Un rapport spĂ©cial rĂ©digĂ© par le Dr Nir Levitan en collaboration avec le chercheur Tal Bari du Centre d’Alma pour l’Ă©tude des dĂ©fis de sĂ©curitĂ© dans le secteur nord, brosse un tableau fascinant de la capacitĂ© de l’Iran Ă franchir presque toutes les frontières possibles, et il analyse la nature et la portĂ©e des activitĂ©s de l’Iran en Europe.Â
Aujourd’hui dĂ©jĂ , avant l’entrĂ©e des gros sous, et devant les pouvoirs de lever les sanctions contre TĂ©hĂ©ran, les auteurs du rapport estiment qu’il existe dĂ©jĂ en Europe une activitĂ© importante de l’axe chiite radical dirigĂ© par l’Iran. Les infrastructures telles que les associations et les centres religieux, constituent une plate-forme potentielle d’activitĂ©s terroristes sur le sol europĂ©en.
« L’Iran mène ses activitĂ©s comme une seule communautĂ© transfrontalière Ă laquelle appartiennent les chiites qui soutiennent son idĂ©ologie radicale, prĂ©cisent les auteurs du rapport. Son public cible est les chiites en gĂ©nĂ©ral et parfois mĂŞme les sunnites identifiĂ©s comme potentiels d’influence ». Cela fait rĂ©fĂ©rence Ă tous les alliĂ©s et mandataires de l’Iran qui prĂ´nent et aspirent Ă mettre en Ĺ“uvre l’exportation de la rĂ©volution islamique chiite radicale dans le monde. Il semble que toutes les activitĂ©s soient menĂ©es sous une grande organisation faĂ®tière appelĂ©e Bayt Ahlul, qui a Ă©tĂ© créée par le chef suprĂŞme de l’Iran, Khamenei, en 1990.
Non seulement l’Europe est au centre du rapport, mais aussi les pays scandinaves. Selon les auteurs du rapport, l’activitĂ© iranienne dans les pays scandinaves peut ĂŞtre divisĂ©e en quatre directions principales : espionnage et utilisation d’Ă©quipements de recherche pour des projets militaires, activitĂ© hostile, un mĂ©canisme de collecte de fonds et de recrutement de bĂ©nĂ©voles et de centres religieux. « Ces dernières annĂ©es, le mĂ©canisme d’opĂ©ration de l’Iran dans les pays europĂ©ens, y compris les pays scandinaves, s’est accru et reposait sur le rĂ©seau ramifiĂ© des services de renseignement iraniens », estiment les auteurs du rapport.
Le rapport spĂ©cial actuel dĂ©taille la nature et l’histoire des activitĂ©s des Iraniens et du Hezbollah dans les pays scandinaves, et dĂ©taille la manière dont les autoritĂ©s locales les traitent. Dans les annĂ©es Ă venir, les services de sĂ©curitĂ© de ces pays devraient augmenter l’application de l’espionnage et des activitĂ©s terroristes de l’Iran et de ses affiliĂ©s, et les chercheurs estiment que cette action nĂ©cessitera des collaborations externes .
Parallèlement, ils opèrent Ă©galement en ciblant les Iraniens vivant en Suède pour des activitĂ©s d’espionnage. Ils reçoivent entre autres une formation sur les mĂ©thodes d’espionnage et de collecte d’informations auprès d’agents dangereux opĂ©rant sous couverture diplomatique en Suède.Â
Les auteurs du rapport du Centre Alma donnent un exemple fascinant de la manière dont la Suède a rĂ©cemment poursuivi deux frères irano-suĂ©dois Kia Fayman et Kia Fayam arrĂŞtĂ©s en 2021 pour espionnage au profit des services de renseignement iraniens. en Iran et arrivĂ©s en Suède alors qu’ils Ă©taient enfants en 1994, sont accusĂ©s d’activitĂ© d’espionnage de mars 2011 jusqu’Ă leur arrestation en septembre et novembre 2021. Aujourd’hui, les deux sont dĂ©tenus en isolement strict Ă la prison de Kronoberg.
Un autre pays oĂą l’activitĂ© d’espionnage de l’Iran a Ă©tĂ© publiĂ©e est la Norvège. Un ancien professeur de l’UniversitĂ© norvĂ©gienne des sciences et technologies, dont l’identitĂ© n’a pas Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e, a Ă©tĂ© accusĂ© d’avoir invitĂ© quatre citoyens iraniens en tant que chercheurs invitĂ©s, sans en informer l’administration de l’universitĂ©. Selon l’acte d’accusation dĂ©posĂ© en Norvège, le professeur, d’origine iranienne et de nationalitĂ© allemande, s’est assurĂ© que les chercheurs iraniens en visite avaient accès aux laboratoires oĂą, entre autres, le microscope Ă©lectronique a Ă©tĂ© trouvĂ©, qui figure sur une liste de Ă©quipements et matĂ©riels dont l’exportation vers l’Iran est interdite en raison des sanctions.





