Une affaire difficile et scandaleuse remue le monde de l’alpinisme international : Muhammad Hassan, un guide d’escalade pakistanais, a Ă©tĂ© laissĂ© pour mort sur le flanc de la deuxième plus haute montagne du monde, tandis que des alpinistes occidentaux ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s en train d’enjamber le moribond sur leur chemin jusqu’au sommet.
Dans une vidĂ©o qui a Ă©tĂ© diffusĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux et qui a suscitĂ© l’indignation des surfeurs, Hassan est vu Ă©tendu dans un Ă©troit col de montagne connu par les alpinistes comme le « goulot d’Ă©tranglement ». Le passage est trop Ă©troit pour accueillir plus d’une personne et on voit au moins un grimpeur enjamber le guide Ă©tendu, qui Ă©tait tombĂ© plus tĂ´t après que sa corde d’escalade se soit cassĂ©e.
Pakistan : des alpinistes enjambent le corps d’un guide local mourant
L’Ă©quipage vu passer près de l’inconscient Hasan Ă©tait l’Ă©quipage de la cĂ©lèbre alpiniste norvĂ©gienne Christine Harila et a Ă©tĂ© sĂ©vèrement critiquĂ© par d’autres alpinistes pour avoir laissĂ© le malheureux guide Ă son destin dans une course effrĂ©nĂ©e pour battre un record en atteignant le sommet de la montagne.
La personne qui a publiĂ© la documentation, une paire d’alpinistes autrichiens qui ont Ă©galement tentĂ© de se qualifier pour le sommet ce jour-lĂ , a critiquĂ© le comportement de l’Ă©quipe norvĂ©gienne. Philip Flemig et Wilhelm Steindel ont dĂ©cidĂ© d’annuler l’arrivĂ©e au sommet de la montagne en raison des conditions mĂ©tĂ©orologiques et du danger d’avalanches.
« Nous avons vu un gars qui Ă©tait vivant, allongĂ© sur un rebord rocheux dans le » goulot d’Ă©tranglement « . Les gens ont juste marchĂ© de manière insultante sur le chemin du sommet, et il n’y avait pas d’Ă©quipe de secours. J’Ă©tais vraiment choquĂ©, j’Ă©tais triste. J’ai commencĂ© Ă pleurer qu’il venait d’ĂŞtre laissĂ© lĂ et que les gens avançaient vers le sommet. Seul un homme est restait pour essayer de prendre soin de lui tandis que tous les autres se concentraient sur une course turbulente et compĂ©titive pour atteindre le sommet « , a dĂ©clarĂ© Steindel au journal autrichien Der Standard.
Harila, pour sa part, a dĂ©menti l’affirmation selon laquelle le guide pakistanais aurait Ă©tĂ© abandonnĂ© Ă son sort. Dans une interview accordĂ©e Ă la chaĂ®ne d’information britannique BBC, l’alpiniste norvĂ©gienne a dĂ©clarĂ© que des membres de son Ă©quipe avaient tentĂ© d’aider Hassan mais qu’il Ă©tait « impossible » de le faire descendre sur la route d’oĂą ils venaient car elle Ă©tait « encombrĂ©e d’autres alpinistes ».
« Hassan ne faisait pas partie de notre groupe. Je ne l’ai pas vu tomber, mais il n’a pas Ă©tĂ© laissĂ© seul Ă partir du moment oĂą nous avons rĂ©alisĂ© qu’il Ă©tait blessé », a dĂ©clarĂ© l’alpiniste norvĂ©gien, reprochant Ă l’entreprise qui employait Hassan de ne pas lui avoir fourni une bouteille d’oxygène et des vĂŞtements appropriĂ©s. Hassan est parti ce matin-lĂ en mission pour poser des cordes pour les Ă©quipes d’escalade, des tâches qui sont souvent effectuĂ©es dans des conditions extrĂŞmement difficiles, et contrairement aux Ă©quipes d’escalade, sans Ă©quipement adĂ©quat.





