L’Europe brûle : ‘la situation la plus difficile’ depuis la Seconde Guerre mondiale »

Les vagues de chaleur intenses continuent de frapper l’Europe : alors que les températures atteignent des sommets, de nombreux pays signalent des incendies destructeurs et une pression considérable sur leurs infrastructures. Les données préoccupantes publiées par l’Union européenne soulignent que l’Europe continue de détenir le titre peu enviable de continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde.

L’Italie traverse le pic de sa quatrième vague de chaleur de l’été, le ministère local de la Santé ayant déclaré l’état d’urgence dans 25 grandes villes. Les températures ont dépassé les 40 degrés dans de vastes portions du pays, et la province de Terni, dans le centre de l’Italie, a enregistré 41 degrés. Les météorologues pointent la combinaison d’un anticyclone africain et du réchauffement des eaux de la Méditerranée (atteignant 30 degrés) comme facteurs centraux de cette situation, mettant en garde contre des « nuits super-tropicales » durant lesquelles les températures ne descendent pas sous les 25 degrés. En raison des conditions sèches et de la chaleur, une vigilance renforcée contre les incendies a été déclarée en Sicile et en Émilie-Romagne, accompagnée d’alertes jaunes pour de fortes pluies et des orages.

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Des incendies géants continuent de faire rage

Parallèlement à la vague de chaleur, la situation devient particulièrement tragique en Grèce, après que deux pilotes ont perdu la vie hier dans un accident aérien alors qu’ils luttaient contre les incendies. Le pays continue de lutter contre les flammes qui se propagent, la situation ayant été aggravée par cette collision entre deux hélicoptères bombardiers d’eau. Selon des informations en provenance de Grèce, le feu, qui progresse à environ 70 kilomètres d’Athènes, contraint de nombreux habitants à évacuer et cause d’importants dégâts matériels.

En France et en Espagne, des dizaines de milliers d’hectares brûlés ont été signalés, touchant notamment des vignobles réputés de la région de Bordeaux. Un phénomène rare et dangereux, celui des « nuages de feu » (pyrocumulonimbus), a également été observé — un type de nuage d’orage qui se forme sous l’effet d’une chaleur extrême, aspirant vapeur d’eau et cendres en altitude, et générant des vents et tourbillons violents qui aggravent l’incendie. Ce nuage peut produire des éclairs accompagnés de très peu de pluie, ce qui déclenche de nouveaux incendies aux alentours. Plus de 300 000 habitants ont été évacués de leur domicile à travers le continent, et le président français Emmanuel Macron a qualifié cet épisode d’incendies de situation d’urgence la plus grave que le pays ait connue depuis la Seconde Guerre mondiale.

Au Royaume-Uni également, une alerte canicule de niveau intermédiaire (orange) a été déclenchée dans plusieurs zones, dont Londres, où les températures dans la capitale devraient atteindre 33 degrés, avec la crainte d’une cinquième vague de chaleur consécutive. En parallèle, la Hongrie a connu un événement sans précédent : son unique centrale nucléaire a dû interrompre son activité pour la première fois en quarante ans, en raison de l’assèchement du Danube et du manque d’eau pour refroidir les réacteurs. Dans le cadre de cet état d’urgence, la Hongrie appelle les foyers à limiter leur consommation d’électricité face au niveau extrêmement bas des eaux du Danube — une situation qui rend le pays de plus en plus dépendant des importations en provenance de ses voisins européens.