Lettre des mĂ©caniciens de l’ArmĂ©e de l’Air contre les pilotes : « Nous nous sentons de seconde classe »

 La crise de l’ArmĂ©e de l’Air s’aggrave sur le plan juridique : dans une lettre distribuĂ©e aujourd’hui (mercredi) par des mĂ©caniciens de l’ArmĂ©e de l’Air, ils appellent les pilotes Ă  « demander pardon » aux mĂ©caniciens de l’ArmĂ©e de l’Air et aux commandant de l’armĂ©e de l’air « pour crĂ©er un mĂ©canisme de dissuasion et de punition en vertu duquel les ailes du vol seront retirĂ©es Ă  ceux qui ne veulent pas revenir sur leurs refus et demander  pardon ». Il est Ă  noter qu’en ce qui concerne les meneurs de la contestation des pilotes, il n’y a aucune rĂ©ticence dans leurs actions puisqu’ils se portent volontaires pour le service de rĂ©serve. Mako a appris que les responsables de l’armĂ©e de l’air sont au courant du discours sur le sujet et s’en inquiètent.

Bon nombre des messages qui ressortent de la lettre sont très similaires aux messages qui ont Ă©tĂ© entendus lors d’une conversation tenue par le gĂ©nĂ©ral de division Arel Ă  la radio FM103 avec un auditeur qui s’est identifiĂ© comme un technicien d’avions dans les rĂ©serves et a attaquĂ© la lettre des pilotes contre le plan lĂ©gal. Beaucoup de dĂ©tails Ă©voquĂ©s par l’auditeur ont Ă©tĂ© examinĂ©s et jugĂ©s problĂ©matiques, mais ses propos ont suscitĂ© la sympathie des partisans de la rĂ©forme .

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La personne qui a annoncĂ© qu’il Ă©tait derrière la lettre, est l’ancien pilote de chasse Shay Kalech. « Mon cher frère qui a servi pendant environ 14 ans comme technicien dans l’armĂ©e de l’air m’a demandĂ© de rĂ©diger une lettre au nom de la branche technique et j’ai acceptĂ© avec plaisir », a Ă©crit Kalech sur son compte Twitter , oĂą il est prĂ©cisĂ© qu’il est un membre d’un kibboutz, ancien pilote, converti et entrepreneur social.

Dans la lettre de Kalach, dans laquelle il y a une liste de dizaines de ceux qu’il prĂ©tend ĂŞtre les soldats de la formation technique de l’ArmĂ©e de l’Air (dans les rangs des permanents et des rĂ©servistes), il est Ă©crit, entre autres : Les sĂ©lections pour le cours de pilotage », se rĂ©fĂ©rant aux pilotes. « Mais nous nous sommes toujours sentis de première classe, ensemble pour le bien du peuple et de l’Etat d’IsraĂ«l. »

« Aujourd’hui, après que vous nous ayez fait comprendre que notre voix n’est pas Ă©gale Ă  la vĂ´tre, nous nous sentons dĂ©jĂ  de seconde classe », poursuit Kalach, « nous n’agirons pas aussi rĂ©calcitrants que vous, nous ne nous rebellerons pas… et nous ne laisserons pas la controverse politique entrer dans notre code sacrĂ©, les Forces de dĂ©fense israĂ©liennes. Ne nous expliquez pas votre refus, vous sauvez la dĂ©mocratie et protĂ©gez l’intĂ©gritĂ© du peuple et du pays, car par votre acte, vous avez brĂ»lĂ© notre voix.

La lettre se termine par un appel au commandant de l’armĂ©e de l’air Ă  agir contre ces pilotes et ceux qui ne veulent pas se retirer de ce qui est dĂ©fini comme une « rĂ©ticence ». « Il ne se voit pas revenir et servir avec nous, les soldats de la formation technique de l’armĂ©e de l’air, l’Etat d’IsraĂ«l. »

« Je ne me suis jamais senti de seconde classe »

Lors d’une conversation rĂ©gulière avec des techniciens au cours de la dernière journĂ©e, beaucoup ont dĂ©clarĂ© que les postes dans l’armĂ©e de l’air n’Ă©taient pas nouveaux, mais d’un autre cĂ´tĂ©, presque tous se sont prononcĂ©s contre les prĂ©senter comme de deuxième classe. « Je ne me suis jamais senti comme un soldat de seconde classe devant un pilote. Et si quelqu’un se sent comme ça, il l’a ramenĂ© cette idĂ©e de chez lui ou ne comprend pas l’importance du travail », a dĂ©clarĂ© l’un d’eux lors d’une conversation avec mako.

Tous ont soulignĂ© qu’ils comprenaient parfaitement l’importance et la signification de leur rĂ´le et qu’ils Ă©taient fiers de leur service. « Chaque mamsnik (mĂ©canicien d’avions/hĂ©licoptères) et cinq savent dès le premier jour qu’aucun avion ou pilote ne dĂ©colle sans eux », a dĂ©clarĂ© un autre.

Dans l’armĂ©e de l’air, comme indiquĂ© au dĂ©but de l’article, ils s’inquiètent du discours sur le sujet et craignent qu’il ne nuise Ă  la relation entre les pilotes et le staff technique. Il n’est pas impossible que, comme ce fut le cas en rĂ©ponse Ă  la protestation des pilotes de rĂ©serve, les commandants entament des pourparlers pour Ă©viter que le problème ne se transforme en une autre crise.