La menace de dĂ©mission de Galant pourrait conduire d’autres ministres Ă prendre des mesures similaires plus actives pour ralentir la rĂ©forme.
Qui va intervenir et sortir Israël de la boucle autodestructrice dans laquelle il est entré est une question que de nombreux Israéliens se sont posée au cours des dernières semaines.
Qui Ă©mergera comme le proverbial « adulte dans la salle » qui prendra la mesure responsable pour empĂŞcher le plan de refonte judiciaire de nuire davantage Ă la solidaritĂ©, Ă la sĂ©curitĂ© et Ă l’Ă©conomie du pays ?
Beaucoup pensaient initialement que le Premier ministre Benjamin Netanyahu lui-mĂŞme serait la personne pour remplir ce rĂ´le. Après tout, après les Ă©lections, il a dit Ă tous ceux qui s’inquiĂ©taient de la composition possible de son gouvernement qu’il aurait fermement les deux mains sur le volant.
Il ne laisserait sĂ»rement pas le ministre de la Justice Yariv Levin imposer ses changements dramatiques proposĂ©s malgrĂ© les cris et les protestations de la moitiĂ© du pays. Il interviendrait sĂ»rement pour modĂ©rer le plan avant que les entreprises de haute technologie ne retirent de l’argent du pays et avant que les pilotes de rĂ©serve ne cessent de se prĂ©senter pour la formation hebdomadaire.
Pourtant, il ne l’a pas fait.
Il est certain que le chef du Parti de l’unitĂ© nationale, Benny Gantz, qui a menĂ© une prĂ©cĂ©dente campagne Ă©lectorale autour du slogan « IsraĂ«l avant tout », interviendrait et nĂ©gocierait avec la coalition sur les rĂ©formes. Il le ferait sĂ»rement – mĂŞme s’il Ă©tait fustigĂ© par d’autres membres de l’opposition – pour sauver le pays du traumatisme des « journĂ©es nationales de perturbation » et des altercations entre les manifestants et ceux qui s’y opposent.
Pourtant, il ne l’a pas fait.
AssurĂ©ment, alors, le prĂ©sident Isaac Herzog , qui a dit Ă la nation que la situation actuelle l’empĂŞchait de dormir la nuit, serait en mesure de trouver un compromis qui mettrait comme par magie ce diffĂ©rend traumatisant dans le rĂ©troviseur de la nation et permettrait au pays de porter sur les affaires comme d’habitude.
Pourtant, il ne l’a pas fait. Il a essayĂ© d’aborder un compromis que tous accepteraient, mais il a Ă©chouĂ©.
Alors qui reste-t-il ?
Vers qui la nation doit-elle tourner ses yeux d’expectative ? Qui va sortir IsraĂ«l de ce gâchis actuel ? Certains dĂ©putĂ©s vĂ©tĂ©rans du Likud pourraient-ils menacer de ne pas voter pour la rĂ©forme afin de l’Ă©touffer ? Peut-ĂŞtre les dĂ©putĂ©s Yuli Edelstein, Danny Danon ou David Bitan ? Ou peut-ĂŞtre les ministres Avi Dichter, Nir Barkat, Gila Gamliel ou Yisrael Katz ?
Le potentiel de changement du ministre de la Défense Yoav Gallant
Dites bonjour au ministre de la Défense Yoav Gallant.
Dimanche, les mĂ©dias ont rapportĂ© que Netanyahu avait dĂ©clarĂ© Ă son cabinet que Gallant avait menacĂ© de dĂ©missionner si la rĂ©forme n’Ă©tait pas assouplie. Selon ces rapports, Gallant a averti Netanyahu au cours des dernières semaines que les menaces des rĂ©servistes – des pilotes aux parachutistes – de ne pas se prĂ©senter pour leur service de rĂ©serve pourraient gravement nuire aux capacitĂ©s opĂ©rationnelles de l’armĂ©e. Il a indiquĂ© qu’il dĂ©missionnerait plutĂ´t que de superviser la rupture de l’armĂ©e.
Il a Ă©voquĂ© lundi soir l’impact de la rĂ©ticence des rĂ©servistes Ă se prĂ©senter pour le service de rĂ©serve, dĂ©clarant : « Les appels Ă l’insubordination sont dangereux et le phĂ©nomène d’insubordination gĂ©nĂ©ralisĂ©e peut nuire Ă la capacitĂ© de Tsahal Ă mener Ă bien ses missions ».
Que Gallant soit celui qui a menacĂ© Netanyahu de calmer les choses a surpris certains qui pensaient qu’il ne serait pas le premier Ă mener une opposition vocale au plan au sein du Likud parce qu’il ne voudrait pas compromettre son auguste position.
La semaine dernière, apparemment en signe de mĂ©contentement face aux rĂ©formes et Ă la manière dont elles Ă©taient adoptĂ©es, le prĂ©sident de la commission des affaires Ă©trangères et de la dĂ©fense de la Knesset, Yuli Edelstein, ne s’est pas prĂ©sentĂ© au vote en première lecture de la clause dĂ©rogatoire de la Knesset et de la lĂ©gislation empĂŞchant la suspension du Premier ministre pour autre chose que l’incapacitĂ© physique ou mentale. Edelstein, cependant, pouvait franchir une telle Ă©tape car, ce faisant, il ne risquait pas un poste ministĂ©riel.
Gallant, selon la sagesse conventionnelle, serait plus rĂ©ticent Ă se prononcer ouvertement contre les rĂ©formes ou en faveur de leur ralentissement car il avait beaucoup Ă perdre, comme le font d’autres ministres comme Katz, Dichter, Barkat et Gamliel.
Il a fallu Ă Gallant jusqu’au 5 mars, près de deux mois après que Levin a dĂ©voilĂ© son plan pour la première fois, pour qu’il aborde publiquement la question, affirmant dans une vidĂ©o qu' »IsraĂ«l est confrontĂ© Ă de sĂ©rieux dĂ©fis » et que « tout appel Ă refuser de servir est prĂ©judiciable Ă la La capacitĂ© opĂ©rationnelle de Tsahal Ă mener Ă bien ses missions.
Puis il redevint silencieux.
Entre-temps, cependant, les appels aux rĂ©servistes pour qu’ils restent chez eux n’ont fait qu’augmenter et sont passĂ©s de simples appels Ă des actions concrètes. De plus, Gallant continue de subir des pressions pour prendre position – comme l’ont fait d’autres ministres – de la part de personnes de son cercle social.
Ancien commandant du Shayetet 13, Gallant est allĂ© faire du kayak en MĂ©diterranĂ©e il y a deux semaines et lorsqu’il a Ă©mergĂ© au kibboutz Sdot Yam, il a Ă©tĂ© accueilli par des rĂ©servistes de la marine qui lui ont tournĂ© le dos Ă son passage et ont criĂ© des Ă©pithètes dans sa direction.
La menace de dĂ©mission de Galant pourrait conduire d’autres ministres Ă prendre des mesures similaires plus actives pour ralentir la rĂ©forme. Lundi, il a Ă©tĂ© rapportĂ© que Dichter, l’ancien chef du Shin Bet (Agence de sĂ©curitĂ© israĂ©lienne) qui a Ă©galement Ă©tĂ© la cible de protestations d’anciens collègues, aurait dĂ©clarĂ© lors de la rĂ©union de la faction du Likud que ce n’Ă©tait « pas juste » pour le coalition pour choisir le chef de l’exĂ©cutif, du lĂ©gislatif et du judiciaire.
Et mardi, Brakat, le ministre de l’Economie, a dĂ©clarĂ© qu’il honorerait la dĂ©cision de la Cour suprĂŞme si elle annulait la lĂ©gislation modifiant la manière dont les juges sont sĂ©lectionnĂ©s. Lundi, Levin a dĂ©clarĂ© qu’il n’accepterait pas une telle dĂ©cision du tribunal et que si le tribunal tentait d’intervenir, cela constituerait « le franchissement de toutes les lignes rouges ».
Barkat a dĂ©clarĂ© que bien qu’il soutienne la rĂ©forme « assouplie » concernant la manière dont les juges sont sĂ©lectionnĂ©s, si le tribunal les invalidait, il respecterait cette dĂ©cision et « ne prĂŞterait pas ma voix et mon soutien au chaos dans lequel les citoyens d’IsraĂ«l perdraient confiance dans le le gouvernement et les systèmes judiciaires simultanĂ©ment »,
Depuis que Levin a dĂ©voilĂ© son plan en janvier et dĂ©clenchĂ© des troubles intĂ©rieurs sans prĂ©cĂ©dent, il y a eu des spĂ©culations sur le moment oĂą des voix au sein de la faction du Likud s’Ă©lèveraient pour dire que le gouvernement allait trop loin, trop vite sans le soutien du public. Ces voix commencent Ă se faire entendre trois mois plus tard, et si Ă un moment donnĂ© elles deviennent une masse critique qui obligera la coalition Ă revenir sur la profondeur de la rĂ©forme, alors le tournant pourrait bien avoir eu lieu ce week-end lorsque Gallant a averti Netanyahu des dommages causĂ©s Ă l’armĂ©e et a menacĂ© de dĂ©missionner.





