Chaque annĂ©e, IsraĂ«l organise un concours de talents intitulĂ© « Rising Star » dont le gagnant reprĂ©sente l’État juif Ă l’Eurovision. Cette annĂ©e, le concours a pris une tournure inattendue, avec la chanteuse chrĂ©tienne arabe Valerie Hamaty qui s’est imposĂ©e comme l’une des favorites et a suscitĂ© des dĂ©bats sur l’identitĂ© dans une Ă©poque profondĂ©ment divisĂ©e.
La musique est au cĹ“ur de la vie d’Hamaty depuis ses dĂ©buts Ă Jaffa, oĂą elle s’est fait remarquer en chantant lors de fonctions scolaires et de cĂ©rĂ©monies commĂ©moratives. Après avoir obtenu son diplĂ´me de la Rimon School of Jazz, elle s’est forgĂ©e une carrière en publiant de la musique et en apparaissant dans des Ă©missions de tĂ©lĂ©vision.
Ses performances dans « Rising Star » vont des versions arabes de tubes pop à des choix symboliques profondément juifs tels que le Shema sacré.
Hamaty ne se contente plus de convaincre les juges. Elle touche une corde sensible de la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne. Après avoir interprĂ©tĂ© un puissant duo avec Daniel Wais, un survivant du 7 octobre, Hamaty a interprĂ©tĂ© avec Ă©motion l’hymne officieux d’IsraĂ«l après le massacre, « Ouragan ».
Les rĂ©actions suscitĂ©es par son succès ont profondĂ©ment Ă©branlĂ© le tissu social israĂ©lien. Beaucoup considèrent son ascension comme une rĂ©volution, comme l’arabo-israĂ©lienne Zohuhra Abonar qui a dĂ©clarĂ© Ă JTA que Hamaty Ă©tait une « immense source de fiertĂ© » pour la communautĂ© musulmane.
D’autres critiquent le soutien courageux d’Hamaty aux causes israĂ©liennes, comme ses visites aux soldats blessĂ©s de Tsahal et le port d’un badge jaune en soutien aux otages.
Le public juif est également divisé, certains la considérant comme un symbole de diversité tandis que d’autres s’interrogent sur son image.
« Comment pouvons-nous envoyer un chanteur non juif pour nous représenter ? », a écrit un internaute sur les réseaux sociaux, cité par JTA. « Après tout, Israël est l’État d’une seule nation, le symbole de l’étoile de David figure sur le drapeau. C’est un fait, pas une opinion. » Le commentaire a suscité une poignée de réponses accusant l’auteur de racisme, mais aussi plus de 80 émojis de pouces levés.
Malgré tout cela, son père Tony Hamaty garde le cap.
« Les sections de commentaires sont entachées par quelques racistes très bruyants qui répondent à tout le monde », dit-il. « Mais la majorité saine d’esprit n’a montré que de l’amour pour Valerie. »





