🚨 Tirs depuis l’Iran vers Aqaba, des vols contraints de tourner en l’air. Des habitants d’Eilat : « Nous avons entendu des explosions »

La Jordanie est de nouveau dans le viseur. En Iran, on a rapportĂ© ce matin (mercredi) le lancement de missiles vers la ville d’Aqaba, en Jordanie. Des habitants d’Eilat ont par ailleurs signalĂ© avoir entendu des explosions dans la rĂ©gion. Ă€ la suite de ces tirs, des vols en direction de la zone ont Ă©tĂ© contraints de rester en vol, notamment des vols entre l’aĂ©roport Ben Gourion et Eilat, ainsi qu’un vol reliant Abou Dabi Ă  Tel-Aviv.

Dans le mĂŞme temps, un groupe de dizaines de personnalitĂ©s nationales, politiques, universitaires, culturelles et tribales de Jordanie a publiĂ© ce matin une dĂ©claration appelant le gouvernement Ă  mettre fin Ă  la prĂ©sence de forces Ă©trangères, en particulier amĂ©ricaines, sur le sol du royaume. Selon eux, cette prĂ©sence expose la Jordanie Ă  des risques sĂ©curitaires, politiques et Ă©conomiques compte tenu de l’escalade militaire en cours dans la rĂ©gion.

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Un appel à la neutralité de la Jordanie

Les signataires ont exigĂ© du gouvernement qu’il dĂ©voile publiquement l’ensemble des conditions de l’accord militaro-sĂ©curitaire signĂ© avec les États-Unis, ainsi que ses annexes, en insistant sur « le droit des Jordaniens et de leurs institutions constitutionnelles Ă  ĂŞtre informĂ©s des engagements susceptibles d’affecter la souverainetĂ© et la sĂ©curitĂ© nationale de l’État ». La dĂ©claration souligne que la Jordanie « n’est pas partie Ă  la guerre » et que son peuple « ne doit pas en subir les consĂ©quences ni payer le prix d’une politique qui ne sert pas ses intĂ©rĂŞts supĂ©rieurs ».

Le texte prĂ©cise que cet appel intervient Ă  un moment oĂą les citoyens font face Ă  des difficultĂ©s Ă©conomiques, alors que la guerre en cours laisse des effets nĂ©gatifs sur l’Ă©conomie nationale, la stabilitĂ© intĂ©rieure et les relations politiques de la Jordanie avec de nombreux pays de la rĂ©gion. Les signataires ont Ă©galement demandĂ© la « neutralitĂ© » des aĂ©roports, des ports, des bases militaires et des installations stratĂ©giques jordaniennes, exigeant qu’ils ne servent pas Ă  la guerre qui se poursuit dans la rĂ©gion, tout en soulignant que la Jordanie n’est pas partie au conflit et que son intĂ©rĂŞt national l’oblige Ă  adopter une politique de neutralitĂ© prĂ©servant sa sĂ©curitĂ©, sa stabilitĂ© et sa souverainetĂ©.

Ces derniers jours, l’Iran a tirĂ© des missiles vers la Jordanie, notamment vers la ville d’Aqaba, en face d’Eilat, et des dĂ©bris d’interception ont mĂŞme franchi le territoire israĂ©lien pour retomber au nord de la ville. Selon des experts interrogĂ©s par le New York Times, la Jordanie « joue un rĂ´le de plus en plus central dans les opĂ©rations militaires des États-Unis contre l’Iran ». Ils ont soulignĂ© que Washington s’est appuyĂ©e de manière croissante sur la Jordanie dans la pĂ©riode prĂ©cĂ©dant la guerre avec l’Iran et durant ses premiers jours, le Pentagone ayant transfĂ©rĂ© des forces depuis les pays du Golfe vers des zones jugĂ©es « plus sĂ»res ».

Onze nuits de frappes : « Les États-Unis ont menacé de frapper des installations nucléaires »

Sur fond de onzième nuit consĂ©cutive de frappes amĂ©ricaines en Iran, l’Ă©tat-major Khatam al-Anbiya, commandement d’urgence de la RĂ©publique islamique, a annoncĂ© cette nuit que « les États-Unis ont menacĂ© de frapper des installations nuclĂ©aires et des sites sensibles en Iran. Toute frappe de ce type serait considĂ©rĂ©e comme un Ă©largissement de la guerre dans la rĂ©gion, et recevrait une rĂ©ponse forte dirigĂ©e contre les intĂ©rĂŞts des États-Unis et de leurs alliĂ©s. »

En Iran, les mĂ©dias ont dĂ©taillĂ© les cibles des frappes amĂ©ricaines de cette nuit, qui visaient selon le commandement central de l’armĂ©e amĂ©ricaine (CENTCOM) Ă  « continuer d’Ă©roder la capacitĂ© de l’Iran Ă  menacer le trafic commercial dans le dĂ©troit d’Ormuz ». Selon les mĂ©dias iraniens, les frappes ont visĂ© Bouchehr, Tabriz, Sirik dans la province de Hormozgan, Behbahan et Omidieh dans la rĂ©gion du Khouzistan, Chabahar et Konarak dans la province du Sistan-Baloutchistan, Chuvar et Abdanan dans la province d’Ilam, ainsi que Baneh dans la province du Kurdistan. Des systèmes de dĂ©fense aĂ©rienne ont par ailleurs Ă©tĂ© entendus dans la capitale, TĂ©hĂ©ran.

Selon des informations iraniennes, des missiles ont touchĂ© un poste de transformation Ă©lectrique situĂ© près de la centrale nuclĂ©aire de Bouchehr, provoquant des coupures de courant dans la ville. Les mĂ©dias d’État ont Ă©galement indiquĂ© que les frappes avaient visĂ©, entre autres, le port de Bouchehr, le port de Sirik et un site militaire dans la rĂ©gion de Tabriz. De son cĂ´tĂ©, l’armĂ©e iranienne a annoncĂ© avoir frappĂ© des entrepĂ´ts de munitions et du matĂ©riel logistique appartenant aux forces amĂ©ricaines Ă  la base de Doha au KoweĂŻt, ainsi que la base d’Al-Azraq en Jordanie, et affirme avoir Ă©galement menĂ© des frappes contre la base de Cheikh Issa Ă  BahreĂŻn.

Avant cette onzième vague de frappes, le prĂ©sident des États-Unis Donald Trump avait menacĂ© que les AmĂ©ricains frapperaient « avec une très grande puissance » le mont Makoush, le site secret oĂą IsraĂ«l estime que des centrifugeuses et de l’uranium ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s.

« Nous devons avoir une stratégie, ou nous mangerons les poissons pourris »

Dani Citrinowicz, ancien chef de la division Iran au sein de la direction du renseignement militaire (Aman) et aujourd’hui chercheur senior au programme Iran et Ă  l’axe chiite de l’Institut d’Ă©tudes sur la sĂ©curitĂ© nationale (INSS), s’est exprimĂ© lors d’un entretien au studio de Ynet sur l’escalade en Iran et la possibilitĂ© qu’IsraĂ«l rejoigne la campagne militaire. « Nous restons pour l’instant dans les mĂŞmes limites que celles que les parties se sont fixĂ©es, c’est-Ă -dire des frappes principalement dirigĂ©es contre des sites militaires dans la rĂ©gion de Bandar Abbas et un peu le long de la cĂ´te iranienne, tandis qu’en retour les Iraniens continuent de riposter contre les bases amĂ©ricaines dans l’ensemble du Golfe. Il n’y a pas vraiment de changement dramatique pour l’instant », a-t-il expliquĂ©.

Selon lui, « Trump se rapproche du point de dĂ©cision. Les mĂ©diateurs tentent de ramener les parties vers dix jours de cessez-le-feu, puis de reprendre les nĂ©gociations — et pour l’instant, les parties ne semblent pas y ĂŞtre intĂ©ressĂ©es. Il est donc tout Ă  fait possible que nous assistions Ă  une nouvelle escalade, avec en jeu la question du mont Makoush et la possibilitĂ© que les États-Unis le bombardent. En rĂ©action, il est probable que l’Iran considère cela comme une violation majeure des règles du jeu Ă©tablies — et Ă©largisse ses ripostes. »

Citrinowicz s’est aussi penchĂ© sur l’intĂ©rĂŞt israĂ©lien potentiel Ă  un retour aux combats, affirmant qu’« il faut se rappeler que nous paierons des prix importants en cas de retour aux combats. Ce n’est pas seulement les tirs iraniens, mais aussi le fait que nous verrons probablement le Hezbollah et les Houthis reprendre leurs attaques. La question qui se pose est donc de savoir quel est l’objectif stratĂ©gique de cet Ă©vĂ©nement. Je pense qu’IsraĂ«l doit exiger des États-Unis qu’ils s’accordent sur les objectifs stratĂ©giques des combats avant qu’IsraĂ«l n’y retourne. Car si nous revenons Ă  la mĂŞme situation, qu’aurons-nous accompli ? »

Il a ajoutĂ© qu’« en premier lieu, nous devons nous attaquer Ă  la question du nuclĂ©aire. Je ne dis pas de bombarder ou d’envoyer des forces, mais nous ne pouvons pas laisser la situation telle qu’elle est. Les informations sur le transfert de centrifugeuses vers le mont Makoush sont extrĂŞmement prĂ©occupantes et montrent que le programme nuclĂ©aire iranien n’a pas Ă©tĂ© dĂ©truit. Par consĂ©quent, en cas de retour aux combats, nous devons ajouter une composante importante de traitement supplĂ©mentaire des sites nuclĂ©aires iraniens. »

« Cela doit ĂŞtre convenu avec Trump avant, et non après, car il peut nous renvoyer au combat et nous arrĂŞter deux jours plus tard », a-t-il expliquĂ©. « Nous mangerons les poissons pourris et serons chassĂ©s de la ville. C’est pourquoi nous devons impĂ©rativement parvenir Ă  une coordination stratĂ©gique sur ce point. »

L’article s’appuie sur des informations publiĂ©es le 22 juillet 2026 sur le site de Ynet, signĂ©es Lior Ben Ari et Alexandra Lukash.

Pour prolonger la lecture sur l’escalade rĂ©gionale, retrouvez notre article sur le dĂ©ploiement du système laser « Or Eitan » par IsraĂ«l au Nord.