L’« occasion rare » attendue depuis longtemps par les services américains et israéliens s’est présentée samedi matin. Selon des informations rapportées notamment par Reuters, des responsables du renseignement ont identifié trois réunions distinctes de hauts dirigeants politiques et militaires iraniens, ce qui a conduit à une frappe en plein jour. Environ quarante hauts responsables iraniens auraient été tués lors de ces attaques coordonnées. Parmi eux figureraient des personnalités centrales du régime, dont le guide suprême Ali Khamenei.
Deux sources iraniennes ont indiqué à l’agence Reuters que peu avant la frappe contre sa résidence, le guide suprême d’Iran participait à une réunion avec ses principaux conseillers, dont Ali Larijani et Ali Shamkhani, ainsi que d’autres responsables, dans un lieu sécurisé. L’armée israélienne a déclaré que Shamkhani avait été éliminé lors des frappes de samedi matin, et le président des États-Unis Donald Trump a confirmé que Khamenei l’avait également été. Larijani a publié un message sur son compte X la veille au soir, et il n’est pas clair à ce stade s’il a survécu.
Selon un responsable américain cité, la réunion devait initialement se tenir dans la soirée à Téhéran, mais le renseignement israélien aurait identifié qu’elle avait été avancée au samedi matin. Les frappes auraient alors été anticipées afin de profiter de la présence simultanée de plusieurs hauts responsables.
Le Wall Street Journal rapporte que les services de renseignement militaires israéliens et américains attendaient depuis longtemps une telle opportunité : une réunion rassemblant simultanément des dirigeants politiques et militaires de haut niveau, permettant de frapper l’ensemble de la direction en une seule opération. Samedi matin, selon des sources israéliennes, les officiers du renseignement ont identifié non pas une, mais trois réunions distinctes, dont celle impliquant Khamenei. La situation aurait été jugée suffisamment exceptionnelle pour décider d’attaquer en plein jour. Des avions israéliens auraient largué 30 bombes sur la résidence du guide suprême, laissant le site incendié et détruit.
Donald Trump a déclaré : « Khamenei n’a pas réussi à échapper à notre renseignement et à nos systèmes de surveillance les plus sophistiqués. En étroite coopération avec Israël, il n’y avait rien qu’il – ou les autres dirigeants tués avec lui – puissent faire. »
La chaîne CBS a rapporté qu’environ quarante hauts responsables iraniens auraient été tués dans les frappes américaines et israéliennes, parmi lesquels Ali Shamkhani, Mohammad Pakpour, présenté comme commandant des Gardiens de la révolution, et Aziz Nasirzadeh, ministre de la Défense. À ce stade, il n’est pas clair comment ces décès – et en particulier celui de Khamenei – affecteront la survie du régime iranien. Avant l’attaque, une évaluation de la CIA estimait que Khamenei pourrait être remplacé par des éléments plus radicaux au sein des Gardiens de la révolution. Toutefois, Israël et les États-Unis auraient affiché comme objectif le remplacement du régime. Entre-temps, un conseil temporaire aurait été mis en place en Iran pour assumer les fonctions de direction.
Le New York Times a indiqué que certaines informations concernant la réunion des dirigeants et la localisation de Khamenei avaient été obtenues dans le cadre d’une coopération étroite entre les communautés du renseignement israélienne et américaine. Cette coordination aurait permis de fixer le début de l’opération au moment précis où les responsables étaient réunis, permettant ainsi, selon le journal, de décapiter une grande partie de la direction iranienne dès les premières minutes de la guerre.
Les Gardiens de la révolution ont menacé de répondre de manière « historique » à l’élimination de Khamenei. Un haut commandant a déclaré à l’agence iranienne Fars que « l’assassinat de dirigeants n’affectera en rien l’avancement de cette campagne. Notre système est structuré de manière à permettre la nomination immédiate de personnes compétentes après la mort de tout dirigeant ».
Le double jeu de Ben Salmane
Le Washington Post rapporte qu’en plus du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane aurait également fait pression sur Donald Trump pour lancer l’attaque. Selon le journal, Ben Salmane aurait eu plusieurs conversations téléphoniques avec le président américain pour encourager une action militaire, bien qu’il ait publiquement soutenu une solution diplomatique.
Toujours selon le Washington Post, Ben Salmane aurait déclaré, à l’issue d’un entretien avec le président iranien Pezeshkian, que son pays n’autoriserait pas l’utilisation de son espace aérien ou de son territoire pour des attaques contre l’Iran. Toutefois, dans ses échanges avec les responsables américains, il aurait averti qu’en l’absence d’une frappe américaine, l’Iran sortirait renforcé et plus dangereux grâce à la puissance militaire accumulée au Moyen-Orient.
Le journal souligne que Khalid ben Salmane, frère du prince héritier, aurait délivré un message similaire lors de réunions privées à Washington en janvier. Le Washington Post précise que Donald Trump aurait finalement été convaincu de lancer l’attaque, en contradiction avec sa politique de longue date, et ce malgré l’absence de menace directe contre le territoire américain.
Selon le Washington Post, le double jeu de Ben Salmane serait lié à sa volonté de prévenir une éventuelle vengeance iranienne contre les infrastructures pétrolières saoudiennes. Des sources proches du prince héritier auraient reconnu qu’il considère Téhéran comme l’ennemi ultime de Riyad dans la région, dans le cadre de la rivalité de longue date entre l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés
Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News
📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢









