đź”´ Fuite de documents en Iran: plusieurs dĂ©tails des relations entre l’Irak et TĂ©hĂ©ran rĂ©vĂ©lĂ©s  

Les fuites fournissent une image dĂ©taillĂ©e de l’implication de TĂ©hĂ©ran en Irak, du rĂ´le unique du commandant de la Force Qods Qassem Suleimani, ainsi que des dĂ©tails sur un certain nombre de hauts responsables irakiens et leurs relations Ă©troites avec TĂ©hĂ©ran, notamment le Premier ministre actuel Adele Abdul Mehdi et d’anciens responsables tels que Hyder al-Abadi, Ibrahim al Jeffrey et Salim Al-Juburi.

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Le rapport conjoint du New York Times souligne les objectifs de Suleimani, un visiteur bien connu en Irak, alors que le pays se glisse dans une nouvelle vague de troubles Ă  la mi-octobre 2019.

Les responsables irakiens ont dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© les visites du responsable iranien pour faire face Ă  des manifestations sans prĂ©cĂ©dent en Irak, demandant la fin de la corruption et le renversement du gouvernement Mahdi, et condamnant l’influence considĂ©rable de l’Iran sur la politique de leur pays.

Selon le reportage, la visite de Suleimani a pour but de rĂ©tablir l’ordre en Irak en persuadant les alliĂ©s du parlement irakien d’aider Abdul Mehdi Ă  conserver son poste.

Selon les services de renseignement iraniens, Abdul Mahdi, qui Ă©tait en exil, travaillait en Ă©troite collaboration avec TĂ©hĂ©ran lorsque Saddam Hussein Ă©tait au pouvoir. Il y avait « une relation spĂ©ciale avec l’Iran » lorsqu’il Ă©tait ministre irakien du PĂ©trole en 2014.

La nature exacte de cette relation n’est pas dĂ©taillĂ©e dans les documents divulguĂ©s, mais un ancien responsable amĂ©ricain a averti qu ‘ »avoir une relation spĂ©ciale peut signifier beaucoup. Cela ne signifie pas qu’il est un agent du gouvernement iranien « .

Mais aucun homme politique irakien ne peut ĂŞtre premier ministre sans la bĂ©nĂ©diction de l’Iran. Abd al-Mahdi, lorsqu’il est devenu Premier ministre en 2018, Ă©tait considĂ©rĂ© comme un candidat de compromis, acceptable pour l’Iran et les États-Unis.

Les documents divulguĂ©s donnent un aperçu inĂ©dit du rĂ©gime iranien, ainsi que des dĂ©tails sur la manière dont l’Irak est tombĂ© sous l’influence de son voisin depuis l’invasion amĂ©ricaine de 2003.

La politique iranienne en Irak, au Liban et en Syrie montre que l’Iran le considère essentiel pour sa sécurité nationale, ont déclaré les Gardiens de la révolution, en particulier la Force Qods dirigée par Suleimani, ambassadeurs de Téhéran dans les rangs les plus élevés des Gardes de la révolution, et non du Foreign Office, qui supervise le Ministère du renseignement.

Les conseillers ont déclaré que des officiers des services de renseignements et des gardes de la révolution irakiens travaillaient en parallèle et ont rendu compte de leurs découvertes au siège de leur organisation à Téhéran, qui a ensuite travaillé à la préparation de rapports soumis au Conseil de sécurité nationale iranien.

Atteindre les responsables irakiens était une partie essentielle de leur travail, facilitant les alliances que beaucoup de dirigeants irakiens avaient établies avec l’Iran quand ils appartenaient à des groupes d’opposition combattant Saddam.
Des documents divulguĂ©s par les services de renseignements iraniens affirment que les Irakiens se sont battus contre l’Etat islamique et que TĂ©hĂ©ran les a espionnĂ©s.

« Dans une relation privilégiée »

Selon les documents, de nombreux hauts responsables politiques, militaires et de la sĂ©curitĂ© en Irak ont ​​établi des relations secrètes avec TĂ©hĂ©ran. Dans les documents de 2014, qui traitaient des « relations spĂ©ciales » d’Abdul Mahdi, plusieurs autres membres clĂ©s du gouvernement de l’ancien Premier ministre Hyder al-Abadi ont dĂ©clarĂ© qu’ils entretenaient des liens Ă©troits avec l’Iran.

La montĂ©e de l’Etat islamique dans le mĂŞme temps a conduit Ă  une rupture entre l’administration Obama et une grande partie de l’Ă©chelon politique irakien. Obama a insistĂ© pour que le Premier ministre Nouri al-Maliki soit renversĂ©, condition prĂ©alable Ă  la reprise du soutien militaire amĂ©ricain en Irak, et a constatĂ© que la politique de Maliki avait entraĂ®nĂ© la chute de son pays dans la lutte contre l’Etat islamique et avait contribuĂ© Ă  motiver les terroristes.

Maliki, qui vivait en exil en Iran dans les années 1980, était favorisé par Téhéran, tandis que le successeur éduqué britannique, Haider al-Abadi, était perçu comme plus ami de l’Occident et moins sectaire.

Face Ă  l’incertitude entourant le nouveau Premier ministre, l’ambassadeur iranien en Iran, Hassan Danibar, a appelĂ© Ă  une rĂ©union secrète des hautes ambassades iraniennes en dehors de la zone verte Ă  Bagdad.

 

« Les autres ministres Ă©taient dans la poche de l’Iran »

Au fil de la rĂ©union, il est devenu Ă©vident que les Iraniens n’avaient aucune raison de s’inquiĂ©ter du nouveau gouvernement irakien. Abadi Ă©tait considĂ©rĂ© comme un « homme britannique » et un « candidat amĂ©ricain », mais les Iraniens ont constatĂ© qu’ils avaient beaucoup d’autres ministres dans leurs poches. Il a lu la liste des noms et a mĂŞme mentionnĂ© la nature de leurs relations avec l’Iran.

Ibrahim al-Jafari, qui Ă©tait Premier ministre et ministre des Affaires Ă©trangères de l’Ă©poque Ă  la fin de 2014, est dĂ©crit dans des documents, tels qu’Abdul Mahdi, comme ayant des « relations privilĂ©giĂ©es » avec l’Iran. Alors que Jafri n’a pas niĂ© dans une interview qu’il avait des liens Ă©troits avec l’Iran, il a dĂ©clarĂ© qu’il avait toujours traitĂ© avec des pays Ă©trangers en se basant sur les intĂ©rĂŞts de l’Irak.

L’Iran s’est fiĂ© Ă  la loyautĂ© de nombreux membres moins importants du gouvernemen. Le ministre des Transports, Bian Jaber, qui dirigeait le ministère irakien de l’IntĂ©rieur lorsque des centaines de prisonniers ont Ă©tĂ© torturĂ©s ou abattus par des escadrons de la mort chiites, est considĂ©rĂ© comme « très proche » de l’Iran. Le ministre de l’Education a notĂ© que « nous n’aurons aucun problème avec lui ».

Selon le New York Times, tous les anciens ministres de l’intĂ©rieur, des mĂ©dias et des droits de l’homme Ă©taient membres de l’organisation Badr, un groupe politique et militaire fondĂ© par l’Iran dans les annĂ©es 1980 pour s’opposer Ă  Saddam.

Les documents rĂ©vèlent un « sommet secret » lorsque les Frères musulmans et la Force Qods ont discutĂ© de la Turquie dans l’alliance contre l’Arabie Saoudite.
L’ancien ministre de l’IntĂ©rieur a niĂ© des relations Ă©troites avec l’Iran, tandis que l’ancien ministre des Droits de l’homme a reconnu la proximitĂ© de TĂ©hĂ©ran et a fĂ©licitĂ© l’Iran pour son aide aux Irakiens chiites pendant la dictature de Saddam Hussein et Ă  sa victoire sur l’Etat islamique. L’ancien ministre des MĂ©dias a dĂ©clarĂ© qu’il servait l’Irak et non l’Iran, notant qu’il avait entretenu des relations avec des diplomates de nombreux pays. L’ancien ministre de l’Education, n’a pas reçu le soutien de l’Iran et a servi Ă  la demande d’Abadi.

Il est clair que l’hĂ©gĂ©monie iranienne a commencĂ© Ă  l’automne 2014.

L’hĂ©gĂ©monie iranienne sur la politique irakienne est Ă©vidente dans un chapitre important de l’automne 2014, lorsque Bagdad Ă©tait au cĹ“ur d’un tourbillon de violence multinationale. La guerre civile syrienne a fait rage, les combattants de l’Etat islamique ont capturĂ© près du tiers de l’Irak et les forces amĂ©ricaines sont revenues dans la rĂ©gion pour faire face Ă  la crise aggravĂ©e.

Le ministre des Transports Jabar a rencontrĂ© le commandant de Quds Suleimani dans son bureau, selon un document qui demandait Ă  l’Iran d’accĂ©der Ă  l’espace aĂ©rien irakien afin de livrer des avions chargĂ©s d’armes ainsi que des fournitures pour soutenir le rĂ©gime syrien de Bashar al-Assad dans sa bataille contre Les rebelles soutenus par les États-Unis.

Les responsables de l’administration Obama ont eu beaucoup de mal Ă  convaincre les Irakiens d’arrĂŞter les vols iraniens dans leur espace aĂ©rien, mais le ministre irakien des Transports a dĂ©clarĂ© que la demande de TĂ©hĂ©ran ne pouvait ĂŞtre rejetĂ©e.

Selon les documents divulguĂ©s, Jabber a rappelĂ© qu’il n’avait pas hĂ©sitĂ© une seconde et avait dit Ă  Sulimani « à votre guise », puis « Sulimani s’est levĂ© et l’a approchĂ© et l’a embrassĂ© sur le front ».

Jaber a confirmé la rencontre avec Suleimani, mais a indiqué que les vols iraniens à destination de la Syrie transportaient des fournitures humanitaires et que les pèlerins religieux se rendant en Syrie se rendaient dans des lieux saints, et non des armes et du matériel militaire pour assister Assad, ont indiqué des sources.

Les documents divulgués aux services de renseignements iraniens révèlent le rôle caché de Téhéran en Irak.

Entre-temps, des responsables irakiens connus pour leurs relations avec les États-Unis ont Ă©tĂ© soumis Ă  un contrĂ´le et Ă  une surveillance particulière, et l’Iran a pris des mesures pour neutraliser l’influence des États-Unis.

De nombreux dossiers montrent que, tandis que de hauts diplomates américains se réunissaient à huis clos avec leurs homologues irakiens à Bagdad, la transcription de leurs appels était systématiquement envoyée à des Iraniens.

« Le consultant Juburi s’est avĂ©rĂ© ĂŞtre le plus haut espion d’Iran »

En 2014 et 2015, quand un nouveau gouvernement irakien a Ă©tĂ© formĂ©, l’ambassadeur amĂ©ricain Stuart Jones a rencontrĂ© Ă  plusieurs reprises Salim al-Juburi, prĂ©sident du parlement irakien jusqu’Ă  l’annĂ©e dernière.

Juburi, Ă©tait connu pour entretenir des liens Ă©troits avec l’Iran. Cependant, les dossiers divulguĂ©s rĂ©vèlent que l’un de ses principaux conseillers politiques, appelĂ© Source 134832, appartenait aux services de renseignement iraniens.

« Je visite son bureau quotidiennement et surveille de près ses contacts avec les AmĂ©ricains », a dĂ©clarĂ© un responsable iranien. Alors que l’Ambassadeur Jones a refusĂ© de commenter, Juburi a dĂ©clarĂ© qu’il ne croyait pas que le conseiller, ni aucun de ses collaborateurs, Ă©tait un agent de l’Iran, ce qui confirmait sa confiance totale en ses collaborateurs.

L’agent a exhorté les Iraniens à resserrer leurs liens avec Al-Juburi, à bloquer les efforts des États-Unis, à former une nouvelle classe de jeunes dirigeants sunnites en Irak et peut-être aussi à combattre les sunnites et les chiites.

Il a averti que l’Iran devait agir pour empĂŞcher l’orateur « de glisser dans une position pro-amĂ©ricaine, l’une des caractĂ©ristiques de Salim al-Juburi Ă©tant sa crĂ©dibilitĂ© et ses dĂ©cisions hâtives ».

Détails des réunions de Barzani avec les Américains

Un autre rapport rĂ©vèle que le Premier ministre du Kurdistan, Nahirwan Barzani, a rencontrĂ© des responsables amĂ©ricains et britanniques et le Premier ministre Haider al-Abadi Ă  Bagdad en dĂ©cembre 2014, avant de se rendre immĂ©diatement Ă  une rĂ©union avec un responsable iranien pour l’informer de Tout a Ă©tĂ© discutĂ©.

S’exprimant par l’intermĂ©diaire de son porte-parole officiel, Barzani a dĂ©clarĂ© qu’il ne se souvenait pas d’avoir rencontrĂ© aucun responsable iranien Ă  l’Ă©poque, dĂ©crivant le document comme « sans fondement ». Il a dit qu’il « nie absolument » de donner aux Iraniens des dĂ©tails sur ses entretiens avec des diplomates amĂ©ricains et britanniques.

« Abadi était parfaitement disposé à établir des contacts secrets avec les services de renseignement iraniens »

Bien que l’Iran ait d’abord mis en doute sa loyautĂ©, un rapport rĂ©digĂ© quelques mois après son accession au poste de Premier ministre indiquait qu’il Ă©tait tout Ă  fait prĂŞt Ă  Ă©tablir des contacts secrets avec les services de renseignement iraniens.

Un rapport de janvier 2015 fait Ă©tat d’une rĂ©union entre Abadi et le responsable du ministère iranien des Renseignements, connu sous le nom de Borogardi, qui s’est tenue dans le bureau du Premier ministre « sans secrĂ©taire ni troisième personne ». Au cours de la rĂ©union, Borogardi a Ă©voquĂ© la division sunnite-chiite en Irak et Abadi sur la question la plus sensible de la politique irakienne.

« Aujourd’hui, les sunnites ont Ă©tĂ© frappĂ©s par les pires circonstances et ont perdu leur confiance », a dĂ©clarĂ© un responsable des services de renseignements iraniens.

Il a ajouté que les chiites en Irak étaient « à un tournant historique » et que les gouvernements irakien et iranien « pourraient bénéficier de cette situation ».

Abadi a refusé de commenter la question au New York Times.

Qassem Soleimani