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La marche fĂ©ministe Ă  Paris s’est transformĂ©e en une immense manifestation contre IsraĂ«l

La station « Nation » a annoncĂ© l’annonceur Ă©lectronique de la ligne numĂ©ro un du mĂ©tro parisien. Les portes se sont ouvertes et la plupart des passagers ont Ă©tĂ© Ă©jectĂ©s du train. Près de la gare, deux femmes ont nouĂ© des rubans violets dans les cheveux de leurs filles. Telle une nuĂ©e de fourmis, les passagers sont sortis du labyrinthe souterrain jusqu’Ă  la cĂ©lèbre Place de la Nation.

C’Ă©tait le 25 novembre, journĂ©e internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. La marche qui quitte la place est considĂ©rĂ©e comme le deuxième Ă©vĂ©nement fĂ©ministe le plus stimulant en France, mais un rapide coup d’Ĺ“il sur la place cette annĂ©e a montrĂ© qu’elle Ă©tait pleine de drapeaux palestiniens, ce qui a soulevĂ© la question de savoir s’il s’agissait rĂ©ellement d’une marche pour les droits des femmes.

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De l’autre cĂ´tĂ© de la place se sont rassemblĂ©es des femmes juives de l’organisation « Nous Vivons » ( » Nous vivrons « ), venues ici manifester contre les organisations de femmes qui ignorent les atrocitĂ©s du Hamas. Elles portaient des pantalons tachĂ©s de rouge et brandissaient des pancartes de protestation avec la photo de Naama Levy, kidnappĂ©e Ă  Gaza, et lisaient : « Nous vous croyons, Ă  moins que vous ne soyez juif ».

Des manifestants pro-palestiniens et des Antifa masquĂ©s se sont rassemblĂ©s Ă  cĂ´tĂ© d’elles. La police a encerclĂ© les manifestants juifs, qui les ont remerciĂ©s aux cris de « merci Ă  la police ». « La police nous a demandĂ© d’attendre un peu que la marche principale avance avant de partir », a expliquĂ© Carolyn, l’une des fondatrices de l’organisation juive. Finalement, la police ne les a pas autorisĂ©s Ă  dĂ©filer.

Carolyn a dĂ©clarĂ© au site Zeman Israel que la manifestation avait Ă©tĂ© coordonnĂ©e avec l’une des organisations fĂ©ministes de la marche principale – et qu’elles avaient Ă©tĂ© surprises d’apprendre qu’il leur Ă©tait interdit de participer Ă  la marche. Elle a Ă©galement Ă©tĂ© surprise par le fait que la marche Ă©tait une manifestation anti-israĂ©lienne. Les publications des organisateurs de la marche indiquent que ce sont eux qui ont empĂŞchĂ© « Ano Nachaya » de participer Ă  la marche, affirmant qu’il s’agissait d’une organisation d’extrĂŞme droite.

« MĂŞme si nous luttons contre la propagande, nous sommes accusĂ©s d’ĂŞtre une [organisation] d’extrĂŞme droite pour nous priver de notre voix », dĂ©clare Carolyn. RĂ©cemment, le New York Times a publié une enquĂŞte incluant des preuves d’agressions sexuelles systĂ©matiques le 7 octobre. Des schĂ©mas d’action systĂ©matiques peuvent Ă©galement ĂŞtre trouvĂ©s dans la rĂ©ponse des organisations de femmes aux crimes du Hamas, tout en blanchissant les atrocitĂ©s.

Ă€ Paris, par exemple, certaines organisations Ă  l’origine de la marche ont annoncĂ© que « les allĂ©gations de crimes contre les femmes juives sont un outil entre les mains d’un gouvernement colonialiste qui tente de lĂ©gitimer le gĂ©nocide et le nettoyage ethnique ».

Selon l’enquĂŞte Zeman Israel basĂ©e sur la documentation de la marche fĂ©ministe, l’analyse des publications des organisations depuis le 7 octobre, des interviews et des informations disponibles sur Telegram et les rĂ©seaux sociaux, il semble que certaines organisations fĂ©ministes mènent ouvertement une campagne de dĂ©shumanisation contre les femmes israĂ©liennes, tout en coopĂ©rant avec des organisations palestiniennes qui soutiennent le terrorisme..

« Le fait que les organisateurs des marches en France aient interdit aux mouvements juifs d’y participer n’est pas surprenant », a dĂ©clarĂ© D., une militante sociale parisienne, fille d’une mère catholique et d’un père musulman. « La marche fĂ©ministe Ă©tait unie Ă  la manifestation hebdomadaire pro-palestinienne quittant la Place de la RĂ©publique », a-t-elle dĂ©clarĂ© Ă  Zaman Israel.

D., qui a demandĂ© Ă  rester anonyme par crainte de nuire Ă  ses moyens de subsistance, a ajoutĂ© qu’elle Ă©tait choquĂ©e par les « abus » de la lutte fĂ©ministe. L’organisation a Ă©galement affirmĂ© que des organisations fĂ©ministes juives Ă©taient prĂ©sentes Ă  la marche Ă  Paris aux cĂ´tĂ©s des autres organisations. L’organisation a mĂŞme ajoutĂ© et affirmĂ© avoir dĂ©clarĂ© que la marche incluait Ă©galement la lutte des victimes du Hamas.

« ArrĂŞtez les attaques contre le mouvement fĂ©ministe ! » C’est ce qu’Ă©crit le titre du communiquĂ© de presse de l’organisation Nous toutes, qui a dirigĂ© les organisations qui ont dirigĂ© la marche du 25 novembre Ă  Paris et qui a reçu l’approbation de son existence.

Dans un communiquĂ© publiĂ© quelques jours après la marche, il Ă©tait notamment Ă©crit : « Nous refusons l’instrumentalisation de nos luttes. La manifestation du 25 novembre a Ă©tĂ© un grand succès populaire. » L’organisation s’oppose aux allĂ©gations de « nĂ©gation de la violence sexuelle et du meurtre de femmes juives en IsraĂ«l par le Hamas » et Ă  l’interdiction faite aux Juifs de participer Ă  la manifestation.

« Tout d’abord, nous souhaitons rĂ©affirmer que nous luttons collectivement contre toutes les [formes de] violences, abus et fĂ©minicides commis contre toutes les femmes et les minoritĂ©s de genre – quelle que soit l'[identitĂ© des] agresseurs. Nous condamnons sans Ă©quivoque les crimes sexuels et de genre, le viol et fĂ©minicide perpĂ©trĂ© par le Hamas ».

L’organisation a Ă©galement affirmĂ© que des organisations fĂ©ministes juives Ă©taient prĂ©sentes Ă  la marche Ă  Paris aux cĂ´tĂ©s des autres organisations. L’organisation a mĂŞme ajoutĂ© et affirmĂ© avoir dĂ©clarĂ© que la marche incluait Ă©galement la lutte des victimes du Hamas. « La campagne de diffamation de l’extrĂŞme droite », comme ils ont qualifiĂ© les diffĂ©rentes publications, « a rĂ©ussi Ă  convaincre beaucoup de personnes, y compris des femmes juives et des fĂ©ministes ».

En pratique, l’organisation Koulanou a combinĂ© la marche du 25 novembre avec la marche anti-israĂ©lienne hebdomadaire de l’organisation Urgence Palestine (« Urgence palestinienne »), rĂ©cemment créée et Ă  l’origine de la plupart des manifestations anti-israĂ©liennes en France.

« Vive la lutte des femmes palestiniennes – vive la lutte pour la libĂ©ration de la Palestine », a Ă©crit « Urgence Palestine » dans le titre de l’invitation Ă  la marche fĂ©ministe. « Parce que nous sommes contre toutes les formes d’oppression patriarcale, nous marcherons le 25 novembre pour crier haut et fort : arrĂŞtez le gĂ©nocide en cours, vive la rĂ©sistance.Le long message antisĂ©mite, publiĂ© la veille de la marche, disait Ă©galement :

L'organisation "Smidion", qui a participé à une Intifada mondiale et a glorifié les crimes du Hamas, annonce qu'elle participera à la marche féministe (photo : capture d'écran, utilisation conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

L’organisation « Smidion », qui a participĂ© Ă  une intifada mondiale et glorifiĂ© les crimes du Hamas, annonce qu’elle participera Ă  la marche fĂ©ministe Ă  Paris (Photo : « X », utilisation conformĂ©ment Ă  l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

« Parce que nous sommes tous Palestiniens, nous luttons contre le sionisme – un régime de suprématie colonialiste, raciste et sexiste qui encourage, entre autres choses, la culture du viol. Le mythe du sionisme est un produit de la modernité occidentale raciste, capitaliste, impérialiste et patriarcale.

« Le sionisme a été créé en prenant par la force des terres palestiniennes pour fournir une « terre sans peuple aux colons juifs du monde entier.. Dans leur projet d’effacer le peuple palestinien, les dirigeants sionistes ont toujours méprisé le ventre palestinien, la matrice de la naissance et de la culture palestiniennes. »

Selon le site Internet de l’organisation, il s’agit d’un mouvement qui rassemble des influenceurs et des organisations qui se sont unis, affirment-ils, pour mettre fin au « rĂ©gime colonialiste israĂ©lien ». L’organisation fait partie du mouvement BDS et travaille en collaboration avec « Smidion » – une organisation de prisonniers palestiniens – qui a Ă©tĂ© interdite en Allemagne après avoir glorifiĂ© les crimes de jurons en octobre.

Le mĂŞme jour, l’organisation Revolution Permanente (« RĂ©volution Permanente »), l’un des organisateurs de la marche et membre d’Urgence Palestine, a publiĂ© une publication intitulĂ©e « Meurtre massif de femmes en IsraĂ«l ». LĂ , ils ont affirmĂ© que le prĂ©judice – entre guillemets – causĂ© aux femmes israĂ©liennes n’Ă©tait rien d’autre que la propagande d’un État colonialiste..

"Meurtre massif de femmes en Israël" : publication de Révolution Permanente la veille de la marche à Paris (photo : capture d'écran, utilisation conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

« Meurtre massif de femmes en IsraĂ«l » : publication de RĂ©volution Permanente la veille de la marche Ă  Paris (photo : « X », utilisation selon l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

La publication a Ă©tĂ© partagĂ©e par des organisations politiques et des mouvements fĂ©ministes tels que Du Pain Et Des Roses (« Pain et Roses »). Il a Ă©tĂ© rĂ©cemment rĂ©vĂ©lĂ© qu’un militant clĂ© de la « RĂ©volution perpĂ©tuelle » avait Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© par la police française, soupçonnĂ© de soutenir le terrorisme.

L’organisation « Kulana », qui a organisĂ© la marche et l’a unie aux organisations mentionnĂ©es ci-dessus, affirme qu’elle a Ă©tĂ© lĂ©sĂ©e. Cependant, contrairement aux affirmations de l’organisation, aucune organisation juive n’a participĂ© Ă  la marche, du moins pas officiellement.

« Personnellement, je n’ai pas terminĂ© la marche et je sais qu’il Ă©tait difficile pour d’autres de la terminer aussi parce que des pancartes antisĂ©mites Ă©taient levĂ©es », dĂ©clare Ella Cohen, membre de l’organisation  » ORAAJ  » – une organisation rĂ©volutionnaire juive contre le racisme et le racisme. patriarcat.

Elle et ses amis sont venus Ă  la marche Ă  Paris pour protester contre le blanchiment des crimes du Hamas et contre l’antisĂ©mitisme de gauche. Ils ont parlĂ© Ă  des personnes et Ă  des organisations qui brandissaient des pancartes antisĂ©mites et leur ont expliquĂ© qu’ils insultaient des slogans contre les Juifs, mais ils ont rĂ©pondu par un rejet. « Sans savoir ce qu’est le sionisme, ils l’utilisent pour rejeter toute critique et la rendre illĂ©gitime. »

Elle a ajoutĂ© que mĂŞme si l’antisĂ©mitisme vient Ă©galement de l’extrĂŞme gauche, elle continue de dĂ©fendre ses idĂ©aux et ses positions politiques.. « Nous ne pouvons pas laisser la lutte contre l’antisĂ©mitisme devenir le monopole de l’extrĂŞme droite – et nous ne pouvons pas laisser l’extrĂŞme gauche s’en sortir innocente. »

Cependant, Cohen a clairement indiquĂ© qu’elle avait un problème avec des organisations comme « A Jewish Voice for Peace » : « Quand ils disent « pas en mon nom », ils font la promotion de l’antisĂ©mitisme. C’est horrible et dangereux parce qu’ils prĂ©tendent que nous, les Juifs du monde entier sont responsables de l’injustice ou de la guerre Ă  Gaza, qui en soi est une logique antisĂ©mite ».

Les organisations Ă  l’origine de la marche ont affirmĂ© dans diverses publications qu’elles refusaient de s’approprier la lutte fĂ©ministe. Mais ils ont eux-mĂŞmes profitĂ© de la marche du 25 novembre pour manifester contre IsraĂ«l et propager l’antisĂ©mitisme – et pas seulement Ă  Paris.

Selon « Perpetual Protest », les organisateurs des marches en France ont réussi à transformer les événements à travers le pays en une manifestation anti-israélienne.Des milliers de participantes ont appelé à une Intifada, à une guerre sainte et à une effusion de sang. Les femmes terroristes – qui ont assassiné ou tenté d’assassiner des Juifs – ont obtenu un statut honorable sous le slogan « Freedom Fighters ».

Une affiche de la marche féministe avec le drapeau de la Palestine et l'inscription : "De la mer au fleuve, la Palestine sera libérée"  En arabe (photo : capture d'écran, utilisation conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Une affiche de la marche fĂ©ministe avec le drapeau de la Palestine et l’inscription : « De la mer au fleuve, la Palestine sera libĂ©rĂ©e » en arabe (photo : utilisation conformĂ©ment Ă  l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Lors de la marche Ă  Paris, les manifestants ont vandalisĂ© le magasin McDonald’s, l’ont harcelĂ© – et y ont mĂŞme fait irruption en criant aux convives – y compris aux jeunes enfants – « Massassins, McDonald’s est complice du gĂ©nocide Ă  Gaza ». Les manifestants ont mĂŞme vandalisĂ© des magasins avec des graffitis anti-israĂ©liens.

Une Intifada mondiale

On a dĂ©jĂ  beaucoup parlĂ© de l’absence de rĂ©action des organisations de femmes face aux crimes du Hamas – depuis l’Organisation des Nations Unies pour les femmes jusqu’aux petites organisations du monde entier qui ont transformĂ© la lutte pour les droits des femmes en un outil contre IsraĂ«l. Les organisations de gauche et les organisations fĂ©ministes radicales et LGBT existantes rĂ©vèlent une image dangereuse de soutien au terrorisme et un lien direct avec l’idĂ©e de l’Intifada mondiale.

Depuis l’attaque brutale du Hamas, certaines organisations comme « Smidion » s’efforcent d’encourager le terrorisme palestinien en coopĂ©ration avec des organisations fĂ©ministes et des organisations d’extrĂŞme gauche, afin d’ouvrir des fronts supplĂ©mentaires – violents et non violents – contre IsraĂ«l.

Les collaborations en France sont un exemple qui indique une tendance mondiale – et montre le lien entre les prĂ©tendues cellules anti-impĂ©rialistes et proterroristes opĂ©rant au sein des universitĂ©s, les organisations fĂ©ministes, LGBTQI et les organisations d’extrĂŞme gauche contre IsraĂ«l et pour une Intifada mondiale.

L'annonce d'une Intifada mondiale sur le site Smidion (photo : capture d'écran, utilisation conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Annonce d’une Intifada mondiale sur le site Internet de Smidion (photo : capture d’Ă©cran, utilisation conformĂ©ment Ă  l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

L’ « Intifada mondiale » a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e au cours de la 37e annĂ©e de la « Grande Intifada » (la première Intifada) et Ă©tait destinĂ©e Ă  rejoindre les fronts de Gaza, du YĂ©men, de la frontière syrienne, de la Cisjordanie et du Liban. « De New York Ă  Gaza, de Vancouver Ă  Gaza, de Berlin Ă  Gaza, de Londres Ă  Gaza, du Cap Ă  Gaza, de Sao Paulo Ă  Gaza, de Paris Ă  Gaza, l’Intifada sera mondiale ! » C’est ce qui a Ă©tĂ© Ă©crit dans une affiche publiĂ©e sur le site Internet de l’organisation faĂ®tière du Smidion.

Entre autres choses, l’affiche indique que les chants entendus, « alors que des millions de personnes marchent contre le gĂ©nocide sioniste en cours contre le peuple palestinien Ă  Gaza, ne sont pas seulement une expression de sympathie envers le peuple palestinien et sa rĂ©sistance hĂ©roĂŻque, mais aussi le reflet d’une du caractère international, arabe et palestinien de la cause palestinienne.

« L’Intifada avait pour but de calibrer la boussole et de mettre la lutte palestinienne sur la bonne voie. Avant le 7 octobre, la campagne de normalisation avec le rĂ©gime sioniste semblait inĂ©vitable Ă  beaucoup, tandis que d’autres dĂ©ploraient la dĂ©sunion du mouvement palestinien. La lutte d’aujourd’hui a une fois de plus clarifiĂ© le rĂ´le des forces dans la rĂ©gion et dans le monde – et unifie le peuple palestinien et ses alliĂ©s arabes et internationaux vers la libĂ©ration et le retour. »

Crise de confiance

« En tant que travailleuse du sexe, je suis choquĂ©e par cette dĂ©claration unilatĂ©rale, ignorante et immorale, qui n’a rien Ă  voir avec nos droits », dĂ©clarent Desa Hink , une IsraĂ©lienne vivant Ă  Berlin et Domintrix (« Sado Queen »), une militante professionnelle pour les droits des travailleuses et travailleurs du sexe.

Hink a Ă©tĂ© surpris d’apprendre que le syndicat des travailleuses du sexe de Berlin avait Ă©mis une interdiction anti-israĂ©lienne. « Pourquoi une organisation qui se consacre Ă  aider les travailleuses du sexe exprime-t-elle une opinion sur un Ă©vĂ©nement international qui n’a rien Ă  voir avec les droits des travailleuses ?Selon le texte, il est clair qu’il s’agit d’une dĂ©claration superficielle et sans fondement, je ne veux pas faire partie d’un mouvement qui publie des slogans pour gagner en popularité« .

Dans une interview depuis Berlin, elle confie Ă  Zeman Israel qu’elle traverse une crise de confiance « à cause de la politisation des travailleuses du sexe et des mouvements fĂ©ministes ». Selon elle, ce qui rend les choses « encore plus obscènes », c’est le fait qu’il y a encore de très jeunes femmes en captivitĂ©, et qu’il y a des raisons de croire que certaines d’entre elles sont mĂŞme agressĂ©es sexuellement.

« Une telle nĂ©gligence des problèmes des femmes par le syndicat des travailleuses du sexe ne fait que rendre cette dĂ©claration encore plus sinistre. » Hink pense que les crimes du Hamas Ă©taient si horribles que les gens ressentent le besoin de les justifier. « Ils comprennent que les IsraĂ©liens qui ont Ă©tĂ© assassinĂ©s au festival Nova, par exemple, sont de belles personnes comme eux, Ă©pris de paix, qui consomment les mĂŞmes drogues, aiment danser sur la mĂŞme musique. Ils doivent donc croire qu’ils mĂ©ritent cela.. »

Elle dit que dĂ©jĂ  l’Ă©tĂ© dernier, elle a remarquĂ© que les manifestations de l’organisation de dĂ©fense des droits des travailleuses du sexe Ă©taient devenues une sorte d’unification de luttes qui ne sont pas liĂ©es les unes aux autres.. « Il s’agit de politiser le mouvement des travailleuses du sexe, tout en combinant ces luttes avec d’autres luttes ‘progressistes’. Des idĂ©es Ă  moitiĂ© cuites qui n’ont rien Ă  voir avec la rĂ©alitĂ©. »

« C’est vraiment exaspĂ©rant », ajoute-t-elle, « j’avais l’impression que le Hamas arrivait et attaquait de face – et que les autres nous poignardaient dans le dos. Est-il difficile de condamner l’utilisation du viol comme arme de guerre ? Pourquoi ? C’est juste quelque chose que je n’arrive toujours pas Ă  comprendre.

« En tant que jeune Ă©tudiant en IsraĂ«l, dans la vision du monde que je me suis formĂ©e, j’ai rĂ©alisĂ© que pour changer le monde, nous devons entrer en politique en tant qu’Ă©lus », explique Nitzan Senior, qui a lancĂ© le projet  » Jeunes politiciens « . Lors d’un appel tĂ©lĂ©phonique depuis son domicile Ă  Sharon, elle explique qu’elle a dĂ©cidĂ© de lancer ce projet visant Ă  encourager les femmes Ă  entrer en politique et Ă  ĂŞtre Ă©lues aux autoritĂ©s locales et Ă  la Knesset.

« Je n’ai pas dĂ©marrĂ© le projet avec le dĂ©sir de promouvoir les femmes dans le seul but de promouvoir les femmes, mais de rendre IsraĂ«l meilleur grâce Ă  la participation d’un plus grand nombre de femmes dans les centres de prise de dĂ©cision et d’influence pour le bĂ©nĂ©fice du pays. »

En 2010, Senor a commencĂ© ses Ă©tudes Ă  l’UniversitĂ© hĂ©braĂŻque de JĂ©rusalem. Tout en poursuivant son baccalaurĂ©at en sciences politiques et relations internationales puis sa maĂ®trise en communication politique avec spĂ©cialisation en Ă©tudes de genre, elle a participĂ© Ă  un accĂ©lĂ©rateur d’entrepreneuriat pour le compte du syndicat Ă©tudiant du campus. Grâce Ă  cela, elle a mis en Ĺ“uvre l’idĂ©e d’un programme de leadership pour les femmes, axĂ© sur l’espace politique.

Depuis lors, le projet s’est Ă©tendu Ă  d’autres universitĂ©s et collèges en IsraĂ«l – et est devenu un mouvement national indĂ©pendant. Aujourd’hui, les « jeunes femmes politiques » comptent plus de 600 femmes diplĂ´mĂ©es provenant de tous les coins de la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne. « Mon objectif Ă©tait d’amener autant de femmes israĂ©liennes que possible dans le discours politique.

« Dans un monde oĂą chaque organisation a un agenda, j’ai toujours prĂ©fĂ©rĂ© les espaces d’apprentissage indĂ©pendants et sans interfĂ©rence. » D’après elle, au fil des annĂ©es, elle a soigneusement choisi les organismes avec lesquels elle a coopĂ©rĂ©, afin de neutraliser toute influence politique sur le contenu et l’activitĂ©..

L’organisation tente de crĂ©er un foyer pour chaque femme israĂ©lienne qui souhaite s’impliquer politiquement, sur la base du concept selon lequel les femmes reprĂ©sentent plus de 50 % de la population, mais ne sont pas reprĂ©sentĂ©es en consĂ©quence. « Les femmes agissent Ă©galement en comprenant leurs besoins et sont donc capables de prendre soin d’une population diversifiĂ©e – et de faire entendre leur voix dans les centres de dĂ©cision.

« D’ailleurs, sur le plan dĂ©mocratique, comment un pays peut-il fonctionner correctement quand la moitiĂ© des femmes ne sont pas correctement reprĂ©sentĂ©es ? » Senior considère l’activitĂ© publique comme une mission et, Ă  son avis, une reprĂ©sentation Ă©gale est importante. « C’est la mission des jeunes femmes politiques. C’est notre essence.

« En pratique, nous permettons aux femmes de tous les secteurs et de toutes les religions d’Ă©tudier avec nous, donc sur le plan personnel, je ressens une très grande rupture avec le mouvement fĂ©ministe mondial. »Elle dit que la fracture est nĂ©e de l’attente d’une solidaritĂ© gĂ©nĂ©rale : « Tout ce qu’on nous a enseignĂ© au fil des annĂ©es a volĂ© en Ă©clats lorsque j’ai vu le mĂ©pris et le dĂ©ni du mal causĂ© aux femmes juives, combinĂ©s Ă  des programmes pleins de haine pour IsraĂ«l.

« Je l’ai eu, comme on dit, avant », ajoute-t-elle. « Je suis heureuse de n’avoir aucun engagement envers les organisations internationales, Ă  l’exception des femmes extraordinaires d’IsraĂ«l. Ce n’est pas que j’avais de grandes attentes Ă  l’Ă©gard du mouvement, je connais les prĂ©jugĂ©s anti-israĂ©liens des organisations.

« NĂ©anmoins, j’espĂ©rais une rĂ©action moins choquante, ou plutĂ´t une absence choquante de rĂ©action de la part des principales femmes fĂ©ministes du monde. Ce n’est pas mon fĂ©minisme, l’antisĂ©mitisme est lĂ©gitimĂ© grâce aux organisations de « droits de l’homme et des femmes » qui promeuvent un agenda anti-israĂ©lien et anticolonialiste et permettez ainsi Ă  votre sang

« Depuis que j’ai vu comment se comportent les femmes qui se disent fĂ©ministes après les attentats du 7 octobre, je me demande si je peux me dĂ©finir comme fĂ©ministe. »

La mobilisation des « organisations de dĂ©fense des droits de l’homme » pour la lutte contre IsraĂ«l est devenue une tendance mondiale au-delĂ  des frontières de Paris et de Berlin. Le rĂŞve des organisations terroristes de dĂ©clencher une Intifada mondiale et d’unir autant de fronts que possible contre IsraĂ«l et ses alliĂ©s devient de plus en plus tangible et dangereux. Certains de ces « Ă©rudits et progressistes » dĂ©shumanisent IsraĂ«l et les Juifs – et prennent mĂŞme une part active Ă  l’Intifada mondiale.

Cependant, sans prendre le danger à la légère, il faut se rappeler que c’est une minorité bruyante et violente qui contrôle l’espace – et fait taire ceux qui s’opposent au mouvement mondial contre Israël.

De retour Ă  Paris, environ un mois après la « marche fĂ©ministe » qui s’est transformĂ©e en manifestation de haine antisĂ©mite, Lulu Ferrara (nom de scène), une artiste burlesque juive, est montĂ©e sur une petite scène dans un espace aux arches de pierre rappelant d’un sous-sol classique de JĂ©rusalem mais que l’on trouve en rĂ©alitĂ© dans l’un des clubs de cabaret de Paris.

« J’avais peur de la foule et ce n’est pas naturel pour moi », a-t-elle dĂ©clarĂ©. « Je ne savais pas si les gens seraient bouleversĂ©s par la sĂ©rie ou se comporteraient violemment, mais j’ai dĂ» protester contre le silence et la nĂ©gation des crimes du 7 Octobre par les organisations de dĂ©fense des droits des femmes et les organisations fĂ©ministes.« .

Les rĂ©ponses l’ont surprise. Certains l’ont accusĂ©e de justifier le gĂ©nocide – et ont mĂŞme rompu les liens avec elle, mais elle a dĂ©couvert qu’elle avait aussi des partisans. « Des artistes drag, queers et activistes, qui trouvaient important de dire qu’ils Ă©taient Ă  nos cĂ´tĂ©s, m’ont contactĂ©. Il est important que nous sachions que nous ne sommes pas seuls et qu’il y a beaucoup de gens qui ont peur d’exprimer leur opinion.

« Mais si nous continuons Ă  Ă©lever la voix, de plus en plus de gens se rĂ©veilleront – et petit Ă  petit, de plus en plus de gens oseront exprimer leur opinion et protester contre l’injustice qui nous est faite. »

Le spectacle de quatre minutes a commencĂ©. Ferrara se dĂ©plaçait dos Ă  la foule, vĂŞtue d’une robe blanche Ă  cĹ“urs rouges. Alors qu’elle se dĂ©shabillait sous les hurlements de la foule, une alarme enregistrĂ©e a commencĂ© Ă  retentir. Elle sortit une bougie, l’alluma et l’agita, laissant la cire rouge couler sur la chemise blanche tandis qu’elle lisait les noms de certaines des victimes de la fĂŞte de Nova.

Le silence rĂ©gnait dans la petite salle. « Les mots sont Ă©puisĂ©s », a-t-elle dit Ă  voix haute en hĂ©breu et traduit en français, juste avant que la lumière dans le hall ne s’Ă©teigne.. Un cri de douleur s’est fait entendre dans l’obscuritĂ© – et immĂ©diatement après, la mĂ©lodie de l’espoir a commencĂ© Ă  se faire entendre.

La lumière s’allume. Ferrara se leva et continua de se dĂ©shabiller. Elle a agitĂ© la chemise. Sur la couverture de l’un des tĂ©tons, il Ă©tait Ă©crit « Live » et sur l’autre, une Ă©toile de David Ă©tait dessinĂ©e. Sur la poitrine et le ventre Ă©tait inscrite une inscription : « Nous danserons encore ». Nous danserons encore !