Le conseiller militaire senior du guide suprême iranien, le général Yahya Rahim Safavi, a déclaré que des discussions de coordination avaient eu lieu entre l’Iran, l’Azerbaïdjan et la Turquie, au cours desquelles, selon lui, les autorités de Bakou auraient affirmé qu’il n’existait sur leur territoire aucune base militaire américaine ou israélienne. Safavi a ajouté : « Nous avons clairement indiqué que la Turquie et l’Azerbaïdjan ne sont pas des cibles pour nous, mais il ne saurait être question que des attaques soient menées contre l’Iran depuis leur territoire. » Il a également précisé qu’Ankara s’était engagée à ce que la base aérienne d’Incirlik ne soit pas utilisée pour des opérations contre l’Iran.
Cette déclaration, rapportée par le média azerbaïdjanais News.Az, s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre Téhéran et Bakou. Selon les mêmes informations, Safavi a qualifié un incident de drone récent de « provocation manifeste » et a indiqué avoir ordonné une enquête interne en Iran, tout en chargeant le ministère iranien des Affaires étrangères de soulever la question auprès des autorités concernées. Il n’a toutefois donné aucun détail supplémentaire sur cet incident, ni sur sa date exacte, ni sur l’identité des responsables présumés. Ni l’Azerbaïdjan ni la Turquie n’ont, pour leur part, publiquement commenté ces propos.
Une accusation ancienne, mais un contexte particulièrement tendu
Cette sortie iranienne ne surgit pas de nulle part. Depuis plusieurs mois, Téhéran accuse régulièrement Bakou d’avoir transformé son territoire en base arrière pour des opérations israéliennes de renseignement, une accusation que l’Azerbaïdjan dément systématiquement et fermement. Le point culminant de cette controverse est survenu début juin, lorsqu’un rapport de la chaîne américaine CNN, citant quatre sources proches du dossier, a affirmé qu’Israël avait déployé des commandos d’élite et des agents du Mossad dans plusieurs localités du sud de l’Azerbaïdjan, à proximité de la frontière iranienne, dans le point le plus proche à une centaine de kilomètres seulement de la ville iranienne de Tabriz — une cible régulièrement frappée par Israël durant la guerre. Selon ce rapport, ces forces auraient mené des missions de collecte de renseignement et des opérations de drones, offrant à Israël un point d’observation stratégique sur le nord de l’Iran.
Le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères avait immédiatement qualifié ces allégations d’« totalement infondées », exigeant de CNN qu’elle rétracte son reportage. Dans son communiqué, le ministère avait affirmé : « Comme cela a été dit à de nombreuses reprises, les allégations selon lesquelles le territoire de l’Azerbaïdjan aurait été utilisé par un pays tiers à des fins d’opérations militaires, de renseignement ou à d’autres fins hostiles contre un autre État sont totalement infondées. L’Azerbaïdjan n’a jamais permis, et ne permettra jamais, que son territoire soit utilisé à de telles fins. » L’ambassade d’Azerbaïdjan en Israël avait formulé un démenti dans des termes similaires.
Un réseau de positions israéliennes discrètes dans toute la région
Selon le rapport de CNN, les positions présumées en Azerbaïdjan s’inscriraient dans un réseau plus large de postes israéliens discrets déployés à travers la région pendant la guerre contre l’Iran, incluant des sites en Irak, dans les Émirats arabes unis, ainsi qu’une base en Somaliland, dans la Corne de l’Afrique, ayant servi de point d’escale et de ravitaillement potentiel pour les avions de chasse israéliens en route vers des missions de longue distance visant le territoire iranien. Selon certaines sources citées par CNN, l’Azerbaïdjan n’aurait pas nécessairement eu connaissance de l’extension de ces opérations sur son sol, la présence israélienne ayant initialement été conçue comme une simple base de sauvetage pour pilotes abattus et de ravitaillement pour l’aviation israélienne.
Les relations entre Israël et l’Azerbaïdjan, pays à majorité chiite mais laïc, sont anciennes et étroites, notamment sur le plan militaire et énergétique, Bakou fournissant une part importante des importations pétrolières d’Israël. C’est précisément cette proximité qui alimente depuis des années la méfiance de Téhéran à l’égard de son voisin du Caucase, l’Iran redoutant de longue date que l’Azerbaïdjan ne serve de plateforme arrière pour des opérations de renseignement israéliennes dirigées contre son territoire.
Pour prolonger ce sujet, deux articles déjà publiés sur infos-israel.news éclairent le contexte des tensions entre l’Iran, l’Azerbaïdjan et Israël :
- Un couple de rapatriés juifs d’Azerbaïdjan arrêtés pour espionnage au profit de l’Iran, qui illustre les efforts iraniens de recrutement d’agents via la communauté azerbaïdjanaise en Israël.
- Le Mossad dévoile un vaste réseau terroriste iranien de Téhéran à Sydney, qui revient sur un complot iranien déjoué en Azerbaïdjan visant l’ambassade d’Israël à Bakou.






