Une panne de radar dans le nord de la Grèce provoque des retards de vols : voici les lignes concernées

Une panne du système radar dans l’espace aérien du nord de la Grèce, combinée à une charge de trafic aérien exceptionnellement élevée dans la région, provoque ce dimanche des perturbations dans le calendrier des vols d’Arkia, plusieurs vols au départ et à destination d’Israël ayant vu leurs horaires de décollage et d’atterrissage modifiés.

Parmi les vols concernés figurent les lignes reliant Tel-Aviv à Athènes, Corfou, Héraklion, Budapest, Paris et Podgorica, ainsi que les vols retour de ces mêmes destinations vers Israël. Selon la compagnie, les passagers des vols concernés ont été informés par SMS.

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Jusqu’à deux heures de retard, mais pas d’annulations

Arkia a indiqué être en contact permanent avec les autorités de l’aviation et les organismes de contrôle du trafic aérien, et œuvrer à réduire autant que possible l’impact de la panne sur les passagers.

L’Autorité aéroportuaire israélienne a précisé que l’activité à l’aéroport Ben Gourion se poursuit normalement, mais que les passagers doivent s’attendre à des retards d’environ deux heures sur les vols affectés par les restrictions. L’Autorité a souligné qu’il s’agit à ce stade de retards dans les horaires, et non d’annulations de vols.

Il est recommandé aux passagers dont le décollage est prévu aujourd’hui de vérifier l’heure de départ actualisée sur le site de leur compagnie aérienne ou sur le tableau des vols de Ben Gourion avant de se rendre à l’aéroport. Même une fois la panne résolue, il pourrait falloir plusieurs heures avant que la charge d’avions ne se résorbe et que le calendrier européen ne retrouve un fonctionnement normal.

Un simple radar, mais un rôle central pour la sécurité aérienne

Les informations concernent un système radar utilisé par les unités de contrôle du trafic aérien en Grèce, principalement le dispositif de contrôle de la région d’Athènes. Il ne s’agit pas d’un radar météorologique, mais d’un système qui affiche aux contrôleurs aériens la position des avions, leur direction de vol, leur vitesse, leur altitude et la distance qui les sépare. Ces informations permettent aux contrôleurs de faire entrer les avions dans l’espace aérien, de les guider vers l’atterrissage et d’assurer une séparation sécurisée entre les appareils.

Lorsqu’une perturbation survient dans le système, même si celui-ci ne s’effondre pas totalement, les contrôleurs sont contraints de passer à un mode de fonctionnement plus limité et plus prudent. Concrètement, cela se traduit par une réduction du nombre d’avions autorisés à entrer chaque heure dans l’espace dont ils ont la responsabilité, un allongement des distances entre les appareils, et parfois l’immobilisation d’avions au sol dans l’aéroport de départ jusqu’à l’obtention de l’autorisation de décoller. Plutôt que de permettre à des dizaines d’avions d’arriver les uns après les autres, les centres de contrôle réduisent le rythme du trafic afin de préserver les marges de sécurité. Cette restriction ne signale aucun danger pour les passagers déjà en vol, mais constitue une mesure préventive destinée à garantir que les contrôleurs puissent suivre pleinement chaque avion sous leur responsabilité.

Un effet domino qui dépasse les frontières grecques

L’impact de cette panne dépasse les frontières de la Grèce en raison de la position centrale du pays sur la carte de l’aviation européenne. La Grèce gère une vaste région de contrôle aérien appelée la région d’information d’Athènes, qui comprend l’espace aérien surplombant le pays, la mer Égée et d’autres zones où la Grèce est responsable de la fourniture de services de contrôle et de guidage aux avions.

Des milliers de vols transitent chaque jour par l’espace grec ou à proximité, notamment des vols entre l’Europe de l’Ouest et l’est de la Méditerranée, Chypre, Israël et d’autres destinations de la région. Lorsque la Grèce réduit la capacité de trafic dans son espace aérien, le centre européen de gestion du trafic est contraint de redistribuer les créneaux de passage et d’ordonner aux compagnies d’attendre avant le décollage.

Il en résulte un effet de chaîne. Un avion censé décoller d’Israël vers l’Europe peut rester au sol jusqu’à ce que le couloir aérien se libère. Un avion devant arriver en Israël depuis l’Europe peut décoller en retard de son aéroport de départ, même si cet aéroport fonctionne normalement. D’autres vols peuvent se voir attribuer un itinéraire alternatif, plus long, qui augmente la durée du vol et la consommation de carburant. Même un vol qui ne survole pas directement la Grèce peut être affecté : les compagnies aériennes font voler le même avion sur plusieurs segments au cours de la journée, et si l’appareil arrive en retard à sa première destination, il décollera également en retard pour le vol suivant. À cela s’ajoutent les contraintes d’horaires de travail des équipages, la disponibilité des postes de stationnement dans les aéroports et la nécessité d’obtenir un nouveau créneau de décollage.

Cette panne survient en plein pic de la saison estivale, alors que la charge de trafic dans le ciel européen est particulièrement élevée. Les données de l’organisme européen de sécurité de la navigation aérienne font état de dizaines de milliers de vols par jour sur le réseau européen, et de milliers d’avions affectés quotidiennement par des restrictions de contrôle du trafic. La Grèce figure, ces derniers temps, parmi les foyers importants de retards en Europe, dans un contexte de charge de trafic élevée, de limitations de capacité et de pénurie de contrôleurs aériens.

Sur ce sujet, retrouvez nos articles sur les vagues d’annulations et de perturbations de vols vers Israël lors des précédentes escalades, ainsi que sur la suspension des vols d’ITA Airways vers Tel-Aviv.