« C’est du délire » : un ancien haut responsable du Shin Bet s’oppose à la protection à vie de Sara Netanyahu

Yaron Blum, ancien haut responsable du Shin Bet et ex-coordinateur pour les otages et les personnes disparues, s’en est pris ce jeudi à la décision en préparation concernant la protection de Sara Netanyahu, l’épouse du Premier ministre. Invité de l’émission « Chéva Tesha » sur 103FM, aux côtés d’Anat Davidov et Nissim Mishal, Blum a jugé que la demande d’une sécurité rapprochée à vie n’avait aucune logique institutionnelle. « Une demande de protection à vie, ce n’est pas raisonnable. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne au Shin Bet », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’unité chargée de la protection des personnalités existe pour sécuriser des symboles du pouvoir en exercice, et non pour garantir à l’avance une protection sur une durée illimitée. Blum a été particulièrement virulent sur l’idée de fixer, dès aujourd’hui, une durée de plusieurs décennies. « L’unité de protection des personnalités sécurise des symboles du pouvoir. Décider de protéger quelqu’un pendant 20 ans ? C’est du délire », a-t-il lancé.

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Une charge directe contre le chef du Shin Bet

L’ancien cadre du renseignement a ensuite visé nommément le chef actuel du service, David Zini, qu’il accuse d’avoir cédé à des pressions extérieures pour arriver à cette décision. « David Zini n’a pas tenu face aux pressions », a-t-il affirmé, sans préciser dans l’émission qui exerçait ces pressions ni comment le processus de décision s’était déroulé en interne. Blum n’a pas contesté la nécessité de protéger les symboles institutionnels de l’État, mais a clairement rejeté l’idée d’une décision qui reviendrait, selon lui, à accorder une sécurité à vie. Il n’a donné aucun détail supplémentaire sur l’ampleur exacte de la protection envisagée, sa date d’entrée en vigueur ou les conditions qui l’encadreraient.

Cette sortie médiatique s’inscrit dans une affaire plus large qui agite depuis plusieurs jours l’appareil sécuritaire israélien. Selon des informations parallèles, Sara Netanyahu se serait entretenue directement avec David Zini pour lui demander qu’une protection à vie soit fixée pour elle-même et pour ses deux fils, Yaïr et Avner, et ce indépendamment du résultat des prochaines élections. Les professionnels de l’unité 730, l’unité de protection des personnalités du Shin Bet, ont pourtant établi que le niveau de risque pesant sur elle et sur ses enfants n’était pas élevé, une évaluation qui, selon eux, ne justifie pas une protection fixe et continue sur une durée déterminée à l’avance, mais plutôt des ajustements en fonction de l’évolution du niveau de menace. Cette position professionnelle a été transmise à David Zini, qui a choisi de ne pas la signer et de ne pas la soumettre à la commission ministérielle compétente.

D’après des informations rapportées sur Channel 12, le chef du Shin Bet pencherait désormais vers une solution accordant à la famille une protection de longue durée, potentiellement à vie, à rebours de la recommandation de ses propres experts. Une commission consultative, présidée par le colonel de réserve Ronen Cohen — nommé à ce poste par Benjamin Netanyahu lui-même — aurait déjà transmis sa recommandation à la commission ministérielle chargée des affaires du Shin Bet, présidée par le Premier ministre et composée notamment du ministre de la Justice Yariv Lévin, du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, du ministre de la Défense Israël Katz et du ministre de l’Éducation Yoav Kish. Le coût annuel de la protection de la famille est évalué à environ 12 millions de shekels.

L’entourage du Premier ministre justifie cette demande par le contexte de guerre et l’évolution du tableau des menaces, qui imposeraient selon lui de reconsidérer les dispositifs de sécurité existants. Netanyahu chercherait ainsi à élargir les arrangements accordés aux « familles d’anciens Premiers ministres », alors que les enfants des ex-chefs de gouvernement Naftali Bennett et Yaïr Lapid ne bénéficient aujourd’hui d’aucune protection de ce type. Des responsables sécuritaires cités par Channel 12 n’ont pas mâché leurs mots face à ce choix : « Ce n’est pas du délire, c’est la réalité, c’est précisément pour ce moment que Zini a été placé là », ont-ils déclaré, une critique qui vise directement le refus du chef du Shin Bet d’adopter la position de ses propres experts.

À ce stade, aucune décision finale n’a été officiellement entérinée. Le dossier reste entre les mains de la commission ministérielle, qui doit encore se prononcer sur l’ampleur et la durée exactes de la protection accordée à l’épouse du Premier ministre et à ses fils.

Cet article s’appuie sur la déclaration de Yaron Blum rapportée par Srugim, complétée par des éléments factuels sur le dossier de sécurité publiés par Ynet, Walla et Channel 12, afin de replacer ces propos dans leur contexte.

Pour aller plus loin, retrouvez également nos articles sur la nomination de David Zini à la tête du Shin Bet et sur l’épisode de l’intervention du Shin Bet pour exfiltrer Sara Netanyahu de chez son coiffeur.