Twitter a annoncĂ© ce soir qu’il avait suspendu le compte Twitter du prĂ©sident Donald Trump sur une violation rĂ©pĂ©tĂ©e des règles du rĂ©seau dans les tweets qu’il avait publiĂ©s sur les Ă©meutes au Capitol Hill. Le rĂ©seau social a annoncĂ© que le projet de loi est suspendu pendant 12 heures mais restera fermĂ© jusqu’Ă ce que le prĂ©sident supprime les tweets problĂ©matiques. C’est l’action la plus rigide prise par le rĂ©seau contre le prĂ©sident.
De nombreux critiques ont critiquĂ© Twitter ainsi que d’autres rĂ©seaux sociaux pour ne pas avoir pris de position dure face aux messages et tweets du prĂ©sident Trump qui ont souvent Ă©tĂ© offensants et incitatifs Ă l’encontre de personnes ou de populations spĂ©cifiques selon eux.
Mais personne n’a parlĂ© de libertĂ© d’expression dans le cas de Trump ? Et pourtant ce reseau est accusĂ© d’incitation Ă l’antisĂ©mitisme, car en effet, depuis des annĂ©es, Twitter est sommĂ© de s’attaquer aux commentaires antisĂ©mites, haineux et qui relèvent du harcèlement qui sont frĂ©quemment formulĂ©s sur la plateforme. Une Ă©tude rĂ©alisĂ©e l’annĂ©e dernière par le Network Contagion Research Institute a rĂ©vĂ©lĂ© que les tropes antisĂ©mites avaient tendance Ă atteindre leur apogĂ©e en ligne lors de moments de tension aux États-Unis, notamment avant la fusillade de 2018 Ă la synagogue Tree of Life de Pittsburgh.
En octobre, Twitter a annoncé qu’il interdirait le négationnisme sur sa plateforme en même temps que Facebook annonçait la même chose. L’interdiction était, pour Twitter, une tentative de réprimer la haine sur sa plateforme à l’approche de l’élection présidentielle de 2020, mais les critiques ont accusé Twitter de ne pas en faire assez pour interdire l’antisémitisme, allant même jusqu’à provoquer un boycott de 48 heures par un groupe de célébrités britanniques.
Concernant la censure de Trump, quelques heures plus tĂ´t, YouTube, Facebook et Twitter avaient supprimĂ© une vidĂ©o de 62 secondes de Trump après avoir appelĂ© les Ă©meutiers qui avaient pris d’assaut le Capitole amĂ©ricain à « rentrer chez eux », mais avaient Ă©galement rĂ©itĂ©rĂ© les allĂ©gations selon lesquelles l’Ă©lection avait Ă©tĂ© falsifiĂ©e et « volĂ©e ».
Twitter a supprimé deux autres tweets du compte du président, dans lesquels Trump a attaqué le vice-président Mike Pence et a qualifié les émeutiers du Capitole de «grands patriotes».
Au dĂ©but, Facebook a seulement ajoutĂ© une Ă©tiquette Ă la publication qui dirigeait les utilisateurs vers des sources d’information faisant autoritĂ© sur l’Ă©lection et a ajoutĂ© une lĂ©gende indiquant que « les États-Unis ont des lois, des procĂ©dures et des institutions Ă©tablies pour assurer la crĂ©dibilitĂ© de notre campagne Ă©lectorale. »
« C’est une urgence et nous prenons des mesures d’urgence appropriĂ©es, y compris la suppression de la vidĂ©o du prĂ©sident Trump », a tweetĂ© le directeur de l’Ă©quitĂ© de Facebook, Guy Rosen. « Nous l’avons supprimĂ© car nous pensons qu’il contribue et ne rĂ©duit pas le risque de violence continue. »
Twitter, en revanche, Ă©tait plus rapide au dĂ©but. En quelques minutes, les autres utilisateurs du rĂ©seau ont Ă©tĂ© empĂŞchĂ©s de rĂ©pondre, d’aimer ou de retweeter. L’entreprise a notĂ© en bas du score qu’il y avait un «risque de violence». Mais mĂŞme Twitter n’a supprimĂ© la vidĂ©o qu’après des heures, ni suspendu son compte Twitter, malgrĂ© les appels Ă l’action d’individus et de groupes qui ont dĂ©clarĂ© que le prĂ©sident utilise la plate-forme de mĂ©dias sociaux pour inciter Ă la violence. Ce n’est que plus tard que la direction de la chaĂ®ne a changĂ© sa position et, comme indiquĂ©, et l’a supprimĂ©e.
Pour rappel, depuis le lancement du compte Antisemitism Cow qui a attiré plus de 23 000 abonnés en mettant en avant les comptes qu’il jugeait antisémites. Les abonnés ont souvent taggué le compte en réponse à des tweets qu’ils jugeaient antisémites afin que Antisemitism Cow puisse les dénoncer.
Antisemitism Cow a été désactivé en novembre et a qualifié dans une interview Twitter de « système qui, par définition, crée une dynamique empoisonnée entre les gens ».






