Cinq touristes israéliens ont été tués par cet attentat-suicide, en plus du kamikaze. Le conducteur bulgare du bus est décédé des suites de ses blessures, portant le bilan à six morts.
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«Je cherche mon Ă©pouse, je ne sais pas si elle est en vie ou dĂ©cĂ©dĂ©e», tĂ©moigne devant la porte du service des urgences de l’hĂ´pital de Bourgas Yitzhak Shriky, un survivant de l’attentat anti-israĂ©lien de mercredi en Bulgarie, tournant la tĂŞte pour cacher ses larmes. Yitzhak Shriky et sa femme Kochava, quadragĂ©naires originaires de Rishion LeZion, la 4e ville d’IsraĂ«l, sont arrivĂ©s mercredi après-midi Ă Bourgas par un vol parti de Tel-Aviv.
Ils sont montés dans le bus qui devait les emmener à la populaire station balnéaire Côte du soleil, au nord de Bourgas, quand une explosion a fait sauter le véhicule.
Cinq touristes israéliens ont été tués sur le coup par cet attentat-suicide, en plus du kamikaze. Le conducteur bulgare du bus est mort des suites de ses blessures, portant le bilan à six morts.
«Nous Ă©tions dans le bus au moment de l’explosion. J’ai dĂ» m’Ă©vanouir et je suis tombĂ© par terre. Quand je me suis rĂ©veillĂ©, il y avait de la fumĂ©e noire, de la poussière … partout», a racontĂ© Yitzhak Shriky. «J’ai rĂ©ussi Ă me relever et je me suis dit qu’il fallait atteindre la porte avant et sortir», a-t-il poursuivi, ajustant une petite kippa froissĂ©e sur sa tĂŞte blessĂ©e.
«Ma femme était introuvable»
Une fois hors du bus, il a rĂ©alisĂ© que sa femme n’Ă©tait pas Ă ses cĂ´tĂ©s: «Elle Ă©tait introuvable. J’ai essayĂ© de retourner dans le bus … mais il y avait de la poussière partout et la police ne me laissait pas approcher», a continuĂ© Yitzhak Shriky.
«Ils ont dit que tout le monde a été amené ici et je suis venu la chercher», a-t-il expliqué, scrutant les alentours de ses yeux injectés de sang.
Les ambulanciers s’affairent Ă la sortie du service, prĂ©parant le transport de tous les IsraĂ©liens blessĂ©s vers l’aĂ©roport en vue de leur rapatriement jeudi. Ils sont au nombre de 28, plus trois blessĂ©s plus sĂ©rieux Ă Sofia, selon des bilans officiels des gouvernements bulgare et israĂ©lien.
Des adolescents ensanglantĂ©s et bandĂ©s et une femme enceinte sont hissĂ©s en fauteuil roulant dans des ambulances. D’autres blessĂ©s plus lĂ©gers — des hommes, des femmes, un enfant de 7 ou 8 ans — grimpent eux-mĂŞmes, en boitant, dans les vĂ©hicules.
Les policiers protĂ©geaient des journalistes les survivants, peu dĂ©sireux de s’exprimer, qui, pour la plupart, parlaient au tĂ©lĂ©phone et cachaient leur visage aux camĂ©ras. «S’il vous plaĂ®t, laissez-nous tranquille», a murmurĂ© une jeune femme d’une vingtaine d’annĂ©es en montant avec des jeunes de son âge dans une navette de l’aĂ©roport.
Toujours sous le choc de la nuit passée
La plupart des blessĂ©s souffrent de brĂ»lures ou de plaies Ă l’abdomen ou aux membres et beaucoup ont eu les tympans perforĂ©s, ont indiquĂ© des mĂ©decins.
A l’aĂ©roport, théâtre de l’attaque, situĂ© Ă 10 km au nord du centre-ville de Bourgas, d’importants effectifs de police sĂ©curisaient la zone.
Entre les arbres, la carcasse du bus pouvait ĂŞtre aperçue, toujours garĂ©e au mĂŞme endroit que lorsque la bombe a explosĂ©, peu après 17H00 locales (14H00 GMT) mercredi. Les deux bus qui ont pris feu dans l’attentat sont Ă©galement toujours lĂ .
Au cours des dernières annĂ©es, les cĂ´tes bulgares de la mer Noire sont devenues un lieu de vacances prisĂ© des IsraĂ©liens, les deux pays entretenant par ailleurs d’excellentes relations. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Bulgarie fut le seul pays alliĂ© de l’Allemagne Ă avoir sauvĂ© ses juifs des camps nazis, ce qui est rĂ©gulièrement rappelĂ© lors des contacts bilatĂ©raux avec IsraĂ«l.
Environ 5.000 Israéliens vivent en Bulgarie et près de 140.000 touristes israéliens se sont rendus dans le pays en 2011. (Source : AFP/Newsnet)




