Une agence de voyages grecque spĂ©cialisĂ©e dans les activitĂ©s de plein air s’est retrouvĂ©e au cĹ“ur d’une polĂ©mique après avoir refusĂ©, pour des raisons explicitement politiques, de servir un client israĂ©lien. L’entreprise Olympos Trek, basĂ©e dans la rĂ©gion du mont Olympe et de Thessalie, organise depuis 1995 des randonnĂ©es, treks et activitĂ©s extrĂŞmes dans le centre de la Grèce.
Tout est parti d’une demande banale : un touriste israĂ©lien avait sollicitĂ© l’entreprise pour rĂ©server une excursion. La rĂ©ponse qu’il a reçue, elle, ne l’Ă©tait pas. « Pour des raisons idĂ©ologiques liĂ©es aux atrocitĂ©s commises actuellement par les IsraĂ©liens en Palestine, nous n’avons pas de place pour des personnes venant d’IsraĂ«l », lui a rĂ©pondu l’agence. Le message ne fait aucune rĂ©fĂ©rence Ă une question de disponibilitĂ© ou de dates : le refus est prĂ©sentĂ© comme dĂ©coulant du simple fait que le client soit israĂ©lien.
Olympos Trek est une entreprise bien implantĂ©e dans le paysage touristique grec, active depuis trois dĂ©cennies dans la ville de Larissa. Elle propose un catalogue large d’activitĂ©s : ascensions et treks sur le mont Olympe, canyoning, rafting, kayak de mer, VTT, escalade, via ferrata, randonnĂ©es pĂ©destres et sĂ©jours dits « actifs ».
« Une situation que je n’avais jamais rencontrĂ©e en vingt ans »
Sivan Zamir, expert du tourisme israĂ©lien installĂ© en Grèce depuis de nombreuses annĂ©es et propriĂ©taire d’un site spĂ©cialisĂ© sur la Grèce et ses Ă®les, a rĂ©agi auprès de Walla. Il affirme n’avoir jamais Ă©tĂ© confrontĂ© Ă ce type de situation en deux dĂ©cennies de travail dans le secteur. Selon lui, la sympathie envers IsraĂ«l reste très forte en Grèce, particulièrement depuis le 7 octobre, et un refus de clientèle fondĂ© sur la nationalitĂ© israĂ©lienne constitue un cas totalement inĂ©dit Ă ses yeux.
Il prĂ©cise avoir immĂ©diatement alertĂ©, après la publication du tĂ©moignage dans un forum spĂ©cialisĂ©, les autoritĂ©s officielles compĂ©tentes en IsraĂ«l comme en Grèce, notamment l’organisme grec chargĂ© des licences commerciales (EOT) ainsi que l’office national du tourisme grec (GNTO), afin qu’un traitement rapide soit apportĂ© Ă cette affaire.
Sivan Zamir insiste Ă©galement sur le fait que ce comportement, aussi isolĂ© et non reprĂ©sentatif soit-il de l’Ă©tat d’esprit gĂ©nĂ©ral en Grèce Ă l’Ă©gard des touristes israĂ©liens, constitue une infraction lĂ©gale. La loi grecque impose en effet aux prestataires de services de traiter leur clientèle sans distinction d’âge, de sexe, de nationalitĂ© ou de religion. Selon lui, l’entreprise concernĂ©e s’expose donc Ă une amende consĂ©quente, voire Ă une fermeture administrative rapide de son activitĂ©.
Un climat déjà tendu pour les touristes israéliens en Grèce
Cet Ă©pisode s’inscrit dans un contexte plus large de tensions croissantes entre voyageurs israĂ©liens et une partie de l’opinion publique europĂ©enne pro-palestinienne. La Grèce, destination traditionnellement très prisĂ©e par les touristes israĂ©liens, a dĂ©jĂ Ă©tĂ© le théâtre de plusieurs incidents ces derniers mois. Des adolescents israĂ©liens en vacances Ă Rhodes avaient ainsi Ă©tĂ© pourchassĂ©s en pleine nuit par un groupe hostile, tandis que 1600 touristes israĂ©liens s’Ă©taient rĂ©cemment retrouvĂ©s bloquĂ©s sur un bateau au large de l’Ă®le de Syros, empĂŞchĂ©s de dĂ©barquer en raison d’une manifestation pro-palestinienne.
Ce nouvel Ă©pisode, bien que circonscrit Ă une seule entreprise, relance donc les interrogations sur la manière dont les autoritĂ©s grecques comptent garantir, dans les faits, l’Ă©galitĂ© de traitement promise par leur propre lĂ©gislation Ă l’ensemble des visiteurs, quelle que soit leur origine.






