Un membre de l’appareil de sĂ©curitĂ© palestinien : « Nous sommes dĂ©sespĂ©rĂ©s – pourquoi existons-nous ? »

Preuve troublante : Un membre de l’appareil de sĂ©curitĂ© palestinien a dĂ©crit une atmosphère dĂ©moralisĂ©e et un moral bas au sein de l’appareil, une tendance qui s’est renforcĂ©e ces derniers temps en mĂŞme temps que l’escalade sur le terrain et l’affaiblissement progressif de l’AutoritĂ© palestinienne.

« Nous sommes dĂ©sespĂ©rĂ©s. Que faisons-nous ? Pour qui travaillons-nous ? Il n’y a aucune valeur et aucun but », a-t-il tĂ©moignĂ©. « Lorsqu’ils ont Ă©tabli les mĂ©canismes, cela faisait partie d’un grand plan qui mènerait finalement Ă  un État. La raison d’ĂŞtre de l’AutoritĂ© palestinienne Ă©tait en premier lieu d’Ă©tablir un État palestinien. Après toutes ces annĂ©es, il y a un autoritĂ© mais pas d’État, alors pourquoi existons-nous ?Pour toucher des salaires et s’occuper des intĂ©rĂŞts d’Abu Mazen et ĂŞtre des agents d’IsraĂ«l ? Nous sommes devenus des sous-traitants. Il n’y a d’horizon dans aucun domaine, ni en politique ni sur le plan socio-Ă©conomique. »

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Une source palestinienne confie que la rancune et le manque de motivation règnent dans les rangs de l’appareil sĂ©curitaire palestinien. « Les gens qui travaillent dans les mĂ©canismes ont le sentiment que ce qu’ils font n’a aucun sens et que l’AutoritĂ© s’effondre lentement. Ils ont le sentiment que cela n’a aucun effet sur leur position et que cela n’est bĂ©nĂ©fique ni pour eux personnellement ni pour les Palestiniens. Une fois qu’on leur a dit qu’ils faisaient quelque chose d’important et de bon pour la patrie et qu’ils y croyaient vraiment, maintenant ils commencent Ă  se rĂ©veiller de l’illusion et Ă  voir que tout est une grande fraude. Il y a un effondrement moral dans les mĂ©canismes, et il n’y a aucune motivation pour agir contre le Hamas et le Jihad. »

Le dĂ©sespoir de la situation existante amène mĂŞme certains d’entre eux Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  l’idĂ©e de revenir Ă  la vie qui existait avant les accords d’Oslo et avant la crĂ©ation de l’AP. « La situation ne fait que se dĂ©tĂ©riorer, l’AP n’est plus aussi forte qu’elle l’Ă©tait autrefois. Elle n’a pas Ă©tĂ© en mesure de rĂ©aliser le rĂŞve palestinien, et l’occupation ne fait que s’aggraver. Dans une telle situation, l’AP n’a d’autre rĂ´le que de maintenir la position d’IsraĂ«l. Cela ne nous dĂ©range pas de revenir Ă  une occupation totale sous un gouvernement militaire comme c’Ă©tait le cas par le passĂ©. Si IsraĂ«l, le Shin Bet et l’establishment sĂ©curitaire israĂ©lien sont de toute façon les principaux dirigeants, alors il vaut mieux qu’il n’y ait pas d’autoritĂ©, et que trouver d’autres moyens de gĂ©rer les affaires, qu’IsraĂ«l s’occupe des services municipaux et de la collecte des ordures », a-t-il dit.

Un ancien responsable de la sĂ©curitĂ© palestinienne a dĂ©clarĂ© Ă  « Israel Hayom » que les mĂ©canismes de sĂ©curitĂ© palestiniens ont perdu le grand prestige dont ils jouissaient dans le passĂ©, et que de nombreux serviteurs ne ressentent plus le mĂŞme sens de l’honneur et de la fiertĂ©. « Une fois que tout le monde voulait en faire partie et se mobiliser, c’Ă©tait considĂ©rĂ© comme quelque chose de grand pour eux et aussi pour la question palestinienne. Aujourd’hui, c’est diffĂ©rent, l’image des mĂ©canismes s’est Ă©rodĂ©e, et il est moins attrayant d’y servir. »

« Au-delĂ  de l’Ă©rosion du prestige, il y a un manque de confiance dans les dirigeants. Quand vous voyez que votre leadership est entachĂ© de corruption, et qu’il y a un dirigeant qui parle deux langues, embrasse les IsraĂ©liens d’un cĂ´tĂ© et leur donne ce qu’il ils veulent, et d’un autre cĂ´tĂ© ils ne vous laissent pas libĂ©rer votre patrie et combattre l’occupation, alors vous demandez ce que je gagne et qu’est-ce que j’en retire », a expliquĂ© la source.

Jour après jour, l’AutoritĂ© palestinienne perd la confiance du public et s’affaiblit. Non seulement dans les mĂ©canismes de sĂ©curitĂ©, il y a du ressentiment de la part de la direction de l’autoritĂ© et de son fonctionnement. Les responsables publics le considèrent Ă©galement comme un organe gĂŞnant qui n’a pas fait ses preuves Ă  l’Ă©preuve du temps.