Zvika Mor, contre-modèle de la faiblesse, de la lâchetĂ© et du dĂ©shonneur des laĂŻcs – Par Philippe ARNON

On a l’habitude d’entendre : « Deux Juifs, trois opinions ». Cet adage qui semble de premier abord, tout Ă  fait ordinaire, est pour IsraĂ«l d’une importance existentielle car il met en Ă©vidence les trop profondes divergences entre les citoyens de ce pays, divergences qui risquent de conduire Ă  sa ruine et donc Ă  sa disparition. Car bien Ă©videmment, IsraĂ«l est un pays en Ă©tat de guerre permanent et la première des logiques voudrait que tous ses citoyens soient solidaires et qu’il n’y ait aucune dĂ©faillance en ce sens. Or, comme le disait lundi sur I24 lundi Claude Klein, un homme posĂ©, ancien doyen de la facultĂ© de droit de l’UniversitĂ© hĂ©braĂŻque de JĂ©rusalem : « Oui, nous risquons de parvenir Ă  une guerre civile ».

Rien qu’Ă  l’heure prĂ©sente, on peut citer comme exemples de ces dĂ©chirures internes d’IsraĂ«l, l’affaire du limogeage de Ron Bar, le chef du Shabak, l’avenir de la conseillère du gouvernement. On peut citer Ă©galement le refus du ministre de l’Education Yoav Kisch -Ă  mon avis bien fondĂ© !- annoncĂ© au comitĂ© du Prix d’IsraĂ«l d’attribuer le prix en sociologie Ă  la professeure Eva Illouz car celle-ci « a choisi en mai 2021, de soumettre une requĂŞte d’enquĂŞte contre l’Etat d’IsraĂ«l Ă  la Cour pĂ©nale internationale de La Haye. Nous voyons comment cette cour porte atteinte aux soldats de Tsahal et aux dirigeants du pays ». L’attitude de cette professeure est en effet rĂ©voltante : comment une citoyenne israĂ©lienne faisant partie de « l’Ă©lite » intellectuelle de son pays peut-elle avoir, n’ayons pas peur des mots ! l’audace de trahir son pays en allant accuser celui-ci Ă  un organisme extĂ©rieur tombĂ© aux mains des islamistes ? DĂ©jĂ  en 2014, elle avait dĂ©clarĂ© dans le magazine allemand Der Spiegel : « LĂ  oĂą vous voyez des ĂŞtres humains, les IsraĂ©liens voient des ennemis, IsraĂ«l est un pays divisĂ©, schizophrène ». Au moins, est-elle lucide sur la maladie profonde de son pays … auxquelles elle contribue … sans mĂŞme en avoir conscience. Je ne sais si la tragĂ©die du 7 octobre lui a enfin ouvert les yeux. On peut aussi au passage, citer comme illustration des dĂ©chirures, les dissensions, -pour le moins surprenantes !- entre le ministre de la dĂ©fense IsraĂ«l Katz et le chef d’Etat-major Eyal Zamir. Heureusement, sans doute conscients de la cocasserie iconoclaste de leurs relations, et de la seule mission qui leur incombait, ils ont dĂ©cidĂ© rĂ©cemment de se rencontrer : « Nous travaillons ensemble pour la sĂ©curitĂ© d’IsraĂ«l comme cela a toujours Ă©tĂ© comme cela sera toujours ». Les jeunes soldats de Tsahal doivent pousser un grand ouf !

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Alors, allez-vous me dire, tout cela est chose normale en dĂ©mocratie ! Ah ! La dĂ©mocratie, elle a sacrĂ©ment bon dos. Car, si comme l’a dit Churchill, elle est « le moins mauvais des systèmes », elle est celui qui suscite puis favorise Ă  merveille les divisions et surtout qui, par elles, provoque la haine Ă  travers la constitution de partis politiques qui ne sont, justement Ă  ce titre, que des factions voire mieux, des clans irrĂ©conciliables. Et c’est bien ce que l’on constate s’agissant des otages. LĂ , le pays est carrĂ©ment divisĂ© en deux clans, deux immenses foules. Il y a la foule qui rĂ©clame Ă  cor et Ă  cri, depuis le lendemain du 7 octobre, la libĂ©ration des otages reprochant au gouvernement de Benjamin Netanyahou de ne rien faire en ce sens, mais au contraire, lui reprochant d’ĂŞtre obsĂ©dĂ© par l’Ă©limination du Hamas.

A bien réfléchir, cette foule qui est amplement celle des laïcs et surtout de la gauche, EST UNE FOULE DE COLLABOS !!!
Tout simplement parce qu’elle joue le jeu du Hamas en acceptant, sans mĂŞme se poser la moindre question, ses règles. Et si elle joue son jeu, c’est parce qu’elle est faible, qu’elle n’a pas de dignitĂ©, qu’elle n’a surtout pas le sens de l’unitĂ© supĂ©rieure du pays, qu’elle craint, comme un petit enfant apeurĂ© par son maĂ®tre d’Ă©cole, de recevoir un coup de règle sur les doigts. C’est du pur syndrome de Stockholm : elle lèche les pieds de ceux qui veulent tout simplement son extermination. Elle est comme ce loup qui se couche et expose son ventre au mâle dominant de la meute. Elle fuit en fait, refuse l’affrontement, le face Ă  face. Elle est finalement Ă  l’exact opposĂ© de David qui seul se dresse face Ă  Goliath qui effrayait les soldats juifs. Cette gauche, si elle Ă©tait la majoritĂ© du peuple, IsraĂ«l finirait très vite par disparaĂ®tre. Cette gauche est lâche et l’honneur d’IsraĂ«l ne lui effleure mĂŞme pas l’esprit. C’est pourtant cet honneur qui leur permet de vivre et de brailler … cet honneur que ses jeunes soldats dĂ©fendent par leurs vies !

Hachem merci !!! Il y a l’autre foule, celle qui dit non, la foule rĂ©aliste qui refuse le renoncement, la foule qui, lucide, saisit Ă  plein, la rĂ©alitĂ© d’IsraĂ«l et le destin tragique qui l’attend si elle ne se dresse pas et ne fait pas barrage Ă  la barbarie ! Bien sĂ»r, c’est beaucoup plus dur que de se coucher, de dire amen Ă  l’ennemi, de ne rĂ©cupĂ©rer qu’un petit nombre d’otages dont certains sont remis dĂ©cĂ©dĂ©s (et dans quelles conditions !!!), de risquer la mort en combattant et de risquer de ne plus revoir Ă  jamais ceux qu’on aime -les siens propres donc- et qui seront abattus par une balle tirĂ©e Ă  bout touchant dans la tĂŞte comme ce fut le cas de 5 d’entre eux. Cette attitude a toujours Ă©tĂ© celle des grandes nations comme la Russie repoussant l’invasion de la Grande ArmĂ©e de NapolĂ©on et plus tard, les hordes nazies ; comme l’Espagne de Perez de Guzman (1256-1309) dit Guzman le Bon qui sacrifia la vie de son fils devant les murs de la forteresse de Tarifa assiĂ©gĂ©e par les hordes musulmanes lors de la Reconquista ; ou la mĂŞme Espagne du colonel Moscardo chef de l’Alcazar de Tolède, lors de la guerre civile qui recommanda Ă  son fils, que les Rouges dĂ©tenaient et allaient abattre, si son père ne se rendait pas : « … lorsqu’ils te fusilleront, tu recommanderas ton âme Ă  Dieu et tu demanderas Ă  la Sainte Vierge de venir Ă  ton secours. Quand tu entendras le commandement « Feu ! » tu crieras une dernière fois « Viva Espana! ».

IsraĂ«l est encore bien vivante, car il a en lui, des hommes qui la portent vers l’Ă©ternitĂ© par leur inĂ©branlable inflexibilitĂ©, leur inĂ©branlable dĂ©termination, leur inĂ©branlable « soberbia » comme disent justement les Espagnols, cet orgueil plein de l’amour de la patrie. Et parmi ces hommes, parmi ces gĂ©ants, il y a entre autres Zvika Mor, le père de l’otage Eitan Mor, qui disait le 20 mars dernier :

« L’Etat d’IsraĂ«l ne peut en aucun cas cĂ©der aux exigences du Hamas ! Ceux qui appellent Ă  la reddition mettent en danger non seulement la sĂ©curitĂ© des citoyens de l’Etat, mais aussi celle des otages. Dans des nĂ©gociations normales, bienveillantes et solides, nous n’accepterons jamais tous nos otages. Le Hamas gardera toujours ses otages pour lui … Le moyen de pression est militaire. Il n’y a pas d’autre solution … Eitan, si tu me vois, tu nous manques terriblement. Nous sommes sĂ»rs que tu es fort, endurant et que tu aides tout le monde autour de toi. Continue Ă  prendre soin de toi. Nous nous battons pour toi et nous te ramènerons Ă  la maison. Si Dieu le veut, tu seras avec nous le soir du Seder ».
Je suis goy. Vive Israël !
Philippe ARNON

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