Mais IsraĂ«l n’est qu’un problème de l’organisation terroriste. Ces dernières annĂ©es, des fissures sont apparues dans la relation dĂ©licate entre le Jihad islamique et le Hamas, et suite Ă une sĂ©rie d’Ă©preuves tests, elles sont devenues une vĂ©ritable fracture, qui n’a fait que s’approfondir. Des enregistrements exclusifs diffusĂ©s aujourd’hui (mercredi) aux informations du soir Ă Khan 11 rĂ©vèlent un Ă©change houleux d’accusations entre le Hamas et le Jihad islamique lors de l’opĂ©ration Bouclier et Flèche.
Dans le premier enregistrement, on entend un membre du Hamas Ă Gaza dire Ă un membre du Jihad islamique : « Nous ne sommes pas prĂŞts Ă entrer en guerre Ă cause de trois personnes qui n’ont rien apportĂ© Ă la nation. Nous ne sommes pas prĂŞts Ă intervenir. Ils se battront seul. »
Un autre membre du Hamas fustige : « Que vous vouliez ou non un cessez-le-feu ne m’intĂ©resse pas. Au diable l’honneur du Jihad islamique. Que font-ils ? Ils viennent se plaindre du Hamas ? Ils ne font pas la guerre Ă cause de hauts fonctionnaires ! Uniquement pour le bien de JĂ©rusalem », a poursuivi l’activiste. Et accusĂ© : « Vous avez tuĂ© des gens ! A cause de vos roquettes le jour oĂą Basam al-Saadi a arrĂŞtĂ© cette merde. Vos roquettes sont tombĂ©es Ă l’intĂ©rieur de Gaza ! Vous plaisantez j’espère? »
Le terroristes du Jihad islamique Ă Gaza a rĂ©agi par de vives critiques : « Le Hamas nous a abandonnĂ©s dans l’opĂ©ration « Ceinture noire » lorsque le sang de Baha Abu al-Ata a Ă©tĂ© versĂ©. Il nous a de nouveau abandonnĂ©s lorsque le sang de Khaled Mansur et de Taysir al-Jabri a Ă©tĂ© versĂ©. Le Hamas n’envoie mĂŞme pas âme qui vive sur le champ de bataille . Seuls les combattants du Fatah et du Front populaire et du Front dĂ©mocratique participent Ă cette campagne.
Chronique d’un conflit
L’Ă©limination de Baha Abu al-Ata, le commandant de la division nord du Jihad islamique, en 2019 n’a pas Ă©tĂ© une surprise retentissante pour l’organisation. Ce qui l’a le plus Ă©tonnĂ©, c’est que le Hamas a manifestement Ă©vitĂ© de participer Ă l’opĂ©ration Ceinture noire et l’a laissĂ© seul sur le champ de bataille. Ensuite, le linge sale est sorti aussi.
La fureur du Jihad islamique contre le Hamas dans les jours qui ont suivi l’assassinat d’Abu al-Ata Ă©tait si grande – que les membres de l’organisation ont honteusement expulsĂ© les hauts responsables du Hamas Mahmoud al-Zahar et Ahmed Behar qui se sont rendus au pavillon de deuil Ă©rigĂ© en son honneur – et la rĂ©ponse du Hamas fut sous la forme d’arrestations violentes de ces membres et d’Ă©changes de tirs .
Un autre exemple rare de crachat a Ă©tĂ© filmĂ© lors de l’opĂ©ration Dawn en aoĂ»t entre IsraĂ«l et le Jihad – Ă laquelle le Hamas a Ă©galement Ă©vitĂ© de participer. Peu de temps après l’Ă©limination du commandant de la Brigade du Nord du Jihad, Taysir Jabari, sa femme a Ă©tĂ© interviewĂ©e et a laissĂ© entendre que le Hamas avait aidĂ© IsraĂ«l Ă localiser le bâtiment exact oĂą se cachait Jabari.
Le cĹ“ur du chef du Jihad islamique, Ziad Nachala, est plein de frustration envers le Hamas, et parfois cette frustration se manifeste par des coups en dessous de la ceinture dans ses interviews. Nachala, par exemple, n’a pas Ă©pargnĂ© de dire que le Hamas a acceptĂ© l’Ă©quation de la subvention qatarie et des valises d’argent en Ă©change de l’arrĂŞt des affrontements des marches du retour contre IsraĂ«l.
Bouclier et flèche Ă©tait la troisième opĂ©ration et la quatrième manche en quatre ans, au cours de laquelle le Jihad islamique est restĂ© seul dans la campagne contre IsraĂ«l tandis que le Hamas Ă©tait assis dans les gradins, et certains diraient – se frottait Ă©galement les mains avec plaisir. Au cours du dernier mois, un autre chapitre a Ă©tĂ© enregistrĂ© dans l’histoire des relations instables entre les deux parties, mais le règlement de compte entre les deux organisations est comme un feuilleton plein de rebondissements qui est loin d’ĂŞtre terminĂ©.





