« Nous sommes dans une situation d’urgence », a dĂ©clarĂ© Hagai Reznik, qui a Ă©tĂ© directeur gĂ©nĂ©ral du ministère du Logement en 2016-2019 sous le ministre du Logement Yoav Galant, Ă Davar, qui propose un autre outil pour lutter contre les hausses de prix : la possibilitĂ© d’acheter un appartement sans la composante foncière, ou en bref, une ‘hypothèque’ pour l’appartement uniquement.
« Il est possible de sĂ©parer la propriĂ©tĂ© du terrain du logement lui-mĂŞme », explique Reznik, « et de permettre Ă l’acheteur d’acheter uniquement le bâtiment, sans le terrain. Le terrain sera enregistrĂ© avec une note d’avertissement pour l’État. C’est comme un certain type de location, mais sĂ»r, et pour une pĂ©riode de temps. C’est ce qu’on appelle l’actionnariat. Il existe des modèles similaires dans plusieurs pays en Occident. Ce n’est pas une situation irrĂ©versible. Ă€ l’avenir, les acheteurs pourront acheter le package dans son intĂ©gralitĂ© (avec le terrain), lorsqu’ils auront les moyens de le faire, sinon une situation transitoire sera créée dans laquelle l’État sera une sorte de « partenaire » dans l’achat. C’est une mesure d’urgence. »
Le ministère du Logement peut-il seul mettre en œuvre une telle démarche ?
« C’est un bureau avec de très hautes capacitĂ©s. Cela dĂ©pend si l’AutoritĂ© foncière d’IsraĂ«l lui est subordonnĂ©e ou non. Aujourd’hui, c’est le cas. Ce n’est pas une proposition sans dĂ©fauts, mais elle rĂ©pond immĂ©diatement aux jeunes couples car c’est aussi une remise importante dans le financement initial. Le marchĂ© du logement n’est pas seulement affectĂ© par sa fonctionnalitĂ©. C’est un marchĂ© qui repose beaucoup sur les attentes, la psychologie. Dès qu’il n’y a pas de politique cohĂ©rente, les choses deviennent folles ».
Resnik a Ă©tĂ© l’un des leaders dans la mise en Ĺ“uvre d’un plan tarifaire pour les rĂ©sidents et a dirigĂ© le processus d’achat et de renouvellement d’environ 4 000 logements sociaux après des annĂ©es d’attrition. « Un prix pour un locataire a rĂ©ussi Ă mettre fin aux courtiers fonciers et a changĂ© la mĂ©thode d’enchères », explique-t-il. « C’Ă©tait la bonne dĂ©cision, mais le problème est que nous n’avons pas pu crĂ©er de continuitĂ©. La succession au pouvoir ne l’a pas permis. Et elle n’a pas non plus pris soin des dĂ©ciles infĂ©rieurs. »
Reznik est nĂ© Ă JĂ©rusalem et a grandi dans le kibboutz Revivim après que les autoritĂ©s sociales l’y ont transfĂ©rĂ©. Il a occupĂ© les fonctions de secrĂ©taire du kibboutz, de PDG du Conseil rĂ©gional de Ramat Hanegev et d’une sĂ©rie d’autres postes dans la fonction publique, dont celui de prĂ©sident du ComitĂ© de rĂ©forme du logement des FDI pour les handicapĂ©s au ministère de la DĂ©fense et le dossier administratif ont attirĂ© l’attention de Galant, et Reznik est devenu l’une des figures centrales du siège de la lutte contre l’augmentation des prix des logements, que Gallant et le prĂ©sident de son parti, le ministre des Finances Moshe Kahlon, ont placĂ© comme leur prioritĂ© politique.
« Quand je suis arrivĂ© au bureau, le logement social et la rĂ©habilitation des quartiers Ă©taient au centre de mes prĂ©occupations, mais je m’occupais de tout – du prix pour le locataire aux accords de toit. »
Selon vous, qu’est-ce qui a fonctionnĂ© dans l’histoire du quartier gĂ©nĂ©ral du logement ?
« Kahlon a adoptĂ© un panier d’outils assemblĂ© par le bras de l’AutoritĂ© foncière israĂ©lienne, le ministère de la Construction et du Logement et le TrĂ©sor. Cela permet de contrĂ´ler tous les outils pour faire face aux dĂ©fis de la construction. C’Ă©tait une directive correcte. »
Malgré les nombreuses critiques du plan de prix des logements , il est difficile de contester le fait que les prix des logements ont décroché en 2017-2018, après une décennie de fortes hausses. En 2019, les prix ont recommencé à grimper et à la fin de cette année, ils devraient enregistrer une augmentation de 20 %.
« Le marchĂ© du logement est un Ă©vĂ©nement très complexe », explique Reznik. « Cela dĂ©pend des anticipations, de la demande, des taux d’intĂ©rĂŞt, des moyens de production. Il ne se peut pas qu’un Ă©norme changement se produise d’un coup. Mais attendre une baisse ou au moins une rĂ©cession des prix de l’action du gouvernement et du ministre du logement est une attente raisonnable. »
De quels autres outils le bureau dispose-t-il pour gérer les prix ?
« A notre Ă©poque, nous avons mis en place l’AutoritĂ© de RĂ©novation Urbaine. C’est l’infrastructure d’accompagnement des collectivitĂ©s territoriales pour favoriser la rĂ©novation urbaine sur leur territoire, et c’est un grand succès. Ce qui Ă©tait autrefois vrai dans la TMA 38 au niveau du bâtiment individuel , devient aujourd’hui des complexes d’Ă©vacuation-construction dans ses diffĂ©rentes versions. Je pense qu’il vaut la peine de reprendre ce qui Ă©tait les accords de toiture d’hier et d’en faire des accords-cadres de rĂ©novation urbaine.
A quoi sert un accord-cadre ?
Il examine le niveau de dĂ©veloppement d’une agglomĂ©ration et apporte une rĂ©ponse Ă la capacitĂ© d’accueil de la collectivitĂ©, puis en fonction du rythme de commercialisation, la collectivitĂ© reçoit de l’État un soutien pour diverses infrastructures et besoins.
« Si vous crĂ©ez une mĂ©thode de marketing cohĂ©rente et intelligente qui rĂ©duit la valeur du terrain et crĂ©e un boom marketing qui limite la capacitĂ© de maximiser le prix dans l’appel d’offres, les prix vont baisser. Il sera difficile pour la pĂ©riphĂ©rie de gĂ©nĂ©rer de la valeur Ă©conomique dans tous les cas, et c’est exactement lĂ qu’intervient l’Ă©lĂ©ment suivant, le logement social. Vous devez utiliser la ressource foncière, Ă travers laquelle vous pouvez allouer de manière cohĂ©rente, un certain pourcentage des appartements bĂ©nĂ©ficient au logement public.
Reznik a dirigĂ© l’exĂ©cution de 2 650 logements sociaux pour personnes âgĂ©es avec l’Agence juive, a conduit Amidar Ă lever des obligations d’un milliard de shekels pour l’achat d’environ un millier d’appartements supplĂ©mentaires. En plus de cela, 600 appartements en pĂ©riphĂ©rie ont Ă©tĂ© flĂ©chis et utilisĂ©s, et des dizaines d’appartements ont Ă©tĂ© combinĂ©s dans des enchères foncières après des luttes sans fin avec le gestionnaire. Sous la direction du ministre du Logement Ze’ev Elkin, des mouvements d’une ampleur similaire devaient ĂŞtre lancĂ©s, dont la faisabilitĂ© est actuellement remise en question en raison de la crise politique.
Aux cĂ´tĂ©s de la dĂ©putĂ©e Orli Levy-Abekasis (Likud), Reznik a Ĺ“uvrĂ© pour ancrer les droits des habitants des HLM dans les plans de rĂ©novation urbaine, un problème de longue date, mais le point d’orgue de son action est le plan « vivre dignement » qu’il a formulĂ© Ă le ministère du Logement, mais qui n’a pas Ă©tĂ© mis en Ĺ“uvre.
La partie principale du plan consiste en des recommandations dĂ©taillĂ©es pour les mĂ©canismes qui permettront l’augmentation du parc de logements publics d’environ 73 000 appartements d’ici 10 ans. Cela passe, entre autres, par des incitations fiscales pour les promoteurs immobiliers en Ă©change de la construction de logements sociaux, ainsi qu’une dĂ©termination Ă ce que 5% des appartements qui seront commercialisĂ©s dans le cadre des appels d’offres « prix rĂ©sident » soient restituĂ©s Ă l’État en tant qu’appartements HLM.Le dĂ©mĂ©nagement a finalement Ă©chouĂ© en raison de la chute du gouvernement, mais aussi en raison des barrières qu’il a placĂ©es au trĂ©sor.
« Mes principaux conflits Ă©taient avec le dĂ©partement du budget », explique Reznik. « Ce sont des gens très prĂ©cieux qui partent en mission, mais l’ADN de l’escadre, c’est avant tout la protection des deniers publics. C’est bien, mais au final ça arrĂŞte un très grand pouvoir et parfois aussi des Ă©lus qui veulent changer de politique. » On apprend soit Ă s’entendre avec eux, soit Ă les submerger ».
Où as-tu réussi ?
« En ce qui concerne les nouvelles constructions, les succès doivent ĂŞtre attribuĂ©s Ă la bonne coopĂ©ration des ministres avec eux. En matière de logement social, cela a moins bien rĂ©ussi. Il favorise l’aide au loyer parce qu’il ne veut pas maintenir l’inventaire Les appartements. Je pense que c’est faux. Un pays a besoin de possĂ©der des appartements parce qu’il y a des populations tellement dĂ©favorisĂ©es, qui dĂ©pendent tellement de la merci d’une aide continue, et l’allocation d’aide au loyer est tout simplement pas correct. C’est pourquoi mon combat Ă©tait d’augmenter leur quantitĂ©, y compris l’utilisation des terres.
Ă€ quoi ressemble la relation entre le bureau et les sociĂ©tĂ©s locataires et l’administration foncière d’IsraĂ«l ?
« Les sociĂ©tĂ©s de leasing gèrent l’achat et l’entretien, mais celui qui transfère les budgets d’entretien, d’achat et de rĂ©novation, c’est le ministère. C’est d’une part le rĂ©gulateur, et d’autre part le groupe professionnel de guidage. L’administrateur des terres d’IsraĂ«l gère la ressource de l’État, en vertu de la loi sur l’AutoritĂ© foncière d’IsraĂ«l. Pour le meilleur ou pour le pire, l’administrateur jouit d’une indĂ©pendance administrative. Le ministre qui dirige le directeur a la capacitĂ© de dĂ©finir son programme, de diriger la politique. Mais souvent, le directeur agit comme un unitĂ© de profit, et les valeurs nationales ne correspondent pas toujours Ă cela. »
Donc, l’affirmation selon laquelle il s’agit d’un bureau faible est incorrecte ?
« Sur le plan des principes, l’État d’IsraĂ«l contrĂ´le la majeure partie de la terre. Par rapport au monde, c’est psychique. Sans prĂ©cĂ©dent. Mais Ă l’intĂ©rieur de cela, utiliser ses mĂ©canismes, crĂ©er des prioritĂ©s autour de la gestion des terres, est un dĂ©fi. Toute gestion et politique la direction doit savoir correspondre Ă la rĂ©alitĂ© statutaire-administrative de la part de l’un, et humaine de l’autre. Se pose la question de la connaissance approfondie des systèmes. Parfois, la courbe d’apprentissage parallèlement au temps de gouvernance est si courte, jusqu’Ă ce que vous compreniez comment cela fonctionne, et ensuite vous devez changer, alors bonjour et au revoir. »
Autrement dit, même avec les meilleures intentions, sans stabilité gouvernementale, il est peu probable que nous assistions à une baisse des prix dans un proche avenir.
« La bureaucratie ne devrait pas dĂ©terminer la politique. Elle devrait ĂŞtre au niveau du ministre, puis du PDG qui fait le lien entre le ministre, qui est le pouvoir exĂ©cutif, et la gestion du système. Ce sont des diplĂ´mes qui changent frĂ©quemment dans l’État d’IsraĂ«l au cours de la dernière dĂ©cennie. Certaines des choses que le dernier gouvernement a faites Ă©taient bonnes. Il est possible d’Ă©tablir une politique correcte, mais elle doit ĂŞtre mise en Ĺ“uvre au niveau de l’exĂ©cution, confiĂ©e aux bons organes exĂ©cutifs et dans le temps. Notre succès Ă©tait dĂ» Ă Galant et Kahlon, qui ont travaillĂ© de manière formidable, et aussi au fait qu’il y avait une continuitĂ© dans les administrations. Nous avons travaillĂ© plus de quatre ans d’affilĂ©e, ce qui est devenu un Ă©vĂ©nement rare. »
Après avoir quittĂ© le ministère du Logement, il est retournĂ© sur le terrain, il a fondĂ© l’Institut Rifman pour le dĂ©veloppement du NĂ©guev et a Ă©tĂ© nommĂ© l’annĂ©e dernière par Raul Sargo, prĂ©sident de l’Association des constructeurs Haaretz, Eran Siev, prĂ©sident de l’Association des entrepreneurs en rĂ©novation, Itzik Moyal, prĂ©sident du Syndicat des travailleurs du bâtiment, et Moshe Ben Zakan, PDG « La Fondation pour l’encouragement et le dĂ©veloppement de l’industrie de la construction pour crĂ©er l’AcadĂ©mie des mĂ©tiers de la construction, des infrastructures et de la rĂ©novation.
Pour lui, il s’agit d’une suite naturelle de ses activitĂ©s de ces dernières annĂ©es. « Prendre soin de la main-d’Ĺ“uvre dans le BTP est critique et un obstacle majeur, mais c’est aussi une action sociale de premier ordre – prendre des chĂ´meurs dans des couches transparentes de la population et leur permettre d’acquĂ©rir une profession avec un revenu respectable sur le cĂ´tĂ© », explique-t-il.
Vous êtes de retour sur le terrain. Se pourrait-il que le travail de longue haleine, la cohérence, ne soit possible que là -bas ?
« Tout est ensemble. Le renforcement du système de gouvernance est nĂ©cessaire pour permettre aux Ă©lus de mener Ă bien leurs politiques, qu’ils les veuillent ou non. La dĂ©mocratie est le meilleur système qui existe, et elle devrait ĂŞtre autorisĂ©e Ă dĂ©finir la politique, mais si dans Ă la fin l’essence de tout devient de ne pas faire les choses et de ne pas les rĂ©aliser, ce n’est pas bien ».




