Fin février 2019, le Premier ministre israélien Netanyahu a rendu visite au président Poutine à Moscou.
Cette visite a eu lieu après plusieurs mois au cours desquels le prĂ©sident Poutine a refusĂ© d’autoriser Netanyahou Ă se rendre Ă Moscou après que la Russie ait accusĂ© IsraĂ«l de la responsabilitĂ© du crash de leur avion au nord de la Syrie, alors que c’Ă©tait un missile du système de dĂ©fense aĂ©rienne syrien qui l’avait fait tomber.
Toutes les raisons de la rĂ©cente rĂ©union et les raisons sous-jacentes Ă l’approbation de Poutine pour la rĂ©union sont alors inconnues.
Les sources syriennes fournissent des informations susceptibles de faire comprendre le regain de réchauffement des relations entre les deux pays.
Il n’y a rien de tel qu’un cadeau « particulièrement Ă©tonnant » qui puisse amener un changement radical dans les relations entre les deux parties.
Israël fournit depuis longtemps aux Russes des renseignements précieux sur la Syrie, dont les alliés iraniens et syriens s’efforcent de cacher aux Russes, mais qui ne peuvent être cachés aux yeux des Israéliens.
Les services de renseignement israéliens permettent aux Russes de mieux connaître ce qui se passe sur le sol syrien, malgré le grand nombre de satellites espions russes qui surveillent le ciel du Moyen-Orient.
Plus d’une fois, IsraĂ«l a prĂ©venu la Russie avec des informations des services secrets sur les atrocitĂ©s iraniennes en Syrie, ce qui a conduit les Russes Ă rĂ©agir de manière agressive envers les Iraniens et aux forces qui lui Ă©taient fidèles et opĂ©rant sur le sol syrien.
Une chose semblable a eu lieu des dizaines d’annĂ©es plus tĂ´t, quand IsraĂ«l a fait venir aux États-Unis un prĂ©cieux conseiller en renseignement pour informer les USA sur le discours secret de Khrouchtchev et sur le fait que les AmĂ©ricains n’avaient aucune information Ă ce sujet. Le discours portait sur l’opposition de Khrouchtchev au culte de la personnalitĂ© de Staline, dĂ©cĂ©dĂ© trois ans auparavant.
Quelques jours avant la visite de Netanyahu à Moscou, le président syrien Bashar Assad est arrive à Téhéran pour une visite surprise.
La visite du prĂ©sident syrien a immĂ©diatement entraĂ®nĂ© une crise du gouvernement iranien après que son ministre des Affaires Ă©trangères, Zarif, eut prĂ©sentĂ© sa dĂ©mission en signe de protestation contre le fait qu’Assad n’Ă©tait pas informĂ© de la visite et qu’il ne se trouvait donc pas Ă ce moment-lĂ dans le pays.
Il s’avère que la visite d’Assad Ă TĂ©hĂ©ran n’Ă©tait connue que de deux personnes. Le chef spirituel Khamenei et le commandant de la force Qods au sein du gĂ©nĂ©ral des gardiens de la rĂ©volution iraniens Qassim Suleimani. MĂŞme le prĂ©sident iranien a Ă©tĂ© exclu de cette information.
Il s’avère que les Syriens ont mĂŞme modĂ©rĂ© le prĂ©sident Poutine et le commandement russe en Syrie Ă partir d’informations sur la planification de la visite surprise en Iran.
Plus tard, le prĂ©sident Poutine a dĂ©fini la dissimulation d’Assad en disant que « Bachar Assad Ă©tait ingrat ».
Les Russes voient dans la dissimulation de la visite d’Assad une trahison syrienne !
Mais il s’avère que la capacitĂ© de renseignement d’IsraĂ«l concernant ce qui se passe en Syrie dĂ©passe l’imagination et les capacitĂ©s. Un jour, quelqu’un a dit qu’IsraĂ«l savait ce qui se passait en Syrie autant que le prĂ©sident Assad puisse le savoir lui-mĂŞme.
Il s’avère que la visite surprise d’Assad Ă TĂ©hĂ©ran n’a pas du tout surpris IsraĂ«l.
IsraĂ«l Ă©tait au courant de tous les dĂ©tails, des ajustements et de toutes les considĂ©rations qui sous-tendaient l’existence mĂŞme de la visite du prĂ©sident syrien Ă TĂ©hĂ©ran et elle a prĂ©alablement soumis toutes les informations au… prĂ©sident russe surpris.
La facilitatrice israélienne était tellement renversante qu’elle a promis à un moment le succès de la visite de Netanyahu et l’acceptation par Poutine de la plupart de ses demandes.
Les services de renseignement expriment toujours le souhait ultime : « Si j’avais pu ĂŞtre une mouche sur le mur du bureau d’Assad… ! »
Il s’avère que parfois les questions se remplissent comme après la visite du prophète Elie Ă Pâque avec les Juifs ou après la visite du Père NoĂ«l dans la chrĂ©tientĂ© du Nouvel An ou après celle des combattants de Daesh dans les villages des Arabes…






