Pendant que le monde entier souffre de la fermeture du détroit d’Ormuz, l’Iran, lui, en profitait. Jusqu’à ce matin. Le président américain Donald Trump vient de refermer le piège.
Le paradoxe iranien
La situation était presque surréaliste. Depuis le début de la guerre et la paralysie progressive du détroit d’Ormuz, c’est l’Iran qui tirait les marrons du feu. Selon une analyse de Reuters, les revenus pétroliers iraniens ont augmenté de 37% depuis le début des combats, l’Iran étant le seul pays à continuer d’exporter du pétrole via le détroit. Bloomberg a rapporté que Téhéran engrangeait environ 139 millions de dollars par jour en mars, contre 115 millions en février — une hausse due à la fois à la stabilité des volumes d’exportation et à l’envolée du cours mondial du pétrole depuis le déclenchement du conflit.
Pendant ce temps, les autres pays du Golfe perdaient des milliards de dollars du fait du blocage du détroit, et l’économie mondiale tremblait. L’Iran, lui, encaissait. Il était le seul acteur à détenir les clés du passage et à en faire un instrument de pouvoir autant qu’une source de revenus.
Le régime iranien avait commencé à monnayer sa maîtrise physique de cette voie de navigation critique en prélevant des sommes pouvant atteindre 2 millions de dollars par navire, sous couvert de « passage sécurisé ». Ce mécanisme lui avait rapporté des dizaines de millions de dollars supplémentaires au cours du dernier mois.
La méthode était rodée : les navires transportant du pétrole ou des marchandises iraniens ne paient rien, les bateaux des pays « amis » s’acquittent d’un certain montant, et les navires appartenant aux alliés des États-Unis et d’Israël sont tout simplement bloqués. Un système de péage géopolitique, brutal dans sa logique, qui transformait le détroit en guichet au profit de Téhéran.
Trump ferme le robinet
Ce matin, le président américain Donald Trump a officiellement annoncé le blocus du passage dans le détroit d’Ormuz et un siège des ports iraniens, à la suite de l’échec des négociations au Pakistan et de l’absence d’accord entre les parties.
C’est là que réside la « seule erreur » évoquée dans le titre : l’Iran a cru pouvoir tenir indéfiniment ce bras de fer économique avec Washington, en comptant sur sa maîtrise d’Ormuz comme bouclier et comme rente. Mais en poussant les négociations à l’échec, il vient d’offrir à Trump le prétexte et la légitimité pour passer à l’étape suivante — le siège total.
Le tsunami qui vient
La différence entre gagner 139 millions de dollars par jour et en perdre autant est vertigineuse. Un blocus américain des ports iraniens, s’il est effectivement appliqué, ne coupe pas seulement les exportations pétrolières — il isole l’économie iranienne du reste du monde de façon bien plus radicale que toutes les sanctions des dernières décennies.
En troquant l’exportation de pétrole contre un instrument de chantage maritime, l’Iran s’est exposé à un risque stratégique majeur : il a consolidé son image de perturbateur du commerce mondial, ce qui repoussera les investissements à long terme et poussera même les pays neutres à chercher des routes commerciales alternatives, réduisant son importance géopolitique même après la fin des hostilités.
L’Agence internationale de l’énergie a déjà établi que la guerre a créé la plus grande perturbation d’approvisionnement de l’histoire des marchés modernes, les quantités de pétrole transitant par Ormuz étant passées d’environ 20 millions de barils par jour à un flux résiduel dangereux. Avec un blocus américain qui se superpose à cette situation, c’est l’ensemble de l’économie de guerre iranienne qui se retrouve sous une pression sans précédent.
La mécanique est implacable : l’Iran a joué la carte du chantage pétrolier en pensant avoir le dessus. Trump vient d’appeler le bluff — et le tsunami économique annoncé n’est plus une métaphore.
Pour aller plus loin sur ce sujet, retrouvez sur infos-israel.news : Étranglement de l’industrie des missiles : Tsahal détruit un site pétrochimique stratégique en Iran et « L’Iran joue avec le feu » : Israël possède des missiles Jericho armés d’armes nucléaires.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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