La loi Feldstein, qui empêcherait toute poursuite devant les tribunaux des soldats et autres membres de l’establishment de la Défense s’ils devaient communiquer des renseignements classifiés au Premier ministre ou au ministre de la Défense sans autorisation préalable, a été adoptée en lecture préliminaire à la Knesset.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’était pas présent lors du vote sur le projet de loi qui a été adopté par 59 voix « Pour » contre 52 « Contre ».
Cette proposition de loi avait suivi les accusations qui avaient été lancées à l’encontre d’Eli Feldstein, porte-parole de Netanyahu, et d’un réserviste de Tsahal dont le nom n’a pas été révélé.
Le porte-parole de Tsahal, le gĂ©nĂ©ral de brigade Daniel Hagari, a Ă©tĂ© interrogĂ© hier soir (mercredi) lors d’une confĂ©rence de presse qu’il a tenue au sujet de la « loi Feldstein » promue Ă la Knesset et sa rĂ©ponse a fait grand bruit.
« Cette loi est très dangereuse pour Tsahal. C’est dangereux car cela crĂ©era une situation dans laquelle n’importe quel officier subalterne de Tsahal pourra Ă son grĂ© voler et divulguer des documents de Tsahal ou des informations informatives, et c’est simple, cela conduira Ă un danger pour la vie humaine de soldats, c’est donc très dangereux pour Tsahal et c’est Ă©galement dangereux pour la sĂ©curitĂ© du pays », a dĂ©clarĂ© Hagari.
ImmĂ©diatement après l’incident, le chef d’Ă©tat-major Herzi Halevi a rĂ©primandĂ© Hagari.
Au nom de l’armĂ©e, il a Ă©tĂ© rapportĂ© que « le chef d’Ă©tat-major a rĂ©primandĂ© le porte-parole de Tsahal pour sa rĂ©ponse Ă une question sur la loi sur la fourniture d’informations secrètes au Premier ministre et aux ministres lors d’un point de presse, et a ainsi outrepassĂ© son autoritĂ© ».  » L’armĂ©e israĂ©lienne ne critique pas le lĂ©gislateur, mais apporte sa position au niveau politique Ă travers les mĂ©canismes acceptĂ©s Ă cet effet ».
Après la rĂ©primande, Hagari a publiĂ© un message dans lequel il Ă©crivait : « Dans ma dĂ©claration de ce soir en rĂ©ponse Ă une question, je me suis exprimĂ© d’une manière qui a outrepassĂ© mon autoritĂ© en tant que porte-parole de Tsahal, et pour cela j’ai Ă©tĂ© rĂ©primandĂ© par l’armĂ©e. L’État d’IsraĂ«l est un pays dĂ©mocratique et Tsahal est subordonnĂ© Ă l’Ă©chelon politique. Dans les centaines de dĂ©clarations et de questions auxquelles j’ai rĂ©pondu depuis le 7 octobre, je maintiens un Ă©tat des lieux. La FDI transmet sa position aux parties concernĂ©es en matière de lĂ©gislation Ă travers les mĂ©canismes acceptĂ©s Ă cet effet, et pas d’une autre manière. »
Au sein de la coalition, il a Ă©tĂ© durement critiquĂ©. Le ministre de la DĂ©fense IsraĂ«l Katz a dĂ©clarĂ© qu’il prendrait des mesures disciplinaires . « Les critiques du porte-parole de Tsahal contre l’Ă©chelon politique et contre le processus lĂ©gislatif Ă la Knesset sont un phĂ©nomène grave et une dĂ©viation totale de son autoritĂ© et de ce qui est autorisĂ© et attendu d’une personne en uniforme dans un rĂ©gime dĂ©mocratique, j’ai l’intention de prendre des mesures disciplinaires Ă son encontre dans les plus brefs dĂ©lais afin de tirer les conclusions requises ».
Le ministre de l’IntĂ©rieur Moshe Arbel a dĂ©clarĂ© : « L’annonce du porte-parole de Tsahal et sa position concernant les procĂ©dures lĂ©gislatives en cours Ă la Knesset constituent un franchissement très sĂ©rieux d’une ligne rouge. Un porteur d’uniforme n’a aucune autorisation pour exprimer publiquement une position politique par rapport Ă des questions politiques, aussi mineure soit-elle, surtout si elle est contraire Ă la position du ministre de tutelle.
Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a dĂ©clarĂ© : « IsraĂ«l est un pays qui a une armĂ©e et non une armĂ©e qui a un pays. Il est difficile d’Ă©chapper au sentiment que ces derniers temps, il y a des gens au haut commandement de l’armĂ©e israĂ©lienne qui ne comprennent pas ces principes dĂ©mocratiques fondamentaux. Et ceux qui ne comprennent pas cela ne peuvent pas rester Ă leur place. »
Le ministre Itamar Ben Gvir a critiquĂ© vivement : « L’esprit de la conseillère juridique de l’État imprègne le porte-parole de Tsahal. Lorsque le chef des relations publiques voit que la conseillère juridique de l’État ignore le gouvernement, lui aussi ignore le ministre de la DĂ©fense. Un vĂ©ritable « Deep State » en pleine lumière – sauf que cette fois, c’est fait ouvertement. »
Le ministre Yitzhak Wasserlauf a ajoutĂ© : « Si le porte-parole de Tsahal veut s’immiscer dans les dĂ©cisions politiques, il est invitĂ© Ă enlever son uniforme, Ă se prĂ©senter Ă la Knesset et Ă exprimer sa position. »
Le ministre Miki Zohar a Ă©crit que « l’attitude adoptĂ©e par l’Ă©chelon militaire Ă l’Ă©gard de l’Ă©chelon politique ne vient pas du vide, elle dĂ©coule principalement de l’attitude de l’Ă©chelon judiciaire Ă l’Ă©gard du gouvernement Ă©lu ».
Le prĂ©sident de la Knesset, Amir Ohana, a rĂ©pondu : « Dans un pays dĂ©mocratique, l’armĂ©e ne critique pas les processus lĂ©gislatifs du parlement lors d’une confĂ©rence de presse, mais les met en Ĺ“uvre en tant qu’organe du pouvoir exĂ©cutif, si et quand ils entrent dans le livre de lois. L’armĂ©e israĂ©lienne peut exprimer sa position Ă la Knesset au sein de la commission qui prĂ©pare la loi, comme elle l’a fait Ă maintes reprises dans le passĂ©, et comme le font tous les organes de l’État supervisĂ©s par la Knesset ou influencĂ©s par la lĂ©gislation.
Ce sont des principes fondamentaux en dĂ©mocratie. La dĂ©claration du porte parole ce soir constitue un franchissement grave, inhabituel et hautement inacceptable d’une ligne rouge, qui ne doit pas se rĂ©pĂ©ter », a dĂ©clarĂ© Ohana.





