Un responsable de l’Église catholique a rĂ©cemment rĂ©vĂ©lĂ© un bain rituel du Moyen Ă‚ge placĂ© sous l’église de Sicile. Cette dĂ©couverte donne plus d’informa-tions sur la vie de la communautĂ© juive locale avant son expulsion en 1492.
Une inscription hĂ©braĂŻque a Ă©tĂ© dĂ©couverte sur le mur du mikveh dans le sous-sol de l’Ă©glise San Filippo Apostolo de la ville de Syracuse en Sicile.
Il convient de noter que dans l’Europe mĂ©diĂ©vale, les mikvehs ont Ă©tĂ© construits profondĂ©ment sous terre, au niveau de la nappe phrĂ©atique. Ces installations, connues de tout le continent, consistent en un long escalier menant Ă un petit bassin. La piscine, qui a Ă©tĂ© dĂ©couverte sous l’église de San Filippo, se situe Ă 14 mètres sous la terre, au pied d’un long escalier en colimaçon taillĂ© dans la pierre calcaire. Les eaux souterraines, qui servaient jadis Ă purifier les femmes mariĂ©es Ă la fin des sept jours de « jours de Tahara » chaque mois, continuent de couler dans la piscine situĂ©e au bas de l’escalier.
L’inscription a Ă©tĂ© dĂ©couverte par Monseigneur Sebastiano Amante, haut responsable de l’Église catholique rĂ©gionale, et le Dr Jonathan Adler, archĂ©ologue et confĂ©rencier Ă l’UniversitĂ© Ariel de Samarie, s’est spĂ©cialisĂ© dans l’Ă©tude des bains rituels antiques et mĂ©diĂ©vaux. Au-dessous de l’Ă©glise, la communautĂ© juive locale servait de bain rituel avant son expulsion en 1492. «Â
L’annonce de cette nouvelle dĂ©couverte a Ă©tĂ© faite lors d’une confĂ©rence organisĂ©e par l’Institut des sciences religieuses St. Mettodio en coopĂ©ration avec la ville de Syracuse, et le Dr Adler a fourni une description dĂ©taillĂ©e du Mikveh et de l’inscription elle-mĂŞme, qui contient deux mots : « Asher Heifetz ». Apparemment, il s’agit du nom d’un membre de la communautĂ© juive du Moyen Ă‚ge. Nadia Zeldes de l’UniversitĂ© Ben Gourion du NĂ©guev et chercheuse de premier plan dans l’histoire des juifs de Sicile a expliquĂ© lors de la confĂ©rence que le nom de famille Hefetz Ă©tait une version hĂ©braĂŻque d’un nom de famille juif sicilien appelĂ© Bonavaglia, une famille qui a jouĂ© un rĂ´le important dans l’histoire du judaĂŻsme sicilien.
Quelque temps après l’expulsion des Juifs de Sicile Ă la fin du XVe siècle, une Ă©glise portant le nom de Philippe l’apĂ´tre fut construite sur le site du mikveh mĂ©diĂ©val. MalgrĂ© la construction de l’Ă©glise, l’ancien mikveh, un morceau de souvenir de la vie juive qui existait autrefois, n’a jamais Ă©tĂ© oubliĂ©. Une tradition locale concernant un ancien mausolĂ©e juif situĂ© sous l’Ă©glise a Ă©tĂ© documentĂ©e au dĂ©but du 19ème siècle par un historien nommĂ© Giuseppe Maria Kapodici (1749-1828). L’annonce de la nouvelle dĂ©couverte confirme la longue tradition locale.
Selon Kapodichi, la piscine situĂ©e sous l’Ă©glise San Filippo Apostolo n’est pas le seul mikveh de la ville ; Il a dit qu’il y en avait deux autres. L’un d’eux, qu’il appelle Bianca’s Pool, a Ă©tĂ© identifiĂ© il y a quelques annĂ©es sous un bâtiment qui deviendra plus tard un hĂ´tel non loin de l’Ă©glise de San Filippo. La communautĂ© juive de Syracuse Ă©tait apparemment relativement nombreuse et le Dr Zeldes a notĂ© qu’il Ă©tait très possible que la ville possĂ©dait « plus d’un mikveh ou plus d’une synagogue ». Les nouvelles dĂ©couvertes fournissent la première preuve archĂ©ologique d’un lien juif avec l’un des sites Ă©crits par l’historien du XIXe siècle.
L’Ă©glise de San Filippo Apostolo a Ă©tĂ© fermĂ©e en 1968 en raison de problèmes structurels et n’a Ă©tĂ© rouverte qu’en 2010 après une rĂ©novation en profondeur. Depuis novembre 2014, l’Ă©glise ouvre ses portes aux fidèles tous les jours. Le père Felvio Cappuccio, le prĂŞtre qui dirige l’Ă©glise, accompagne et soutient avec enthousiasme les recherches archĂ©o-logiques menĂ©es par les chercheurs israĂ©liens placĂ©s sous son Ă©glise. « C’est un grand honneur pour moi de servir en tant que prĂŞtre dans cette Ă©glise qui a une longue histoire de centaines, voire de milliers d’annĂ©es », a dĂ©clarĂ© le père Capucio. « L’histoire commune des Juifs et des ChrĂ©tiens dans ce site unique souligne pour moi les liens de fraternitĂ© qui nous unissent tous en tant que fils de notre Père cĂ©leste. »






