L’administration Biden revient sur la politique d’Obama et renforce l’Iran et les Palestiniens. Les Ă©meutes locales en IsraĂ«l en sont une expression, et la pièce manquante du puzzle est la mise en place d’un gouvernement arabe de gauche.
Le Dr Michael Duran, maintenant senior fellow Ă l’Hudson Institute Ă Washington et expert de la politique amĂ©ricaine au Moyen-Orient, a rĂ©vĂ©lĂ© en 2015 la portĂ©e de la doctrine du Moyen-Orient d’Obama et de son administration, soulignant la centralitĂ© de l’Iran. Son article «La stratĂ©gie secrète iranienne d’Obama» a Ă©tĂ© publiĂ© dans le journal en ligne «Mosaic» et est immĂ©diatement devenu viral. Duran a dĂ©montrĂ© le niveau d’engagement idĂ©ologique d’Obama et de son administration envers l’Iran en tant que «force rĂ©gionale positive», expliquant la thĂ©orie douteuse qui la sous-tend. Cette exposition a Ă©tĂ© consommĂ©e parce que l’administration a eu du mal Ă garder la doctrine vague et secrète.
Duran avait raison. Obama a montrĂ© que mĂŞme lorsque la rĂ©alitĂ© du Moyen-Orient le gifle et laisse tomber le sol sous ses croyances, il l’ignore complètement, consacrant ses Ă©nergies aux mĂ©dias et aux campagnes internationales spĂ©cifiquement contre ceux qui dĂ©noncent la folie, comme IsraĂ«l et Netanyahu. En d’autres termes, la stratĂ©gie d’Obama au Moyen-Orient ne reposait pas sur une politique rĂ©aliste mais sur une idĂ©ologie dont l’engagement est quasi religieux.
La politique rĂ©gionale d’Obama comprenait deux Ă©lĂ©ments clĂ©s qui nous concernent directement : « L’Iran est une puissance rĂ©gionale positive » et « Les Palestiniens d’abord », c’est-Ă -dire la foi – qui a Ă©tĂ© vendue au monde dans les annĂ©es 1990 par Shimon Peres, le Dr Yossi Beilin, et d’autres loyalistes d’Oslo – que seul un accord israĂ©lo-palestinien permettra de promouvoir la paix au Moyen-Orient.
Dès le retour de la stratĂ©gie d’Obama, la violence arabe a de nouveau Ă©clatĂ©, car sous Biden, les attaques contre IsraĂ«l portent leurs fruits. L’administration produit une dynamique enrichissante.
Mais ensuite vint Trump. Le nouveau prĂ©sident a rejetĂ© la stratĂ©gie pro-iranienne en premier lieu, a abrogĂ© les sanctions et s’est opposĂ© Ă un accord visant Ă armer l’Iran. Quant aux Palestiniens, au dĂ©but, Trump Ă©tait aussi prisonnier du concept de nĂ©gociations. Mais contrairement Ă tous ses prĂ©dĂ©cesseurs, lorsque les contacts, comme prĂ©vu, ont Ă©tĂ© contrariĂ©s par les Palestiniens, et après que la Maison Blanche a dĂ©cidĂ© de ne pas permettre Ă IsraĂ«l d’annexer des territoires, le prĂ©sident a dĂ©cidĂ© d’essayer une nouvelle stratĂ©gie : «le Moyen-Orient d’abord».
« Le Moyen-Orient d’abord » est une idĂ©e que Netanyahu promeut depuis des annĂ©es sur la scène internationale, selon laquelle la rĂ©gion est due Ă des accords mĂŞme sans les Palestiniens. Il y a un changement dans le monde arabe, a-t-il soutenu, au centre duquel se trouvent les intĂ©rĂŞts concernant principalement l’intensification de l’Iran, mais il inclut Ă©galement les opportunitĂ©s Ă©conomiques. Vers la fin de son mandat, Trump a adoptĂ© la revendication et, par consĂ©quent, les «accords d’Abraham» rĂ©volutionnaires ont Ă©tĂ© signĂ©s.
Les accords abrahamiques expriment ainsi deux comprĂ©hensions importantes : l’Iran est un danger rĂ©gional tangible et stratĂ©gique, et les Palestiniens ne sont plus au cĹ“ur des relations arabes avec IsraĂ«l. Des deux, la question la plus importante est l’Iran. Le programme nuclĂ©aire de l’Iran est au cĹ“ur de ses aspirations Ă l’hĂ©gĂ©monie rĂ©gionale. Ses mĂ©tastases dans la rĂ©gion sont un effort secondaire, servant de levier de pression en cas de besoin et de moyen de distraction. Ce que veut vraiment l’Iran, et ce dont la rĂ©gion a Ă juste titre peur, c’est un arsenal nuclĂ©aire qui crĂ©era un nouvel Ă©quilibre rĂ©gional et mondial de la terreur.
Et pourtant, Trump a prouvĂ© que la stratĂ©gie rĂ©gionale amĂ©ricaine a Ă©galement un très grand impact sur le comportement des Palestiniens. C’Ă©taient des annĂ©es relativement calmes, calmes dans l’histoire d’IsraĂ«l. Obama a donnĂ© Ă Gaza beaucoup d’argent pour l’aide et un traitement indulgent, et ceux-ci ont aidĂ© le Hamas Ă construire un grand rĂ©seau de roquettes et des tunnels Ă travers les clĂ´tures lĂ oĂą nous avons rencontrĂ© une falaise solide. Trump, d’un autre cĂ´tĂ©, a puni les Palestiniens pour refus et violence, et les Palestiniens ont craint et ont abaissĂ© leur profil.
Revenons au prĂ©sent. Cette semaine, le Dr Duran a publiĂ© un autre article fascinant et complet sur la tablette, « RĂ©alignement », qui examine la stratĂ©gie au Moyen-Orient Ă©mergeant dans la nouvelle administration. L’article est plus que prĂ©occupant. Sur le point de mettre en Ĺ“uvre la dangereuse politique d’Obama – avec encore plus adhĂ©rence extrĂŞme.
Par exemple, Biden a nommĂ© Robert Mali, l’un des mĂ©diateurs de l’accord nuclĂ©aire, comme son envoyĂ© en Iran. En 2019, le Mali a Ă©crit qu’Obama mĂ©ritait des Ă©loges pour son travail avec l’Iran, mais qu’il Ă©tait malheureusement trop «modĂ©ré» et «progressif». Ceux qui font l’Ă©loge de ceux qui sont considĂ©rĂ©s comme plus Ă©quilibrĂ©s, Ă©crit Duran, et en particulier du conseiller Ă la sĂ©curitĂ© nationale Jake Sullivan et du secrĂ©taire d’État juif Anthony Blinken, seront déçus.
Trop d’Ă©vĂ©nements montrent que Sullivan et Linken sont en fait d’accord avec le Mali et sont loin d’ĂŞtre limitĂ©s. Les prĂ©senter comme des modĂ©rĂ©s est une tromperie. Tous deux sont de fervents partisans d’un accord nuclĂ©aire «remis Ă neuf», et pire, ils ont dĂ©jĂ levĂ© contre l’Iran les sanctions les plus importantes. Quant Ă IsraĂ«l, ce n’est que cette semaine que Sullivan est intervenu de manière flagrante dans les affaires de Sheikh Jarrah et du Mont du Temple.
Le duo senior, dit Duran, sert d’Ă©cran de fumĂ©e Ă l’Ă©quilibre, derrière lequel les États-Unis reviennent Ă la politique d’autonomisation de l’Iran et au retour des Palestiniens au centre de la scène, au dĂ©triment des accords abrahamiques. L’administration Biden utilise Ă©galement toute tactique pour tromper et dissimuler ses vĂ©ritables intentions.
Fuir les problèmes de fond
Revenir Ă la stratĂ©gie d’Obama peut sembler une question lointaine et thĂ©orique, mais en fait c’est la principale raison du dĂ©clenchement des Ă©meutes arabes en IsraĂ«l et du barrage de missiles de Gaza. L’administration Biden a retraitĂ© en un clin d’Ĺ“il l’Ă©quilibre des pouvoirs dans la rĂ©gion. A partir du moment oĂą la stratĂ©gie d’Obama est revenue, la violence a Ă©galement Ă©clatĂ© Ă nouveau, car sous Biden, les attaques contre IsraĂ«l portent leurs fruits. IsraĂ«l absorbe et affaiblit, ou rĂ©agit, puis absorbe la pression internationale, les condamnations, les menaces et les sanctions, et s’affaiblit Ă nouveau. L’administration produit une dynamique enrichissante et stimulante pour la violence arabe.
Quand on ajoute Ă ce chaudron l’instabilitĂ© politique interne, la dĂ©pendance aux partis arabes, l’intensification de la gauche israĂ©lienne post-sioniste grâce aux dĂ©serteurs de droite – Bennett, Saar et Lieberman – l’incitation Ă la violence augmente encore plus. Si Bennett et Saar rĂ©ussissent, Dieu nous en prĂ©serve, Ă rĂ©aliser leur plan de formation d’un gouvernement de gauche, les Ă©toiles se rĂ©aligneront : un gouvernement progressiste hostile aux États-Unis et un gouvernement arabe de gauche devant nous.
C’est un scĂ©nario d’horreur. L’administration Obama a isolĂ© IsraĂ«l et nous a rendus complètement dĂ©pendants de nous-mĂŞmes et de notre pouvoir. Le gouvernement de gauche auquel aspirent Bennett et la Sarre dĂ©montrera tout sauf le pouvoir. Ils transmettent dĂ©jĂ faiblesse et chaos. La gauche et les Arabes Ă part entière, Bennett s’est Ă©chappĂ© des journalistes et a tentĂ© de plaire Ă la RAAM, et Lapid s’est enfui de tous les fronts.
Au lieu du pouvoir, nous aurons un gouvernement de gauche faible qui rĂ©sonnera avec l’administration amĂ©ricaine, qui habilite l’Iran et fait la leçon aux Palestiniens. Ils seront soutenus et habilitĂ©s par des organisations internationales, l’Union europĂ©enne, les mĂ©dias, des organisations de gauche, des universitaires, des juristes et une part importante de hauts fonctionnaires (y compris la sĂ©curitĂ©).





