L’ancien chef du Mossad Shabti Shavit est dĂ©cĂ©dĂ© alors qu’il Ă©tait en vacances en Italie

A l’annonce du dĂ©cès de Shavit, le chef du Mossad David (Dadi) Barnea a publiĂ© un message de participation au deuil de la famille et des employĂ©s de l’organisation. « Shabti Shavit, septième chef du Mossad, Ă©tait un pilier du monde des opĂ©rations, du renseignement et de la sĂ©curitĂ© stratĂ©gique de l’État d’IsraĂ«l. »

Barnea a ajoutĂ© : « Après sa retraite, Shavit a continuĂ© Ă  contribuer grandement Ă  la prĂ©servation du patrimoine et des connaissances de l’organisation, et a formĂ© des gĂ©nĂ©rations de chefs et de commandants du Mossad au sein de l’organisation. Shavit a Ă©tĂ© prĂ©sident de l’association des retraitĂ©s du Mossad pendant de nombreuses annĂ©es et a considĂ©rĂ© que c’etait une mission importante. La famille du Mossad s’incline aujourd’hui humblement et avec une grande tristesse pour le dĂ©cès d’un commandant et chef d’une institution courageuse, morale, dĂ©vouĂ©e et respectĂ©e qui a consacrĂ© sa vie Ă  l’État d’IsraĂ«l et au renforcement de sa sĂ©curitĂ©. Que sa mĂ©moire soit bĂ©nie. »

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Le ministre de la DĂ©fense Yoav Galant a dĂ©clarĂ© : « Je suis attristĂ© par le dĂ©cès de Shabti Shavit, l’ancien chef du Mossad, l’un des meilleurs fils de l’État d’IsraĂ«l. En tant que jeune officier de la marine, j’ai eu le privilège de connaitre Shabti et j’ai Ă©tĂ© impressionnĂ© par la profondeur de ses capacitĂ©s et la sophistication qui accompagnaient ses activitĂ©s. Depuis lors, nous nous sommes rencontrĂ©s Ă  plusieurs reprises aux carrefours opĂ©rationnels, Shabti comme d’habitude, toujours posĂ©, calme et Ă©quilibrĂ©.
Le prĂ©sident de l’opposition, le dĂ©putĂ© Yair Lapid, a rendu hommage Ă  Shavit : « Un homme opĂ©rationnel de premier ordre, courageux et dĂ©vouĂ© Ă  l’organisation et au pays. J’adresse mes condolĂ©ances Ă  sa famille et le remercie pour son Ă©norme contribution Ă  l’État d’IsraĂ«l et sa sĂ©curitĂ©. Son hĂ©ritage nous accompagnera pendant de nombreuses annĂ©es Ă  venir.
Le prĂ©sident du camp d’État, le dĂ©putĂ© Benny Gantz, a dĂ©clarĂ© : « Au fil des annĂ©es, depuis mon service en tant que commandant du Sheldag et surtout ces dernières annĂ©es, ma fille a Ă©tĂ© un pilier de sagesse et un exemple d’amour pour le pays. Le sionisme a brĂ»lĂ© en lui, et le dĂ©sir de nous laisser Ă  tous un État fort . L’État d’IsraĂ«l lui doit une grande dette, dont la part ne sera jamais comptĂ©e.
Renforcer les liens avec les pays musulmans.
Shavit est nĂ© en IsraĂ«l en 1939. Dans l’armĂ©e, il a servi dans la patrouille des chefs d’Ă©tat-major interarmĂ©es immĂ©diatement après sa crĂ©ation. Il Ă©tait titulaire d’une licence en orientalisme de l’UniversitĂ© hĂ©braĂŻque de JĂ©rusalem et d’une maĂ®trise en administration publique de l’UniversitĂ© Harvard aux États-Unis. Shavit a rejoint le Mossad en 1964 et a commencĂ© sa carrière dans l’organisation en tant qu’agent de recouvrement pour le « Hatzom » en Iran, plus tard il a Ă©galement travaillĂ© au Kurdistan et a occupĂ© plusieurs postes opĂ©rationnels et de commandement supĂ©rieur. Dans les annĂ©es 1986-1989, il a Ă©tĂ© chef adjoint du Mossad Ă  l’Ă©poque Nahum Admoni.
Le site Internet du Mossad indique que dans son rĂ´le, Shavit a adaptĂ© la structure de l’organisation de tri, son agencement et ses doctrines de combat aux changements et Ă©vĂ©nements historiques importants qui ont eu lieu dans le monde Ă  cette Ă©poque. Ă€ son Ă©poque, l’implication institutionnelle dans les arènes irakienne et iranienne s’est dĂ©veloppĂ©e Ă  la suite de l’invasion du KoweĂŻt par l’Irak et du dĂ©but des efforts de dĂ©veloppement nuclĂ©aire de l’Iran.
Le Mossad a également élargi ses relations avec les pays d’Europe de l’Est après la fin de la guerre froide, ainsi qu’avec la Chine et les pays d’Asie de l’Est.
Dans l’espace rĂ©gional, le Mossad a Ă©largi l’Ă©ventail des liens secrets et a contribuĂ© au processus de paix entre IsraĂ«l et la Jordanie, signĂ© en 1994 avec la participation du Mossad. Suite aux accords d’Oslo, des opportunitĂ©s ont Ă©tĂ© ouvertes pour renforcer les liens avec les pays musulmans de la rĂ©gion et au-delĂ , et le Mossad dirigĂ© par Shavit a dirigĂ© les efforts dans ce domaine.
Dès son entrĂ©e en fonction, la question de la « culture organisationnelle de l’institution » a Ă©tĂ© examinĂ©e en profondeur, en mettant l’accent sur le niveau de valeurs et les questions de ressources humaines. La formulation du « Je crois » (credo) du Mossad et les valeurs de l’organisation ont Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©finies.
Après son service au Mossad, Shavit a Ă©tĂ© nommĂ© PDG de « Maccabi Health Services », puis s’est tournĂ© vers les affaires. Il a en outre Ă©tĂ© pendant de nombreuses annĂ©es conseiller auprès de la sous-commission des services secrets de la commission des affaires Ă©trangères et de la sĂ©curitĂ© de la Knesset. Shavit Ă©tait prĂ©sident de l’association des retraitĂ©s du Mossad.
Ces dernières annĂ©es, il s’est parfois exprimĂ© sur des questions politiques et a Ă©galement rĂ©digĂ© des chroniques d’opinion, dont certaines ont Ă©tĂ© publiĂ©es dans Ynet . En 2015, il avait dĂ©clarĂ© lors d’une confĂ©rence de presse que « Netanyahu mettait en danger la sĂ©curitĂ© d’IsraĂ«l ».
Shavit a ensuite attaquĂ© lors d’une confĂ©rence de presse spĂ©ciale : « Après avoir Ă©tĂ© qualifiĂ© de messie et de traĂ®tre, je ne m’excuserai plus. M. Netanyahu, vous ĂŞtes la tĂŞte de la pyramide et vous ne pouvez pas rejeter la faute sur les autres. L’Ă©chec contre le Hamas et la menace iranienne, vous avez transformĂ© les États-Unis en ennemi. Un leader est une personne prĂŞte Ă  assumer le fardeau de la responsabilitĂ© personnelle plutĂ´t que celui de l’autoritĂ©.
« Pourquoi avez-vous libĂ©rĂ© 1 200 terroristes après des annĂ©es de prĂŞche contre cela ? OĂą est la sĂ©curitĂ© personnelle que vous avez promise aux habitants de la bande de Gaza ? Pourquoi après des dĂ©cennies au Mossad, au cours desquelles j’Ă©tais prĂŞt Ă  sacrifier ma vie, avez-vous fait de moi un ennemi simplement parce que j’essaie de trouver une solution qui mettra IsraĂ«l sur une nouvelle voie ? »
« Village de vacances » destiné au sauvetage des Juifs éthiopiens
Pendant le mandat de Shavit au Mossad, l’organisation a sauvĂ© plus de 16 000 Juifs d’Éthiopie et les a amenĂ©s en IsraĂ«l. Shavit a dĂ©clarĂ© après sa retraite qu’en 1982, alors que le Soudan servait de halte aux Juifs Ă©thiopiens en route vers IsraĂ«l, le personnel du Mossad s’est approchĂ© des Soudanais et a rĂ©ussi Ă  les convaincre qu’ils opĂ©raient dans un « village de villĂ©giature » voisin.
Shavit a rĂ©vĂ©lĂ© dans son discours de 1998 que le complexe avait Ă©tĂ© construit par le Mossad lui-mĂŞme sur le sol soudanais, afin de comparer leurs activitĂ©s lors de l’opĂ©ration de sauvetage. « Le village fonctionnait pratiquement comme un village de vacances et accueillait des plongeurs de tout le Soudan. Les opĂ©rations de sauvetage visaient les jours oĂą le village Ă©tait vide de personnes et d’invitĂ©s », a-t-il dĂ©clarĂ©.
En 2016, Shavit a Ă©crit pour « Yediot Ahronoth » sur les heures prĂ©cĂ©dant Yom Kippour, pĂ©riode pendant laquelle il a servi au Mossad. « Le vendredi 5 octobre 1973, je me suis rendu chez moi juste avant le dĂ©but du sabbat, la veille de Yom Kippour. Dès mon entrĂ©e, j’ai demandĂ© Ă  ma femme de prĂ©parer pour moi le sac Ă  dos militaire, dès le lendemain matin, je partais pour rejoindre la guerre. »
Shavit a ensuite dĂ©clarĂ© : « Ma dĂ©claration Ă©tait basĂ©e sur une masse inhabituelle d’informations provenant de diverses sources du Mossad au cours de la semaine prĂ©cĂ©dant le dĂ©clenchement de la guerre. Aucune de ces informations ne provenait d’Achraf Marwan, le gendre de le dĂ©funt prĂ©sident Ă©gyptien Nasser, et l’une des personnes les plus proches du prĂ©sident de l’Ă©poque, Anouar Sadate. Le samedi 6 octobre, en fin de matinĂ©e, j’Ă©tais en contact une fois par heure avec le chef adjoint du dĂ©partement de collecte Ă  Ă  Amman pour entendre « les courageux » parler de ce qui se passait sur le front.
« A midi, il m’a rapportĂ©, au milieu d’une conversation, que nos observateurs le long du canal de Suez signalaient la rupture des digues en terre du canal avec des tuyaux d’eau sous pression. J’ai demandĂ© quelle Ă©tait l’estimation – et ils ont rĂ©pondu que c’Ă©tait toujours du cĂ´tĂ© Ă©gyptien. Je lui ai dit au revoir et j’ai ajoutĂ© « à après la guerre ». J’ai embrassĂ© ma femme et mes enfants, je suis montĂ© dans la voiture et je me suis rendu Ă  mon unitĂ© et Ă  la guerre dans le secteur syrien.
Il a ajoutĂ© Ă  propos de la guerre du Yom Kippour et de l’omission : « D’après une connaissance personnelle de tous les dĂ©tails des renseignements que le Mossad a fournis Ă  l’AMAN, s’il existe un cas historique qui prouve la vĂ©racitĂ© du dicton « s’il y a de bons renseignements, il n’y en a pas ». La guerre du Yom Kippour en est un exemple. L’Ă©valuation pĂ©riodique des sources du Mossad a Ă©tĂ© effectuĂ©e par les agents de recherche de l’AMAN. Le Mossad a distribuĂ© Ă  l’AMAN toutes les informations qu’il avait recueillies. D’autre part, l’AMAN a distribuĂ© de manière sĂ©lective les rĂ©sultats de ses recherches et Ă©valuations Ă  l’institution. »
 
Il y a environ un an, Shavit a publiĂ© un article dans Ynet et Yedioth Ahronoth sur la situation politique. Il Ă©crivait entre autres choses dans une chronique de l’Ă©poque : « La terre est l’objet du conflit. C’est un morceau de terre qui Ă©tait le nĂ´tre et dont nous avons Ă©tĂ© expulsĂ©s lors de la destruction du Second Temple. Le peuple juif a survĂ©cu le temps jusqu’Ă  la crĂ©ation de l’État d’IsraĂ«l en 1948, mĂŞme sans territoire – pour vous apprendre que dans notre cas, la terre n’est pas une condition nĂ©cessaire Ă  notre existence en tant que peuple.
« Quant aux limites de la promesse divine, dans l’« Alliance entre les Batirs », il est dit : « Ce jour-lĂ , mon Seigneur fit une alliance avec Abram en disant : Ă€ ta postĂ©ritĂ©, j’ai donnĂ© ce pays, depuis le fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, l’Euphrate. Je ne me souviens pas qu’un reprĂ©sentant du peuple d’IsraĂ«l, laĂŻc ou religieux, ait jamais prĂ©sentĂ© Ă  un forum international une demande de reconnaissance de la souverainetĂ© juive sur le morceau de terre situĂ© entre l’Euphrate en Irak et le Nil en Égypte, au motif qu’il s’agit lĂ  d’une promesse divine que le peuple d’IsraĂ«l a reçue. La conclusion : le marquage de la frontière de l’État juif est ouvert Ă  la discussion.