Un an de prison pour la conductrice de 82 ans reconnue coupable d’abandon après la mort du petit Rafael Adana

Trois ans après la tragédie qui a coûté la vie à Rafael Adana, 4 ans, le tribunal de la circulation de Petah Tikva a prononcé ce lundi une peine de deux ans d’emprisonnement à l’encontre de Carol Pessler, 82 ans, dont un an ferme et un an avec sursis. Elle a été reconnue coupable d’abandon après accident – une infraction particulièrement grave en droit israélien lorsqu’un conducteur quitte les lieux sans porter assistance à une victime.

Le drame s’est produit le 6 mai 2023 sur l’avenue Ben Gourion à Netanya. Selon les faits établis par le tribunal, le véhicule conduit par Pessler a percuté un homme et ses deux petits-enfants qui traversaient la chaussée. Rafael Adana a été grièvement blessé et est décédé ultérieurement à l’hôpital. La conductrice a poursuivi sa route sans s’arrêter.

Une condamnation pour abandon, pas pour l’accident lui-même

Il est important de préciser que le tribunal n’a pas retenu contre elle la responsabilité pénale dans la survenue même de l’accident. L’accusation a finalement porté uniquement sur l’abandon après collision. Le juge Tal Perry a estimé que, même si elle n’était pas pénalement responsable de la collision initiale, elle avait conscience d’avoir heurté quelqu’un et avait néanmoins quitté les lieux sans vérifier l’état des victimes ni prévenir les secours.

Dans sa décision, le magistrat a souligné que la fuite d’un conducteur après un accident constitue un acte antisocial grave qui doit être sanctionné de manière dissuasive. Il a également relevé que l’accusée n’avait pas assumé pleinement sa responsabilité au cours de la procédure et que son témoignage avait été jugé peu crédible.

Le permis de conduire de Carol Pessler a été révoqué à vie. Le tribunal a par ailleurs fixé une indemnisation de 10 000 shekels à verser à la famille de l’enfant dans un délai de 120 jours, précisant qu’il s’agit d’un montant symbolique ne représentant en aucun cas la valeur d’une vie humaine.

La famille en colère

À l’énoncé du verdict, l’émotion était palpable. La mère de Rafael a éclaté en sanglots dans la salle d’audience. Des membres de la famille ont exprimé leur colère, estimant que la peine est trop clémente. Ils contestent également l’identité du conducteur au moment des faits, affirmant que ce n’était pas Pessler mais sa fille qui se trouvait au volant. Selon eux, l’affaire n’a pas été pleinement élucidée.

Le ministère public, représenté par l’avocat Shagai Shegev, avait requis entre deux et quatre ans de prison ferme. Il a déclaré après le jugement que le tribunal avait reconnu la gravité morale de l’abandon, mais que le parquet examinerait la possibilité de faire appel.

La défense, assurée par Me Shahar Mandelman, avait demandé qu’aucune peine de prison ferme ne soit prononcée, invoquant l’âge avancé de l’accusée, son état de santé et l’exposition médiatique intense dont elle a fait l’objet. Une demande de suspension de l’exécution de la peine a été déposée afin de permettre l’introduction d’un recours.

« Je pensais qu’une moto m’avait percutée »

Au cours du procès, Carol Pessler a déclaré qu’elle n’avait pas réalisé avoir percuté des piétons. Elle a expliqué avoir ressenti un « choc » et avoir vu son rétroviseur gauche se briser. Selon sa version, elle aurait cru qu’une moto l’avait heurtée et poursuivi sa route en pensant que tout était en ordre.

Le tribunal a toutefois estimé que plusieurs éléments contredisaient cette interprétation, notamment le fait qu’elle ait consulté un avocat rapidement après l’incident et qu’elle n’ait pas signalé les dommages observés sur son véhicule aux autorités.

Le juge a également rejeté l’argument selon lequel son âge devrait la prémunir contre une peine d’emprisonnement effective. Il a considéré qu’elle demeurait autonome et lucide, et que l’âge ne saurait constituer une immunité pénale.

Une affaire qui a profondément marqué l’opinion

La mort de Rafael Adana avait suscité une vive émotion nationale. Le dossier a alimenté un débat sur la sévérité des sanctions en matière de délits routiers, notamment dans les cas de fuite après accident. L’abandon d’une victime est perçu en Israël comme une atteinte particulièrement grave au pacte social, au-delà de la responsabilité dans la collision elle-même.

Cette décision judiciaire ne met pas fin aux tensions. La famille de l’enfant envisage de poursuivre les démarches juridiques. La défense, de son côté, devrait déposer un appel dans les prochains jours.

Au-delà du cas individuel, l’affaire relance la question plus large de la prévention des délits de fuite et de la responsabilité morale des conducteurs. La justice a estimé qu’un message devait être envoyé : quitter les lieux d’un accident sans porter secours constitue une faute grave, indépendamment des circonstances initiales.

 


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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