Yom Kippour dans un village arabe : « Pleurer et prier seule en cachette dans sa chambre »

Yafit est tombĂ© amoureuse d’un Arabe pendant son Sherout LĂ©oumi, mais au fil du temps, l’amour s’est transformĂ© du paradis Ă  un enfer sur terre.

 » Au dĂ©but, j’ai essayĂ© de jeĂ»ner et de maintenir l’atmosphère des fĂŞtes, en me souvenant comment cela se passait chez ma mère et mon père Ă  Yom Kippour. Une femme seule au milieu d’un village arabe Ă  Yom Kippour est compliquĂ©. J’ai mĂŞme allumĂ© des bougies le samedi, en m’occupant des mezuzot dans toute la maison. »

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« J’ai imaginĂ© la vie dans cette rĂ©alitĂ© telle qu’elle avait commencĂ©. Il m’a aspirĂ© hors de cette solitude de l’appartement du service national. Il Ă©tait agrĂ©able, pensif et chaleureux avec moi comme personne auparavant. Il a toujours veillĂ© Ă  souligner que, mĂŞme si nous appartenons Ă  deux religions diffĂ©rentes, nous sommes plus semblables que diffĂ©rents. C’était fascinant pour moi: pouvoir ĂŞtre le centre du monde pour quelqu’un qui me voit ainsi, me donne des cadeaux et aime qui je suis et telle que je suis. »

Mais lentement, la situation s’est inversĂ©e. Dans un processus rampant mais cohĂ©rent, les choses ont commencĂ© Ă  changer. Nous avons dĂ©mĂ©nagĂ© dans un village arabe ensemble, le flux de cadeaux s’est arrĂŞtĂ© et son sentiment initial de tomber amoureux a disparu et la colère et le dĂ©sir de me contrĂ´ler ont pris la place dans son cĹ“ur.

Quand j’ai osĂ© lui demander si je pouvais ne pas travailler pour Kippour, il m’a rĂ©pondu que c’Ă©tait impossible parce que « cette journĂ©e dans le village est une journĂ©e normale d’Ă©tude et de travail ». Puis il m’a interrogĂ© avec mĂ©pris, « Comment exactement as-tu l’intention de jeĂ»ner? » En rĂ©ponse, il a ri et m’a dit d’arrĂŞter avec mes absurditĂ©s.

Les larmes ont rempli mes yeux, j’ai pleurĂ© toute la nuit. J’ai rĂ©alisĂ© que je ne pouvais plus jeĂ»ner et passer les fĂŞtes que j’aime et que je veux tellement. Seul le souverain du monde m’a Ă©coutĂ© cette nuit-lĂ  dans le village. Il y avait le silence. Ă€ Yom Kippour, les synagogues sont remplies de fidèles et de prières et je suis ici seul, au fond d’un village arabe. J’ai peur de jeĂ»ner. Je veux jeĂ»ner, prier et je ne peux pas. »

Le processus continuait, il m’humilierait et se moquait de moi. J’ai essayĂ© d’adhĂ©rer au judaĂŻsme et de garder mes coutumes, mais il me mettait mal Ă  l’aise. Il a exigĂ© que je prĂ©pare des plats Ă  Yom Kippour, mĂŞme s’il restait des plats prĂŞts du repas que j’ai prĂ©parĂ© pour lui. Il a criĂ© et m’a menacĂ©, m’a fait peur en me disant qu’il reste beaucoup Ă  faire. Je lui prĂ©parais Ă  manger au beau milieu des fĂŞtes et pleurais, mes larmes se mĂŞlant Ă  l’odeur des ragoĂ»ts.

Mais le pire de tout Ă©tait de fumer, il me demandait de lui allumer sa cigarette et si je refusais, je serais battue. Vraiment battu de colère et de provocation, il a essayĂ© de m’enlever chaque goutte de judaĂŻsme que je voulais tant garder. J’espère que le CrĂ©ateur du monde aura pitiĂ© de moi et me pardonnera pour tout ce que j’ai fait.

Aujourd’hui tout est diffĂ©rent. Depuis que j’ai Ă©tĂ© sauvĂ© de ce village avec l’aide de l’organisation Yad LĂ©hahim, je suis allĂ©e ailleurs. Il y a beaucoup de hauts et de bas, mais je progresse vers une vie heureuse. Yom Kippour est la fĂŞte que je suis fière de cĂ©lĂ©brer , et les jours qui prĂ©cèdent sont des jours de joie et d’excitation. Je regarde parfois les fidèles Ă  cĂ´tĂ© de moi. Ils ne comprendront jamais ce qui fait la particularitĂ© de faire ce en quoi vous croyez, de laisser votre cĹ“ur Ă©clater en « tous les voeux », lorsque vous avez une personne autour de vous qui partage vos idĂ©es.

« Cette annĂ©e, pour Yom Kippour, Ă  la fin de la journĂ©e, toute la foule pleurait : Dieu est Dieu, je vais rĂ©flĂ©chir Ă  la façon dont Dieu m’a fait sortir de mon village et m’a ramenĂ© Ă  la maison, Ă  Lui.. »