L’AutoritĂ© palestinienne rejette « l’annexion partielle » et met en garde contre une possible dissolution. L’entitĂ© arabe, l’AutoritĂ© palestinienne, a averti qu’elle couperait les liens avec tout pays qui ouvrirait une ambassade en IsraĂ«l Ă JĂ©rusalem, après que la Serbie, le Kosovo et le Malawi ont annoncĂ© au cours du week-end qu’ils prĂ©voyaient de le faire.
« La Palestine va rompre ses relations avec tout pays qui dĂ©mĂ©nage ou ouvre son ambassade Ă JĂ©rusalem », a tweetĂ© dimanche le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du ComitĂ© exĂ©cutif de l’OLP, Saeb Erekat. «Nous exhortons tous les États-nations Ă respecter le droit international, y compris les rĂ©solutions 478 et 2334 du Conseil de sĂ©curitĂ©.
La violation du droit [international] est un signe de faiblesse, pas de force », a dĂ©clarĂ© Erekat. «La violation la plus Ă©vidente du droit international est l’annexion par IsraĂ«l de JĂ©rusalem-Est, et toute reconnaissance d’une telle annexion illĂ©gale sous quelque forme que ce soit est non seulement une violation flagrante du droit international, mais aussi un manque de respect total pour la lettre de l’ONU et les rĂ©solutions pertinentes des Nations Unies ».
«Le droit international précise que l’occupation par la force d’un territoire étranger est la forme la plus élevée de terrorisme. Assez de mensonges et de chantage. Personne ne peut normaliser les colonies, l’annexion et l’occupation israéliennes ».
IsraĂ«l a annexĂ© tout JĂ©rusalem après la guerre des Six jours en 1967, lors de la dĂ©faite de la Jordanie, et a officialisĂ© ce transfert en 1980. La communautĂ© internationale a rejetĂ© cette annexion. Il a refusĂ© la reconnaissance de JĂ©rusalem comme capitale d’IsraĂ«l jusqu’Ă ce qu’un accord soit conclu sur le statut final d’une solution Ă deux États au conflit israĂ©lo-palestinien sur la base des lignes d’avant 1967, avec JĂ©rusalem- Est comme capitale de cet État palestinien.
Dans le cadre du plan de paix du prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump, la majeure partie de JĂ©rusalem, Ă l’exception des quartiers arabo-israĂ©liens de l’autre cĂ´tĂ© de la barrière de sĂ©curitĂ©, ferait partie d’une JĂ©rusalem unie. Dès 2017, les États-Unis ont reconnu JĂ©rusalem comme la capitale d’IsraĂ«l et y ont transfĂ©rĂ© leur ambassade en 2018. Le seul autre pays Ă emboĂ®ter le pas Ă©tait le Guatemala.
Trump a poussĂ© d’autres pays Ă relocaliser leurs ambassades Ă JĂ©rusalem, et c’est lui qui a annoncĂ© la dĂ©cision de la Serbie et du Kosovo, tandis que les dirigeants de ces deux pays Ă©taient avec lui dans le bureau ovale. Ils Ă©taient lĂ dans le cadre d’un rapprochement nĂ©gociĂ© par les États-Unis, dans lequel les deux anciens ennemis normaliseraient les liens Ă©conomiques. Erekat a soulignĂ© un court clip vidĂ©o très mĂ©diatisĂ© sur Twitter montrant Aleksandar Vucic regardant les pages de son presse-papiers pendant que Trump parlait.
Les experts ont Ă©mis l’hypothèse qu’il semblait presque n’avoir aucune idĂ©e de la venue d’un dĂ©mĂ©nagement dans une ambassade Ă JĂ©rusalem et qu’il vĂ©rifiait le texte. Le politologue Jeremy Mujanović avait tweetĂ© Ă l’Ă©poque : «Des images qui donnent certainement l’impression que Vucic n’a pas rĂ©alisĂ© qu’il avait acceptĂ© de dĂ©placer l’ambassade de Serbie Ă JĂ©rusalem – ou du moins pas d’ici juillet, comme le prĂ©tend Trump. ComĂ©die d’erreurs ».
La Serbie a des liens Ă la fois avec l’ AutoritĂ© palestinienne et IsraĂ«l et a Ă©tĂ© un fervent partisan d’une rĂ©solution Ă deux États basĂ©e sur la ligne d’avant 1967. En 2018, elle Ă©tait l’un des 128 États membres de l’ONU qui ont condamnĂ© la dĂ©cision d’ouvrir une ambassade Ă JĂ©rusalem. Les dirigeants du Kosovo n’ont laissĂ© aucun doute sur leur position, tweetant publiquement sur la promesse d’une ambassade Ă JĂ©rusalem.
Le Kosovo mène sa propre bataille pour la reconnaissance de la souverainetĂ©, après avoir rompu unilatĂ©ralement avec la Serbie en 2008. Ă€ ce jour, seuls 97 pays l’ont reconnu comme un État souverain. Le Kosovo a longtemps recherchĂ© la reconnaissance d’IsraĂ«l. Mais IsraĂ«l a hĂ©sitĂ© Ă reconnaĂ®tre le Kosovo, en partie Ă cause des implications de la demande unilatĂ©rale palestinienne de reconnaissance de la souverainetĂ©.
La Turquie a Ă©tĂ© parmi le premier groupe de pays Ă reconnaĂ®tre le Kosovo en 2008, mais après avoir appris son intention d’ouvrir une ambassade Ă JĂ©rusalem, elle a averti dimanche qu’une telle dĂ©cision pourrait saper la poursuite du Kosovo de nouvelles reconnaissances de souverainetĂ©.
Le ministère turc des Affaires Ă©trangères a dĂ©clarĂ© dimanche qu’il Ă©tait déçu que le Kosovo considère une dĂ©cision qui constituait une « violation flagrante du droit international ». « Il a Ă©tĂ© soulignĂ© Ă plusieurs reprises dans diverses rĂ©solutions des Nations Unies que le conflit palestinien ne peut ĂŞtre rĂ©solu que par la crĂ©ation d’un État de Palestine indĂ©pendant, souverain et contigu, basĂ© sur les frontières de 1967 avec JĂ©rusalem-Est comme capitale », a dĂ©clarĂ© le ministère de la Relations extĂ©rieures. « Nous appelons les dirigeants du Kosovo Ă se conformer Ă ces rĂ©solutions et Ă s’abstenir d’actes qui portent atteinte au statut historique et juridique de JĂ©rusalem, et qui empĂŞchent le Kosovo d’ĂŞtre reconnu par d’autres États Ă l’avenir. »





