Le prĂ©sident ukrainien Volodymyr Zalansky a dĂ©clarĂ© ce soir (jeudi-vendredi) qu’il s’Ă©tait entretenu avec le Premier ministre Naftali Bennett au cours de la dernière journĂ©e. Dans une vidĂ©o publiĂ©e sur sa chaĂ®ne de tĂ©lĂ©grammes, le 30e jour de l’invasion russe, Zelensky a dĂ©clarĂ© que les discussions qu’il a eues avec les dirigeants mondiaux ces derniers jours portent sur la paix et la cessation des hostilitĂ©s. Le bureau de Bennett n’a pas annoncĂ© un tel appel et aucun autre dĂ©tail n’a Ă©tĂ© donnĂ© sur l’appel. Cette dĂ©claration de « paix » semble douteuse vu que Zelensky s’est surtout concentrĂ©e dans la demande d’armements.
« Chaque jour de dĂ©fense – nous approchons de la paix dont nous avons dĂ©sespĂ©rĂ©ment besoin. Il est impossible de s’arrĂŞter une minute, car c’est notre destin. C’est notre avenir. Dans cette guerre, il est tout simplement impossible de ne pas gagner », a dĂ©clarĂ© ZĂ©lensky. Il a ajoutĂ© qu’il s’Ă©tait Ă©galement entretenu ces dernières 24 heures avec le prĂ©sident lituanien Gitanas Nausda, le Premier ministre britannique, Boris Johnson et le prĂ©sident Ă©gyptien Abdel Fattah al-Sissi. « Tous les pourparlers et les discours sont pour que la Russie comprenne une chose : la paix doit ĂŞtre atteinte. La Russie doit aussi vouloir la paix », a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident ukrainien dans une vidĂ©o.
Les pourparlers de Zelensky avec al-Sisi ont eu lieu deux jours après le triple sommet de Charm el-Cheikh, oĂą le prĂ©sident Ă©gyptien accueille le Premier ministre Bennett et le dirigeant des Émirats arabes unis Muhammad bin Zayed. L’annonce du bureau du Premier ministre concernant la rĂ©union a dĂ©clarĂ© que les trois « ont Ă©changĂ© des vues sur les derniers dĂ©veloppements sur un certain nombre de questions internationales et rĂ©gionales ».
Mardi, Bennett s’est de nouveau entretenu avec le prĂ©sident russe Vladimir Poutine au sujet de la guerre en Ukraine. Le Kremlin a Ă©tĂ© celui qui a annoncĂ© l’appel, et aucun dĂ©tail n’a Ă©tĂ© fourni sur le bureau de Bennett. « Bennett a partagĂ© son point de vue sur la situation en Ukraine, en tenant compte de ses entretiens avec les dirigeants d’autres pays, et a exprimĂ© quelques idĂ©es concernant la poursuite des nĂ©gociations », a dĂ©clarĂ© le Kremlin dans un communiquĂ©. L’agence de presse russe RIA a rapportĂ© que Poutine avait prĂ©sentĂ© Ă Bennett ses Ă©valuations concernant les nĂ©gociations et concernant ce qu’il dĂ©finit comme une « opĂ©ration militaire spĂ©ciale » en Ukraine.
Le prĂ©sident russe a Ă©galement prĂ©sentĂ© ses condolĂ©ances pour l’attaque terroriste Ă Be’er Sheva plus tĂ´t cette semaine, au cours de laquelle quatre personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es. « Le prĂ©sident a exprimĂ© ses condolĂ©ances pour cet attentat qui a coĂ»tĂ© la vie. Il a Ă©tĂ© convenu de poursuivre le dialogue », a dĂ©clarĂ© le Kremlin.
Plus tĂ´t cette semaine, Zelenski s’est adressĂ© aux membres de la Knesset et a accusĂ© IsraĂ«l de ne pas en faire assez pour aider son pays. « L’indiffĂ©rence tue », a-t-il dit, « la mĂ©diation sans choisir de camp ? Il est possible de faire la mĂ©diation entre les pays mais pas entre le bien et le mal ». Zelensky s’est entretenu avec des dĂ©putĂ©s sur Zoom pendant environ 15 minutes, au cours desquelles il a comparĂ© les actions de la Russie ces jours-ci au rĂ©gime nazi en Allemagne, et a Ă©galement affirmĂ© que « les Ukrainiens ont fait le choix il y a 80 ans – nous avons sauvĂ© des Juifs et nous avons des Justes parmi les Nations ». Cette dĂ©claration a suscitĂ© de vives critiques de la part des partis de droite en IsraĂ«l, y compris ceux du gouvernement.
Quelques heures plus tard, Zelensky a dĂ©clarĂ© qu’il « apprĂ©ciait les efforts du Premier ministre Bennett », notant qu’il comprenait la politique israĂ©lienne. « Bien sĂ»r, elle a ses propres intĂ©rĂŞts, pour protĂ©ger ses citoyens. Nous comprenons tout cela. Bennett essaie de trouver un moyen de tenir des pourparlers Ă JĂ©rusalem et nous lui en sommes reconnaissants », a dĂ©clarĂ© Zelensky. « TĂ´t ou tard, nous entamerons des pourparlers avec la Russie, peut-ĂŞtre Ă JĂ©rusalem. C’est le bon endroit pour faire la paix – et c’est possible. »
Le prĂ©sident ukrainien s’est adressĂ© hier soir aux dirigeants du Conseil europĂ©en de Bruxelles, affirmant que les sanctions imposĂ©es par l’Europe Ă la Russie sont arrivĂ©es un peu tard. « Vous avez arrĂŞtĂ© Nordstream 2 (le gazoduc reliant la Russie Ă l’Europe) et nous vous en remercions. Mais c’Ă©tait un peu tard. Si cela s’Ă©tait produit Ă temps, la Russie n’aurait pas créé de crise du gaz. Au moins, il y avait une chance », a-t-il ajoutĂ©. Zelensky a ajoutĂ© dans un discours aux membres du conseil : « L’armĂ©e russe ne sait pas ce qu’est l’honneur ou la conscience. Ils ne comprennent pas pourquoi nous apprĂ©cions tant notre libertĂ©. C’est ce qui dĂ©terminera comment notre pays vivra. »
Plus tard, il a critiquĂ© le Premier ministre hongrois Victor Urban – et s’est abstenu de le remercier, lui et son pays. Il a appelĂ© Urban à « dĂ©cider dĂ©jà  » de son attitude envers la Russie. « Vous hĂ©sitez Ă imposer des sanctions ou non ? Vous hĂ©sitez Ă abandonner les armes ou non ? Vous hĂ©sitez Ă commercer avec la Russie ? Ce n’est pas le moment d’hĂ©siter. Il est dĂ©jĂ temps de dĂ©cider », a lancĂ© Zelensky Ă Urban.
Plus tard dans la journĂ©e, le prĂ©sident amĂ©ricain Joe Biden, arrivĂ© en Europe pour le sommet des dirigeants de l’Otan, devrait visiter la ville de Rzeszow, situĂ©e Ă environ 80 km de la frontière ukraino-polonaise. Il devrait partir aujourd’hui pour la Pologne, oĂą il rencontrera le prĂ©sident Andrzej Duda. Lors de sa visite Ă Rzeszow, a indiquĂ© la Maison Blanche, il devait passer en revue les efforts humanitaires et rencontrer les troupes amĂ©ricaines stationnĂ©es en Pologne.
Biden a Ă©tĂ© interrogĂ© hier soir lors d’une confĂ©rence de presse sur la possibilitĂ© que la Russie utilise des armes chimiques lors de l’invasion de l’Ukraine et a dĂ©clarĂ© que bien qu’ «il y aura une rĂ©action» de l’Occident, sa nature dĂ©pend de la nature de l’attaque chimique, si ça arrive. Biden a rĂ©itĂ©rĂ© plus tĂ´t hier que l’alliance de l’OTAN est plus unie que jamais, et Poutine a dĂ©clarĂ© « qu’il ne pensait pas que nous pourrions maintenir une telle cohĂ©sion ».
InterrogĂ© sur la capacitĂ© des sanctions Ă dissuader Poutine, il a rĂ©pondu qu’il n’avait jamais dit que leur but Ă©tait de le dissuader. « Les sanctions ne sont jamais dissuasives », a dĂ©clarĂ© Biden, ajoutant que les maintenir pendant longtemps, pendant une annĂ©e entière, « l’arrĂŞterait », c’est-Ă -dire Poutine. Il a dĂ©clarĂ© que le maintien des sanctions Ă long terme – malgrĂ© leurs dommages aux Ă©conomies des pays qui les ont imposĂ©es – Ă©tait l’un de ses objectifs lors des discussions Ă Bruxelles.
Les États-Unis ont estimĂ© ce soir que la Russie sortirait plus faible et plus isolĂ©e de la crise ukrainienne, la qualifiant de « menace aiguë » dans le prochain document stratĂ©gique, mais ont notĂ© que les Russes ne reprĂ©sentaient pas une menace Ă long terme pour la États-Unis, contrairement Ă la Chine. Kahl a Ă©galement dĂ©clarĂ© que le stock d’armes de prĂ©cision de la Russie s’Ă©puisait et a estimĂ© que Moscou Ă©tait susceptible de faire de plus en plus usage de « bombes stupides » et d’artillerie.





