Le Conseil des ministres des Affaires Ă©trangères de l’Union europĂ©enne a reportĂ© aujourd’hui (lundi) le vote sur le paquet de sanctions contre IsraĂ«l, juste avant le dĂ©part en pause estivale. Ce report a Ă©tĂ© obtenu grâce Ă un effort important menĂ© par le ministère des Affaires Ă©trangères, sous la direction du ministre Gideon Saar, par les ambassades d’IsraĂ«l en Europe et par l’ambassade d’IsraĂ«l auprès de l’Union europĂ©enne, dirigĂ©e par l’ambassadeur Avi Nir Feldklein.
Trois options figuraient sur la table des ministres des Affaires Ă©trangères pour l’imposition de sanctions commerciales visant les localitĂ©s de JudĂ©e-Samarie, aux cĂ´tĂ©s d’une proposition distincte de sanctions contre des colons pris individuellement. La première prĂ©voyait un mĂ©canisme de licence obligeant les produits fabriquĂ©s en JudĂ©e-Samarie Ă obtenir une autorisation spĂ©ciale pour ĂŞtre vendus dans les 27 pays de l’Union. La deuxième consistait Ă retirer les avantages douaniers actuellement accordĂ©s aux produits israĂ©liens dans le cadre de l’accord d’association entre IsraĂ«l et l’Union europĂ©enne, pour ce qui concerne les produits fabriquĂ©s au-delĂ de la ligne verte. La troisième, la plus radicale de toutes, prĂ©voyait une interdiction gĂ©nĂ©rale d’importation des produits fabriquĂ©s en JudĂ©e-Samarie.
En IsraĂ«l, on craignait que cette mesure ne se limite pas Ă une atteinte ponctuelle au commerce, mais serve de prĂ©cĂ©dent permettant aux autoritĂ©s douanières europĂ©ennes – principal partenaire commercial d’IsraĂ«l – de durcir considĂ©rablement les contrĂ´les sur l’ensemble des exportations israĂ©liennes.
Des divergences internes au sein de l’Union
Le dĂ©pĂ´t du dossier de sanctions par la Commission europĂ©enne avait Ă©tĂ© poussĂ© par des pays comme l’Irlande, l’Espagne, la France, les Pays-Bas et la Suède, sous l’impulsion de la haute reprĂ©sentante pour la politique Ă©trangère, Kaja Kallas – dont le ministre Saar avait rĂ©cemment annoncĂ© la rupture des contacts en raison de ses positions.
Lorsque Kallas a compris qu’elle ne disposait pas d’une majoritĂ© pour faire adopter cette mesure, elle a dĂ©cidĂ© de transfĂ©rer la poursuite des discussions au niveau des ambassadeurs des États membres, dans l’objectif de la reprĂ©senter lors de l’une des prochaines rĂ©unions. Le blocage de la mesure aujourd’hui a Ă©galement Ă©tĂ© rendu possible par le fait que la proposition n’avait Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e que le matin mĂŞme, et des pays amis d’IsraĂ«l ont fait valoir qu’il n’Ă©tait pas possible de voter sur un document aussi complexe sans examen prĂ©alable au niveau technique.
Le ministre des Affaires Ă©trangères Saar : la tentative d’imposer des sanctions a Ă©chouĂ©
« La nouvelle tentative de Kaja Kallas d’imposer des sanctions contre IsraĂ«l a Ă©chouĂ© aujourd’hui aussi au Conseil des ministres des Affaires Ă©trangères de l’Union europĂ©enne. Il n’y avait pas de consensus. Il n’y avait pas de majoritĂ© relative. En vĂ©ritĂ©, il n’y avait aucune majoritĂ© du tout », a Ă©crit ce soir (lundi) le ministre des Affaires Ă©trangères Saar.
« Mais Kallas a dĂ©cidĂ© de poursuivre sa campagne obsessionnelle contre IsraĂ«l et de transfĂ©rer la discussion au forum des ambassadeurs (le Coreper) pour tenter de continuer la campagne et trouver un nouveau moyen de contourner les règles. Les relations entre IsraĂ«l et l’Europe devraient reposer sur le dialogue et l’Ă©quitĂ©. Ce genre de manĹ“uvres ne sert pas la rĂ©alisation de nos intĂ©rĂŞts communs », a ajoutĂ© le ministre des Affaires Ă©trangères.
Ce blocage a Ă©tĂ© obtenu Ă la suite d’une sĂ©rie de discussions intensives menĂ©es par Saar avec des ministres des Affaires Ă©trangères europĂ©ens, dont une rencontre prolongĂ©e en IsraĂ«l avec le ministre allemand des Affaires Ă©trangères et avec la commissaire de l’Union pour la MĂ©diterranĂ©e, Dubravka Ĺ uica. Par ailleurs, le ministre tchèque des Affaires Ă©trangères, Petr Mecinka, a dĂ©clarĂ© publiquement, après sa rencontre avec Saar, que son pays s’opposerait aux sanctions.
La prochaine rĂ©union des ministres des Affaires Ă©trangères n’aura lieu qu’après la pause estivale, vers le mois d’octobre – une pĂ©riode très proche de la date des Ă©lections en IsraĂ«l. Dans les cercles politiques, on estime que les pays amis continueront de s’opposer Ă toute initiative durant cette pĂ©riode afin d’Ă©viter toute ingĂ©rence dans les Ă©lections israĂ©liennes, tout en avertissant que la composition du prochain gouvernement influencera directement la capacitĂ© Ă continuer de bloquer de futures sanctions au sein de l’Union.
Pour approfondir ce sujet, retrouvez notre article sur la fermeture du consulat de France Ă JĂ©rusalem, dĂ©cidĂ©e par IsraĂ«l en rĂ©ponse aux pressions diplomatiques françaises, ainsi que notre article sur les sanctions ciblĂ©es qu’IsraĂ«l prĂ©pare contre les dirigeants de l’AutoritĂ© palestinienne.






