Les ménages et les entreprises en Italie paient l’électricité à des prix environ 30 % supérieurs à la moyenne européenne. L’une des raisons tient à la forte dépendance du pays au gaz et aux combustibles importés, qui servent encore à produire environ la moitié de l’électricité du pays.
Deux crises énergétiques en moins de cinq ans ont conduit de nombreux pays européens à réexaminer leur politique. Giorgia Meloni, qui présente le retour de l’énergie nucléaire comme une « grande vision » et un moyen de produire une électricité bon marché, locale et faiblement émettrice, entend s’appuyer sur des petits réacteurs modulaires de nouvelle génération.
En juin, la chambre basse du Parlement a approuvé une loi-cadre permettant au gouvernement de commencer à élaborer les règles de production d’électricité nucléaire au moyen de petits réacteurs. Selon les informations, après l’adoption de la loi au Sénat, le gouvernement disposera de 12 mois pour mettre en place un organisme régulateur, fixer les procédures de traitement des déchets et permettre ensuite le dépôt de projets et l’obtention de licences.
Les opposants mettent en garde contre un pari coûteux
Tout le monde n’est pas convaincu que le nucléaire soit la réponse. Des militants pour le climat et des entreprises du secteur des énergies renouvelables affirment que l’accent mis sur de nouveaux réacteurs détourne l’attention des solutions plus rapides et moins coûteuses, comme l’énergie solaire et éolienne. Une partie des réacteurs modulaires promus par le gouvernement n’ont pas encore fait leurs preuves sur le plan commercial, et leur construction pourrait s’étaler sur des années.
La fédération patronale italienne a elle aussi mis en garde : les entreprises ne peuvent pas attendre une décennie la construction de nouveaux réacteurs. La fédération demande au gouvernement d’approuver rapidement des projets d’énergies renouvelables, afin d’apporter un soulagement immédiat aux usines confrontées à de lourds coûts d’électricité.
Environ 130 gigawatts de projets solaires et éoliens proposés attendent encore leur autorisation. L’entreprise RWE affirme que le parc éolien prévu près d’Orvieto, d’une puissance de 42 mégawatts, pourra alimenter environ 40 000 foyers sans porter atteinte au centre historique de la ville.
L’opinion publique semble évoluer
Il semble aujourd’hui que l’opinion publique change. Un sondage réalisé en juin a révélé que 57 % des Italiens soutiennent la tentative de Meloni de faire revenir le nucléaire, contre 31 % qui s’y opposent. Cependant, même les partisans du projet reconnaissent que ce soutien pourrait s’effriter au moment où le gouvernement devra choisir précisément où seront implantés les réacteurs.
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