La République islamique d’Iran a récemment affiché, au cœur de Téhéran, une imagerie représentant Israël comme le « 51e État » des États-Unis.
Ce message visuel s’inscrit dans une stratégie narrative bien connue : délégitimer l’Israël en le présentant comme simple prolongement de la puissance américaine.
Une rhétorique ancienne, un écho contemporain
L’idée selon laquelle Israël serait une « colonie » ou un « État satellite » de Washington n’est pas nouvelle dans la propagande iranienne. Elle vise plusieurs objectifs :
- Délégitimer la souveraineté israélienne en niant son autonomie stratégique.
- Transformer le conflit régional en confrontation globale contre les États-Unis.
- Mobiliser un discours anti-occidental susceptible de rallier différents publics.
Ce qui interpelle aujourd’hui certains observateurs, c’est la convergence apparente entre cette rhétorique et certains discours marginaux circulant dans des sphères radicales américaines, où l’alliance stratégique Washington–Jérusalem est caricaturée comme une subordination.
Guerre de l’image et guerre psychologique
L’affichage public de ce type de message au centre de Téhéran ne relève pas uniquement de la communication interne. Il s’agit d’un signal politique adressé :
- À la population iranienne
- Aux acteurs régionaux
- À l’opinion occidentale
Dans un contexte de tensions accrues entre Washington et Téhéran, la République islamique cherche à inscrire le conflit dans une logique binaire : l’Iran face à un bloc américano-israélien indissociable.
Réalité stratégique : alliance assumée, autonomie maintenue
Il est indéniable que les États-Unis et Israël entretiennent une alliance stratégique étroite, couvrant :
- Coopération militaire
- Partage de renseignement
- Coordination diplomatique
- Partenariats technologiques
Mais qualifier Israël de « 51e État » occulte plusieurs réalités :
- Israël prend régulièrement des décisions sécuritaires indépendantes.
- Les divergences entre Washington et Jérusalem ont existé sous différentes administrations.
- La politique israélienne repose sur ses propres intérêts nationaux.
La formule relève donc davantage de la propagande que d’une description géopolitique rigoureuse.
Dimension biblique et symbolique
La citation d’Book of Amos 3:3 — « Deux hommes marchent-ils ensemble sans s’être concertés ? » — introduit une dimension théologique dans le débat.
Dans son contexte original, le verset interroge la causalité et l’intention dans l’histoire. Utilisé aujourd’hui, il suggère une alliance fondée sur une convergence d’intérêts et de valeurs plutôt que sur une domination unilatérale.
Une bataille narrative mondiale
Au-delà du slogan, la question est stratégique :
- L’Iran cherche-t-il à internationaliser davantage le conflit ?
- Cherche-t-il à délégitimer le soutien américain à Israël sur la scène mondiale ?
- Ou à mobiliser des courants anti-occidentaux divers autour d’une rhétorique commune ?
Dans un environnement géopolitique polarisé, la guerre ne se joue pas uniquement sur les terrains militaires ou économiques, mais aussi sur le plan symbolique et informationnel.
Conclusion
La représentation d’Israël comme « 51e État » américain relève d’une stratégie de communication visant à effacer la souveraineté israélienne et à présenter le conflit comme une confrontation globale contre Washington.
Face à cette rhétorique, l’alliance stratégique entre les États-Unis et Israël reste assumée — mais elle demeure une alliance entre deux États souverains.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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