Union europĂ©enne : « L’utilisation de logiciels espions israĂ©liens contre les journalistes est totalement inacceptable »

L’utilisation de logiciels espions contre des journalistes serait totalement inacceptable, a dĂ©clarĂ© lundi un haut responsable de l’Union europĂ©enne, Ă  la suite d’informations selon lesquelles des logiciels espions d’une entreprise israĂ©lienne auraient Ă©tĂ© utilisĂ©s pour pirater les smartphones de journalistes, de responsables gouvernementaux et de militants des droits de l’homme du monde entier.

L’utilisation du logiciel, appelĂ© Pegasus et dĂ©veloppĂ© par la sociĂ©tĂ© privĂ©e israĂ©lienne NSO group, a Ă©tĂ© rapportĂ©e dimanche par le Washington Post, The Guardian, Le Monde et d’autres mĂ©dias qui ont collaborĂ© Ă  une enquĂŞte sur une violation de donnĂ©es.

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« Ce que nous avons pu lire jusqu’Ă  prĂ©sent, et cela doit ĂŞtre vĂ©rifiĂ©, mais si c’est le cas, c’est totalement inacceptable. Contre tout type de règles que nous avons dans l’Union europĂ©enne », a dĂ©clarĂ© la cheffe de la Commission europĂ©enne, Ursula von der, lors d’une visite Ă  Prague.

« La libertĂ© de la presse, est l’une des valeurs fondamentales de l’UE. Il est totalement inacceptable que ce (piratage) ait Ă©tĂ© le cas ».

Le Washington Post a déclaré que le logiciel espion avait été utilisé pour attaquer les téléphones de deux femmes proches de Jamal Khashoggi, un chroniqueur du Post tué dans un consulat saoudien en Turquie en 2018, avant et après sa mort.

Le Guardian a dĂ©clarĂ© que l’enquĂŞte suggĂ©rait « un abus gĂ©nĂ©ralisĂ© et continu » du logiciel de piratage NSO, dĂ©crit comme un logiciel malveillant qui infecte les smartphones pour permettre l’extraction de messages, de photos et d’e-mails ; enregistrer les appels ; et activer secrètement les microphones.

L’enquĂŞte n’a pas rĂ©vĂ©lĂ© qui a tentĂ© les attaques, ni pourquoi.

NSO a dĂ©clarĂ© que son produit est destinĂ© uniquement aux agences de renseignement et d’application de la loi du gouvernement pour lutter contre le terrorisme et la criminalitĂ©.

La société a publié une déclaration sur son site Web niant les rapports des 17 partenaires médiatiques dirigés par Forbidden Stories, une organisation de journalisme à but non lucratif basée à Paris.

« Le rapport Forbidden Stories regorge d’hypothèses erronĂ©es et de thĂ©ories non fondĂ©es qui soulèvent de sĂ©rieuses questions sur la fiabilitĂ© et les intĂ©rĂŞts des sources. Il semble que des « sources non identifiĂ©es » aient fourni des informations qui n’ont aucun fondement actuel et sont loin de la vĂ©rité », a dĂ©clarĂ© la sociĂ©tĂ© dans le communiquĂ©.

« Après avoir vérifié ses affirmations, nous nions fermement les fausses allégations faites dans son rapport », indique le communiqué.

Le Guardian a expliquĂ© que les donnĂ©es contenaient les chiffres de plus de 180 journalistes, dont des reporters, des rĂ©dacteurs en chef et des cadres du Financial Times, de CNN, du New York Times, de The Economist, d’Associated Press et de Reuters.

« Nous sommes profondĂ©ment prĂ©occupĂ©s d’apprendre que deux journalistes d’AP, ainsi que des journalistes de nombreuses agences de presse, font partie de ceux qui pourraient avoir Ă©tĂ© ciblĂ©s par le logiciel espion Pegasus », a dĂ©clarĂ© la directrice des relations avec les mĂ©dias d’AP, Lauren Easton.

« Nous avons pris des mesures pour assurer la sécurité des appareils de nos journalistes et nous enquêtons », a-t-il ajouté.

Le porte-parole de Reuters, Dave Moran, a dĂ©clarĂ© : « Les journalistes doivent ĂŞtre autorisĂ©s Ă  rapporter les nouvelles dans l’intĂ©rĂŞt public sans crainte de harcèlement ou de prĂ©judice, oĂą qu’ils se trouvent. Nous sommes au courant du rapport et enquĂŞtons sur la question. »

Les autres mĂ©dias n’ont pas pu ĂŞtre contactĂ©s dans l’immĂ©diat.