Deux anciens chefs du Mossad et un ancien chef du Conseil de sĂ©curitĂ© nationale ont dĂ©clarĂ© dimanche que l’Iran n’avait pas rĂ©ussi Ă se venger de l’Ă©limination de l’un de ses plus hauts responsables en 2020 et ne le ferait probablement pas avant que le prĂ©sident Ă©lu amĂ©ricain, Joe Biden, prenne le relais.
Pourtant, ils ont tous dit au Jerusalem Post que la RĂ©publique islamique finirait par trouver un moment pour venger l’Ă©limination du chef de la Force Qods du Corps des gardiens de la rĂ©volution islamique, Qasem Soleimani, il y a exactement un an.
L’ancien directeur du Mossad Shabtai Shavit a dĂ©clarĂ© au Post que « la patience des Iraniens est sans fin ».
Shavit a dĂ©clarĂ© que l’Ă©limination de Soleimani en janvier 2020 ainsi que l’Ă©limination du chef du programme nuclĂ©aire militaire iranien Mohsen Fakhrizadeh en novembre Ă©taient « un double coup contre son activitĂ© militaire au Moyen-Orient » dont il ne s’est pas remis.
Le chef du Mossad de 1989 Ă 1996 a dĂ©clarĂ© qu’Esmail Ghaani qui a remplacĂ© Soleimani « n’est mĂŞme pas proche des mĂŞmes capacitĂ©s, importance et capacitĂ© de gestion ».
Alors que Shavit a dĂ©clarĂ© qu’il y avait un dĂ©bat en cours sur la question de savoir si les meurtres avaient du sens, il a dĂ©clarĂ© que dans les affaires Soleimani et Fakrizadeh, il n’y avait aucun doute.
« Certains disent qu’ils ne sont pas utiles parce que l’un va et le suivant s’aligne et le remplace … « , a dĂ©clarĂ© l’ancien espion.
Concernant les reprĂ©sailles, Shavit a dĂ©clarĂ© que mĂŞme si TĂ©hĂ©ran n’a pas rĂ©ussi jusqu’Ă prĂ©sent dans ses reprĂ©sailles (il a tirĂ© des missiles sur des bases amĂ©ricaines et a Ă©chouĂ© dans d’autres tentatives de complot), «nous devons garder Ă l’esprit qu’ils rĂ©pondront. ». Ils attendront l’opportunitĂ© d’attaquer une cible de grande qualitĂ©.  »
Il a donnĂ© l’exemple des attaques de l’Iran et de ses reprĂ©sentants contre l’ambassade d’IsraĂ«l et le Centre communautaire juif d’Argentine en 1992 et 1994.
Lorsqu’on lui a demandĂ© si son exemple signifiait qu’il croyait que l’Iran attaquerait IsraĂ«l ou des cibles juives en dehors de l’État juif, il a rĂ©pondu: «Lorsqu’ils font une opĂ©ration, ils utilisent la stratĂ©gie du dĂ©ni. De cette façon, lĂ©galement personne ne peut les poursuivre en justice, mais publiquement tout le monde sait qu’ils l’ont fait ».
L’ancien directeur du Mossad, Danny Yatom, a dĂ©clarĂ© au Post: « l’Ă©limination [de Soleimani] Ă©tait un une Ă©limination très impressionnant de valeur stratĂ©gique couvrant l’ensemble du champ avec l’Iran. »
Yatom a dit, Soleimani, «Il Ă©tait bien plus que le chef de la Force Qods. C’Ă©tait plus important que le commandant du CGRI qui Ă©tait censĂ© ĂŞtre son commandant. Il Ă©tait très proche du chef suprĂŞme », l’ayatollah Ali Khamenei.
L’ancien chef du Mossad de 1996 Ă 1998 a dĂ©clarĂ© que la mort de Soleimani Ă©tait « un coup dur pour le moral et les opĂ©rations rĂ©elles … la Force Qods continue de lĂ©cher ses blessures ».
Yatom a dĂ©clarĂ© que « depuis que Ghaani a succĂ©dĂ© Ă Soleimani, on a le sentiment que la Force Qods n’est pas encore revenue dans l’Ă©tat dans lequel elle Ă©tait avant l’assassinat et je doute qu’elle puisse revenir ».
«Il y a des rapports selon lesquels l’Iran cherche l’opportunitĂ© d’attaquer une cible israĂ©lienne ou une cible amĂ©ricaine. Je ne dis pas que c’est impossible… mais ils ont attendu une annĂ©e entière et n’ont pas rĂ©ussi Ă venger l’une des personnes les plus importantes d’Iran », a-t-il dĂ©clarĂ©.
Il a expliquĂ© que «cela nous enseigne la faiblesse de la Force Qods et du CGRI aujourd’hui, maintenant qu’ils n’ont pas Soleimani».
Yatom a ajoutĂ© que «mĂŞme sous son commandement [Soleimani], les tentatives d’attaquer directement le territoire israĂ©lien lui-mĂŞme ont Ă©choué», y compris les annĂ©es oĂą il a tentĂ© de crĂ©er une capacitĂ© d’attaquer IsraĂ«l en utilisant des milices chiites du cĂ´tĂ© du Golan syrien.
L’ancien chef du Conseil national de sĂ©curitĂ© et gĂ©nĂ©ral de division (res.) Giora Eiland a dĂ©clarĂ© lors d’un Ă©vĂ©nement virtuel du Jerusalem Press Club que l’Iran n’avait «aucun intĂ©rĂŞt aujourd’hui Ă reprendre une confrontation Ă grande Ă©chelle avec qui que ce soit, surtout pas avec États-Unis dans les deux semaines qui prĂ©cèdent la transition Ă la prĂ©sidence.
« Je ne pense donc pas que quelque chose de dramatique se produira dans les prochains jours ou heures juste parce que c’est l’anniversaire de la mort » de Soleimani, a dĂ©clarĂ© Eiland.
L’ancien chef du Conseil national de sĂ©curitĂ© a poursuivi: « Mais l’Iran estime qu’Ă un moment donnĂ© il devra riposter, sinon contre les Etats-Unis, alors contre IsraĂ«l ou les intĂ©rĂŞts israĂ©liens. »
Comme Shavit, Eiland a mentionnĂ© les mandataires de l’Iran dans le monde, y compris en AmĂ©rique du Sud, qui pourraient attaquer des cibles israĂ©liennes et juives moins dĂ©fendues qu’IsraĂ«l lui-mĂŞme.
Il a ajoutĂ©: «Ils prĂ©fĂ©reraient probablement le faire après que Biden prenne le relais. La victoire est imprĂ©visible », et la RĂ©publique islamique espère pouvoir ramener Biden dans l’accord nuclĂ©aire de 2015 Ă bas prix.
MalgrĂ© les menaces croissantes entourant le premier anniversaire de la mort de Soleimani, il a dĂ©clarĂ© que les deux parties avaient pris des mesures pour rĂ©duire les frictions, telles que le dĂ©placement d’un porte-avions hors de la zone par les États-Unis.
Shavit a acceptĂ©, disant: «Ils n’oublieront pas de riposter. Ce n’est peut-ĂŞtre pas le moment oĂą ils nĂ©gocient avec les AmĂ©ricains … Ils seraient stupides s’ils menaient une attaque [pendant les nĂ©gociations] simplement parce qu’ils en ont une chance. Mais ce sont des gens très intelligents, vous ne pouvez pas les sous-estimer ».
De plus, Shavit a averti que mĂŞme si l’assassinat de Soleimani fonctionnait, cet outil pour combattre les ennemis ne devrait pas ĂŞtre surutilisĂ©.
Il a dĂ©clarĂ© qu’il ne pouvait ĂŞtre utilisĂ© que pour un objectif de très haute qualitĂ© dont la suppression permettrait d’atteindre un objectif important ou qu’il pourrait y avoir un risque qu’IsraĂ«l perde une partie de sa propre Ă©thique et de son humanitĂ©, ainsi que de faire face Ă des critiques croissantes au niveau mondial. .
Eiland a averti qu’IsraĂ«l devait encore faire attention « à un samedi matin nuageux au cours duquel des cibles israĂ©liennes [sur le continent] pourraient ĂŞtre touchĂ©es par des missiles de croisière d’Iran, d’Irak, du YĂ©men ou de missiles balistiques du Hezbollah ».




