L’Organisation des Nations Unies pour l’Ă©ducation, la science et la culture (UNESCO) a appelĂ© les gouvernements et les entreprises technologiques Ă introduire des garanties Ă©thiques autour de la technologie de l’intelligence artificielle (IA) et dans les Ă©coles, Ă diffuser des informations sur les risques liĂ©s aux contenus gĂ©nĂ©rĂ©s par l’IA.
Le rapport de l’UNESCO met en lumière des cas dans lesquels des pirates ont manipulĂ© des chatbots pour propager l’idĂ©ologie nazie et d’autres dans lesquels des robots ont conçu leurs propres histoires sur la Shoah.
« Si nous permettons que les horribles événements de (la Shoah) soient dilués, déformés ou falsifiés par l’utilisation irresponsable de l’IA, nous risquons une propagation explosive de l’antisémitisme », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay. Cela pourrait également conduire à « un déclin progressif de notre compréhension des causes et des conséquences de ces atrocités ».
Le document politique de l’UNESCO, publiĂ© conjointement avec le Congrès juif mondial pour marquer la JournĂ©e internationale contre le discours de haine, appelle Ă une « action urgente » de la part des gouvernements, des entreprises technologiques et des Ă©ducateurs.
En septembre, un comité de l’ONU a désigné un groupe de sites juifs médiévaux de la ville d’Erfurt, dans l’est de l’Allemagne, comme site du patrimoine mondial. C’était la deuxième fois que l’héritage juif allemand figurait sur la liste ces dernières années.
Parmi les bâtiments inclus dans la nouvelle dĂ©signation figuraient la vieille synagogue d’Erfurt, un bâtiment en pierre du XIIIe siècle illustrant la vie de famille juive Ă l’Ă©poque mĂ©diĂ©vale, et un bain rituel traditionnel, ou mikvĂ©.
La dĂ©cision a Ă©tĂ© prise lors d’une rĂ©union du ComitĂ© du patrimoine mondial tenue Ă Riyad, en Arabie Saoudite, sous les auspices de l’UNESCO.
L’hĂ©ritage juif d’Erfurt a une longue histoire, mais il Ă©tait restĂ© largement oubliĂ© jusqu’Ă une date relativement rĂ©cente. Après que les pogroms du XIVe siècle aient chassĂ© une grande partie de la population juive d’Erfurt de la ville, la vieille synagogue fut utilisĂ©e comme entrepĂ´t, puis comme restaurant et salle de danse. Son importance historique n’a Ă©tĂ© redĂ©couverte et Ă©tablie qu’en 1988.
Le bain rituel a Ă©tĂ© comblĂ© et utilisĂ© comme cave pendant des siècles et son contexte historique et culturel n’a Ă©tĂ© reconnu qu’en 2007.
« Les monuments juifs d’Erfurt ont Ă©tĂ© presque oubliĂ©s pendant des siècles », a dĂ©clarĂ© Maria Boehmer, prĂ©sidente de la commission allemande de l’UNESCO. « Sa redĂ©couverte est un grand cadeau. »
Cette nouvelle intervient deux ans après que l’UNESCO a reconnu pour la première fois les sites du patrimoine culturel juif d’Allemagne, les sites dits juifs ShUM dans les villes de Mayence, Worms et Spire, sur sa liste du patrimoine mondial.
La dĂ©cision de l’UNESCO d’inclure Ă©galement Erfurt « apporte une autre contribution importante Ă la visibilitĂ© des racines communes des juifs et des chrĂ©tiens en Allemagne et en Europe et Ă leur prĂ©servation pour l’avenir », a dĂ©clarĂ© Kerstin Puerschel, ambassadrice d’Allemagne auprès de l’UNESCO.





