L’organisation reprĂ©sentant la communautĂ© juive britannique suspend ses liens avec le Congrès juif europĂ©en en raison d’accusations non prĂ©cisĂ©es d' »inconduite » contre Yaakov Dov Bleich, le grand rabbin d’Ukraine.
La principale organisation reprĂ©sentant la communautĂ© juive britannique a suspendu ses liens avec le Congrès juif europĂ©en en raison d’allĂ©gations « d’inconduite » non prĂ©cisĂ©es contre le trĂ©sorier du Congrès Yaakov Dov Bleich, un grand rabbin d’ Ukraine .
Le British Jewish Board of Deputies a annoncĂ© cette dĂ©cision sur Twitter le 31 mai sans nommer Bleich. Dans le tweet, le groupe a dĂ©clarĂ© que l’EJC n’avait pas rĂ©pondu de manière satisfaisante aux « allĂ©gations d’inconduite », dont la nature exacte n’a pas Ă©tĂ© rapportĂ©e dans les mĂ©dias ni prĂ©cisĂ©e par le Conseil.
Bleich, qui est apparu dans la couverture médiatique de la guerre en Ukraine , a nié toutes les accusations portées contre lui, a rapporté Haaretz mardi .
« N’importe qui dans la vie publique, au cours de cinq ou six ans, va apporter des changements, surtout Ă mon âge oĂą je suis moins actif », a dĂ©clarĂ© Bleich Ă Haaretz. « S’ils trouvent quelque chose de concret, très bien, mais tous ceux qui ont enquĂŞtĂ© ont dit qu’il n’y avait rien de concret derrière ces accusations. »
Le rapport Haaretz Ă©tait basĂ© sur une correspondance entre le prĂ©sident par intĂ©rim de l’EJC, Ariel Muzicant, et Marie van der Zyl, la prĂ©sidente du conseil d’administration. Ces e-mails, obtenus par la Jewish Telegraphic Agency, ne nomment pas directement Bleich comme accusĂ© et ne prĂ©cisent pas la nature des allĂ©gations.
Le Jerusalem Post a rapportĂ© le 2 juin que le Board of Deputies britannique avait donnĂ© suite aux allĂ©gations d’abus sexuels, Ă©galement sans nommer Bleich. Sur les rĂ©seaux sociaux, des rapports ont tourbillonnĂ© avant et après l’annonce du conseil allĂ©guant une inconduite sexuelle de Bleich, un citoyen amĂ©ricain qui vit principalement Ă Monsey, New York.
Bleich a dĂ©clarĂ© Ă Haaretz que les allĂ©gations d’inconduite faisaient partie d’une campagne de diffamation contre lui par des membres de la dynastie hassidique Karlin-Stolin, Ă laquelle Bleich Ă©tait affiliĂ©. Le journal israĂ©lien a dĂ©clarĂ© qu’il s’Ă©tait brouillĂ© avec le mouvement et qu’il avait un diffĂ©rend immobilier avec lui.
Un autre e-mail obtenu par JTA, de Jonathan Arkush, ancien prĂ©sident du Board of Deputies, nomme Bleich comme la raison de la suspension des liens du board avec l’EJC.
« L’action correcte aurait Ă©tĂ© de suspendre [sic] Bleich immĂ©diatement s’il n’acceptait pas de se retirer et d’examiner ensuite toute reprĂ©sentation de sa part contre les preuves », a Ă©crit Arkush au prĂ©sident de l’EJC Muzicant le 1er juin. Dans l’e-mail, Arkush a dĂ©clarĂ© qu’il soutenait la suspension des liens du conseil d’administration avec l’EJC, citant comment « des sujets de prĂ©occupation circulant publiquement » donnent l’impression que l’EJC ignore le problème.
L’e-mail d’Arkush Ă©tait en rĂ©ponse Ă un prĂ©cĂ©dent e-mail envoyĂ© par Muzicant Ă van der Zyl, qui avait demandĂ© Ă Muzicant de « mener une enquĂŞte interne sur ces graves allĂ©gations contre un responsable » de l’EJC. Van der Zyl a menacĂ© de rendre l’affaire publique.
Muzicant a rĂ©pondu que son groupe avait en effet enquĂŞtĂ© sur les allĂ©gations, affirmant que « les rendre publiques est irresponsable ». (Muzicant a Ă©tĂ© nommĂ© prĂ©sident par intĂ©rim de l’EJC dĂ©but mai après la dĂ©mission du prĂ©sident prĂ©cĂ©dent, Moshe Kantor, après avoir Ă©tĂ© sanctionnĂ© au Royaume-Uni pour ses liens avec la Russie.)
« L’enquĂŞte que nous avons pu mener jusqu’Ă prĂ©sent montre qu’il n’y a pas de victimes ou de tĂ©moins de première main qui se sont rendus Ă la police ou aux tribunaux », a-t-il Ă©crit. « Les accusations sont dramatiques, mais elles sont de deuxième et troisième partie (ouĂŻ-dire !) et datent de trois ans. »
Les tentatives de JTA ces dernières semaines pour contacter les dénonciateurs ont été infructueuses.
Contacté par JTA, Bleich a refusé de commenter le différend. Le Board of Deputies britannique a également refusé de commenter.
Le scandale n’est pas le seul qui se dĂ©roule en Europe en ce moment Ă propos du traitement des plaintes contre des dirigeants juifs. Le judaĂŻsme libĂ©ral ou rĂ©formĂ© en Allemagne est Ă©galement Ă©branlĂ© par les accusations contre le rabbin Walter Homolka, fondateur et recteur du Collège Abraham Geiger, d’une Ă©cole rabbinique .




