cĂ´tiers de basse altitude dans cette rĂ©gion). La rĂ©apparition d’abondants sites archĂ©ologiques nĂ©olithiques tardifs (environ 6000 ans avant notre ère) le long de la cĂ´te dans les annĂ©es qui ont suivi le tsunami de Dor coĂŻncide avec la reprise du dĂ©pĂ´t des zones humides dans les Ă©chantillons de carottes de Dor et indique que la rĂ©installation a suivi l’Ă©vĂ©nement – soulignant la rĂ©silience des rĂ©sidents dans le face Ă  des perturbations massives.

Selon Gilad Shtienberg, chercheur postdoctoral israĂ©lien au Scripps Center for Marine Archaeology qui Ă©tudie les carottes de sĂ©diments, «Notre projet se concentre sur la reconstruction du climat ancien et du changement environnemental au cours des 12 000 dernières annĂ©es le long de la cĂ´te israĂ©lienne ; nous n’avons jamais rĂŞvĂ© de trouver des preuves d’un tsunami prĂ©historique en IsraĂ«l. Les chercheurs savent qu’au dĂ©but de la pĂ©riode nĂ©olithique, il y a environ 10 000 ans, le bord de mer Ă©tait Ă  quatre kilomètres de lĂ  oĂą il se trouve aujourd’hui. Lorsque nous avons ouvert les noyaux Ă  San Diego et commencĂ© Ă  voir une couche de coquille marine incrustĂ©e dans le paysage nĂ©olithique sec, nous savions que nous avions dĂ©crochĂ© le jackpot.