L’euro au bord du gouffre face au shekel : les investisseurs en état de choc

Si la tendance actuelle se confirme, l’euro pourrait descendre sous le seuil de 3,5 shekels et frôler un plancher historique — un scénario que peu d’analystes osaient envisager il y a encore quelques mois.

Le marché des changes envoie des signaux inhabituels depuis plusieurs semaines. Le shekel israélien continue de s’apprécier face aux grandes devises mondiales, dans un mouvement qui résiste à la logique ordinaire : un pays en guerre ouverte avec l’Iran, dont les sirènes retentissent plusieurs fois par semaine, voit sa monnaie se renforcer. Ce paradoxe apparent est pourtant bien réel, et ses conséquences commencent à se faire sentir pour tous ceux qui détiennent des euros ou des dollars.

Les chiffres qui inquiètent

Selon des données publiées par Maariv, le taux représentatif du dollar a reculé de 0,45% pour s’établir à 3,096 shekels, tandis que l’euro a cédé 0,26% pour tomber à 3,57 shekels. Cette dernière valeur ramène la parité euro-shekel dans les environs des niveaux records enregistrés fin 2022 — une période qui avait marqué les esprits des marchés et des épargnants israéliens.

Ce n’est pas un phénomène ponctuel. La dynamique est double et se nourrit d’elle-même. D’un côté, le shekel se renforce structurellement face au dollar. De l’autre, l’euro lui-même s’affaiblit face au billet vert : après une appréciation d’environ 15% sur un an, la monnaie européenne est entrée dans une phase de correction, et le dollar est revenu à des niveaux compris entre 1,14 et 1,15 dollar pour un euro.

L’effet ciseau

C’est précisément la combinaison de ces deux mouvements qui crée l’effet le plus douloureux pour les détenteurs d’euros. Le taux euro-shekel n’est pas une valeur indépendante : il résulte mécaniquement du croisement entre le dollar-shekel et l’euro-dollar. Lorsque le shekel monte face au dollar et que l’euro baisse face au même dollar, l’euro-shekel encaisse un double choc. Le résultat est une chute plus prononcée que ce que chacun de ces mouvements produirait isolément — un effet ciseau qui amplifie les pertes pour quiconque convertit des euros en shekels.

Les estimations de marché évoquées dans l’article sont explicites : si rien ne vient contrecarrer la tendance, l’euro pourrait franchir le seuil symbolique des 3,5 shekels et s’approcher d’un plancher historique. Un tel niveau aurait des implications directes pour les importateurs israéliens qui achètent en euros, pour les touristes et les nouveaux immigrants arrivés de la zone euro, mais aussi pour les Israéliens qui maintiennent une épargne ou des investissements libellés en monnaie européenne.

La variable géopolitique

À ce tableau s’ajoute une inconnue supplémentaire : les tensions commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne. Les frictions entre Washington et Bruxelles sur les tarifs douaniers et les relations économiques transatlantiques constituent une pression additionnelle sur l’euro, dont l’évolution dépend en partie des arbitrages politiques américains. Dans un contexte où l’administration Trump mène simultanément une guerre contre l’Iran et une politique commerciale agressive vis-à-vis de ses partenaires, les marchés des changes intègrent une prime d’incertitude supplémentaire.

Pour les investisseurs, la question n’est plus seulement de savoir si le shekel continuera à monter, mais jusqu’où cette dynamique peut aller dans un environnement aussi atypique — et ce que la Banque d’Israël sera prête à tolérer avant d’intervenir.

Source : Colbass.com / Maariv, données de marché au 18 mars 2026

 


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés

Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News

📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢

 

S1871ab49133f4530a788d53fb2392d37b