Regev au procès contre Huldai : « Quiconque autorise un tapis pour les musulmans et une croix dans les écoles devrait également approuver un stand de téfilines »

La ministre des Transports Miri Regev est arrivĂ©e ce matin (mercredi) au tribunal de première instance de Tel Aviv pour tĂ©moigner Ă  l’audience de la plainte en diffamation dĂ©posĂ©e contre elle par le maire de Tel Aviv, Ron Huldai, pour un montant d’un demi-million de shekels. Le procès a Ă©tĂ© intentĂ© après que Regev ait affirmĂ©, pendant la campagne Ă©lectorale de cette annĂ©e-lĂ , qu’il empĂŞchait la distribution de tĂ©filines dans toute la ville. Regev elle-mĂŞme n’est pas prĂŞte Ă  lever son immunitĂ©.

Il y a un peu moins de quatre ans, Huldai a intenté une action en diffamation, suite aux déclarations publiques de Regev pendant la campagne électorale, selon lesquelles il aurait interdit de placer des stands de téfilines dans les rues de la ville.

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Huldai a affirmĂ© que Regev avait fait semblant de prĂ©senter sciemment une prĂ©sentation factuelle selon laquelle il avait catĂ©goriquement interdit de placer des tĂ©filines dans toute la ville de Tel Aviv, soi-disant par intĂ©rĂŞt politique Ă©troit et par mĂ©pris pour l’hĂ©ritage juif, alors que la vĂ©ritĂ© est que le règlement sur les aides municipales Ă©tabli il y a de nombreuses annĂ©es par la municipalitĂ© de Tel-Aviv empĂŞche l’installation de stands Ă  moins de 100 mètres des Ă©tablissements d’enseignement.

Regev a soutenu d’autre part que les mitsvot de mettre les tĂ©filines ont, selon l’approche de Huldai, un effet nĂ©gatif sur les enfants juifs et que, par consĂ©quent, Ă  son avis, ils devraient en ĂŞtre protĂ©gĂ©s, en crĂ©ant un espace sĂ»r. Ce raisonnement rĂ©vèle Ă  quel point l’approche de Huldai est dĂ©formĂ©e Ă  l’Ă©gard de l’hĂ©ritage d’IsraĂ«l, de la tradition juive et de la mitsva de porter les tĂ©filines. Regev a Ă©galement affirmĂ© qu’il s’agissait d’un procès politique.

« Nous sommes venus en ces jours difficiles parce que vous ne vouliez pas parvenir à un accord »

Regev, qui est arrivĂ© Ă  l’audience ce matin quelque peu consternĂ©, a dĂ©clarĂ© Ă  l’avocat de Huldai : « Nous sommes tous des adultes et nous ne sommes pas venus pour baisser les bras mais pour parler d’une question fondamentale qui est importante pour tout Juif, Ă  savoir le placement de tefillins. En ces jours difficiles, nous sommes venus parce que vous ne vouliez pas parvenir Ă  un accord. J’ai dit qu’une restriction sur un stand de tĂ©filines est comme une interdiction car selon la Halacha, il est interdit de la tenir en l’air une paire de Tefillins et vous avez besoin d’une surface pour les poser, compte tenu du fait qu’aujourd’hui nous comprenons de quoi nous parlons et que vous comprenez comme moi qu’il y a certaine restrictions sur la mitsva des tefillins dans tout l’espace public, donc nous publierons une dĂ©claration commune selon laquelle vous comprenez ce que je veux dire et le maire annulera l’interdiction du stand A pour placer les tefillins à Tel Aviv et c’est tout.

Lorsqu’il l’a pressĂ©e et lui a dit que pour la première fois aujourd’hui Ă  l’audience, elle a Ă©voquĂ© l’argument d’un stand et pas dans le passĂ©,  Regev lui a rĂ©pondu : « Je vais vous dire pourquoi, parce que c’est quelque chose d’intĂ©grĂ© pour tous ; Ă©videmment vous ne pouvez pas placer un tefillin sans support et il est interdit de le tenir en l’air. Cela m’a semblĂ© si clair parce que c’est la Halacha ».

 » Il Ă©tait donc important d’expliquer pourquoi les TĂ©filines sont importantes. Il y a un problème clair d’opposition et de choc de la part des directives qui dĂ©connectent le public de l’hypothèse des TĂ©filines. Parce qu’elles sont super libĂ©rales et autorisent le tapis musulman Ă  cĂ´tĂ© de l’Ă©cole et autorisent la croix Ă  cĂ´tĂ© de l’Ă©cole, et ne permet pas de placer le stand Tefillin Ă  cĂ´tĂ© de l’Ă©cole.

Ă€ ce stade, l’avocat de Regev est intervenu et a dĂ©clarĂ© : « Je suis un apostat et je nie l’affirmation selon laquelle Ron Huldai est un libĂ©ral. Un libĂ©ral ne rĂ©duit pas la prière et la circumambulation. »

« J’ai Ă©tĂ© choquĂ©, comme beaucoup en IsraĂ«l et dans le monde, par la restriction des stands »

Concernant Ron Huldai, Miri Regev a dĂ©clarĂ© : « Je n’ai rien contre Ron Huldai, je le respecte Ă©normĂ©ment ainsi que sa façon de diriger la ville. J’ai abordĂ© une question qui me dĂ©range en tant que membre de la Knesset, une femme traditionnelle casher qui Ă©tait à  l’Ă©poque la Ministre de la Culture, j’ai Ă©tĂ© choquĂ©e comme beaucoup en IsraĂ«l et dans le monde par la restriction du stand, car une restriction sur un stand de tĂ©filines est une restriction sur les tĂ©filines. Il admet qu’il y a un restriction sur tous les stands Ă  une distance de 100m de l’Ă©cole. Dès qu’il limite les 100m, cela signifie qu’aucun tĂ©filine ne peut ĂŞtre placĂ© nulle part ».

Lorsqu’elle a Ă©tĂ© confrontĂ©e au fait qu’elle affirme ne pas avoir peur du procès, mais insiste nĂ©anmoins sur son immunitĂ© en tant que membre de la Knesset, Regev a rĂ©pondu : « J’ai toujours dit que je n’avais pas abandonnĂ© et que j’ai l’intention de renoncer Ă  l’immunitĂ©, sinon je n’aurai pas la capacitĂ© de dire ce que je veux parce que tout le monde voudra me faire taire et me faire peur.

Selon elle, « l’immunitĂ© est conçue pour nous permettre de dire ce que nous pensons et d’exprimer notre position sans crainte. Le rĂ´le de l’immunitĂ© est de permettre aux membres de la Knesset de reprĂ©senter leur Ă©lectorat de manière large et substantielle car cela est notre façon de nous exprimer. »

« Si je retire l’immunitĂ©, n’importe qui me menacera. Et votre demande est insolente. De mĂŞme que je ne demande pas au maire de supprimer ceci ou cela, mais d’admettre qu’il avait tort s’il disait que n’importe qui peut prier dans l’espace public en interdisant les stands de tĂ©filines mais pas le tapis des musulmans.  »

A la fin de l’audience, la juge Kobarski, qui a suggĂ©rĂ© que les parties parviennent Ă  un compromis, a demandĂ© d’accepter la position de Huldai d’ici lundi prochain et si elles ne parviennent pas Ă  mettre fin au diffĂ©rend, des rĂ©sumĂ©s seront soumis et elle statuera sur le procès.