Scandale dans l’artillerie israélienne : une sergente inculpée pour violences et humiliations sur deux soldates

Une affaire particulièrement grave secoue actuellement un bataillon régulier du corps d’artillerie de Tsahal. Le parquet militaire a déposé un acte d’accusation sévère contre une sergente identifiée comme « L. », poursuivie pour maltraitance aggravée à l’encontre de deux soldates au grade de caporal.

Les faits reprochés remonteraient au mois de novembre 2025, peu après l’arrivée des deux jeunes combattantes dans le bataillon. Selon l’acte d’accusation, la sergente aurait instauré un système de « sanctions » humiliantes et violentes, qualifiées par l’accusation de rituels punitifs.

Des « cérémonies » de coups en guise de punition

D’après le dossier, la sous-officière aurait puni les deux soldates pour des « infractions » liées à l’ancienneté – notamment l’utilisation d’expressions associées aux soldats plus expérimentés ou le contact avec des insignes réservés aux vétérans.

Lorsqu’elle estimait qu’une règle informelle avait été enfreinte, elle leur annonçait « bonne nuit », expression qui, selon l’acte d’accusation, signifiait qu’une sanction serait appliquée plus tard.

Une nuit, vers 2 heures du matin, elle aurait réveillé les deux jeunes militaires et leur aurait ordonné de se rendre dans les sanitaires du bataillon. Là, après avoir vérifié que la pièce était vide, elle les aurait placées face au mur, mains appuyées contre la paroi.

Coups répétés et humiliations

Selon les éléments transmis au tribunal militaire, la sergente aurait saisi l’une des soldates par le poignet, tandis que l’autre était contrainte de réciter des chants d’unité depuis son téléphone portable.

Pendant ce temps, la première soldate aurait été frappée à plusieurs reprises avec une plaque d’identification militaire (dog tag). Les coups auraient visé la taille et la cuisse, et se seraient prolongés durant plusieurs minutes.

L’acte d’accusation mentionne également des coups portés avec les poings sur le haut du corps, ainsi que l’usage de la poignée d’assaut d’une arme – sans que celle-ci soit montée – pour frapper la victime.

Une fois la première soldate battue, la sergente aurait ordonné un échange de positions, infligeant un traitement similaire à la seconde.

Une menace explicite

Toujours selon le document judiciaire, la sergente aurait conditionné l’intensité des coups au volume des chants récités : plus les soldates chantaient fort, moins les coups seraient douloureux ; plus elles chantaient faiblement, plus la violence augmenterait.

Les deux jeunes combattantes auraient demandé à plusieurs reprises que les violences cessent. L’acte d’accusation affirme que ces demandes ont été ignorées.

Réaction de Tsahal

Dans un communiqué officiel, Tsahal a confirmé le dépôt d’un acte d’accusation pour maltraitance aggravée et comportement indigne.

Le tribunal militaire a accepté la demande du parquet de prolonger la détention provisoire de la sergente, au moins jusqu’au 26 février. Une procédure de médiation pourrait être envisagée avec l’accord des parties.

L’armée a précisé qu’immédiatement après les faits, la commandante du bataillon avait convoqué l’ensemble des soldats pour un entretien disciplinaire visant à clarifier les limites autorisées, à rappeler les normes attendues et à réaffirmer les valeurs fondamentales de l’armée.

Tsahal a souligné considérer toute forme de maltraitance comme une violation grave du droit et des principes militaires, et a affirmé sa volonté de poursuivre pénalement tout soldat ou commandant impliqué dans de tels actes.

Un enjeu de commandement et de culture militaire

Cette affaire soulève des questions sensibles sur la gestion de l’autorité, la culture d’unité et les mécanismes de signalement au sein des unités combattantes.

Dans les forces armées, la frontière entre discipline stricte et abus de pouvoir constitue un enjeu constant. Les tribunaux militaires israéliens ont, ces dernières années, renforcé la sévérité des sanctions en cas de violences internes.

Le traitement judiciaire de ce dossier sera observé de près, tant pour son impact sur la crédibilité de la hiérarchie militaire que pour le message envoyé aux soldats et officiers quant aux limites non négociables de l’encadrement.

 


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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