Il y a un fil conducteur qui relie Anvers à Rotterdam, Amsterdam à Oslo, et maintenant Londres. Ce fil, c’est celui d’une vague d’actes antisémites qui frappe l’Europe depuis plusieurs semaines avec une intensité qui a poussé des gouvernements à sortir leurs armées dans les rues — non pas pour combattre un ennemi extérieur, mais pour protéger leurs propres citoyens juifs.
Anvers : deux mineurs arrêtés pour incendie criminel
Dans la nuit de lundi à mardi, deux mineurs ont été arrêtés en Belgique, soupçonnés d’être impliqués dans un incendie criminel à Anvers, dans ce qui se présente comme une attaque antisémite. C’est ce qu’a indiqué un responsable officiel belge à l’agence Reuters.
Ce n’est pas un incident isolé. Les arrestations surviennent dans le contexte de la décision du gouvernement belge de déployer, dès lundi, des soldats dans les rues des grandes villes, afin de renforcer la sécurité autour des institutions de la communauté juive. Cette mesure a été prise à la suite d’une série d’attaques, dont une explosion survenue plus tôt ce mois-ci dans une synagogue à Liège — un événement qualifié par les autorités d’acte antisémite caractérisé.
Le ministre belge de la Défense, Theo Francken, n’a pas mâché ses mots. « À partir d’aujourd’hui, nous renvoyons les soldats dans les rues de Bruxelles et d’Anvers », a-t-il écrit sur X. « Anvers est à nouveau un peu plus sûre, tout comme la communauté juive. Nous disons non à l’antisémitisme ! »
Le déploiement militaire, effectué en coopération avec la police fédérale, vise à sécuriser les synagogues, les écoles et d’autres sites juifs. Selon le ministère belge de la Défense, il se déroulera en trois phases : d’abord à Bruxelles et Anvers, puis dans la ville de Liège.
Le tweet de Bruno Struys, journaliste belge, accompagné d’une vidéo de l’incendie, a rapidement circulé : https://twitter.com/brunostruys/status/2036336465974608135
Des Pays-Bas à la Norvège : l’Europe sous tension
La montée en tension ne se limite pas à la Belgique. Aux Pays-Bas voisins, cinq suspects âgés de 17 à 19 ans ont été arrêtés pour une attaque incendiaire contre une synagogue à Rotterdam. En parallèle, une explosion a été signalée dans une école juive à Amsterdam, et en Norvège, les autorités enquêtent sur une explosion survenue à l’ambassade américaine à Oslo, traitée comme un acte terroriste.
Heureusement, aucune victime n’est à déplorer dans cette série d’attaques récentes.
La géographie de la violence est éloquente : Anvers, Bruxelles, Rotterdam, Amsterdam, Oslo — des villes au cœur de l’Europe démocratique, des capitales ou grandes métropoles où des communautés juives vivent depuis des siècles, et qui se retrouvent soudain à devoir compter sur des patrouilles militaires pour circuler librement.
Londres : des ambulances juives brûlées
En Grande-Bretagne également, des incidents similaires ont été enregistrés : quatre ambulances appartenant à une organisation communautaire juive dans le nord de Londres ont été entièrement incendiées.
Brûler des véhicules de secours estampillés d’une identité communautaire — c’est un acte qui dépasse le vandalisme. C’est un message adressé à une communauté entière : vous n’êtes pas en sécurité, même dans vos institutions les plus humanitaires.
Le contexte de la guerre contre l’Iran
Des militants des droits de l’homme avertissent que la vague d’attaques contre les communautés juives à travers le monde s’est considérablement intensifiée depuis l’ouverture de la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.
Le lien de causalité est difficile à établir avec certitude, mais la corrélation temporelle est frappante. La guerre en Iran a déclenché non seulement des contre-frappes militaires dans la région, mais aussi une mobilisation de la haine dans les rues d’Europe. Des adolescents incendient des synagogues. Des ambulances juives brûlent à Londres. Des bombes explosent près d’écoles. Et les gouvernements répondent en sortant l’armée — un aveu implicite que les forces de police ordinaires ne suffisent plus.
Ce qui se passe en ce moment en Europe n’est pas une vague de criminalité de droit commun. C’est une campagne de terreur à basse intensité, conduite principalement par de très jeunes gens, ciblant des symboles et des institutions juifs avec une cohérence qui interpelle. Les arrestations se multiplient — des mineurs pour la plupart — mais les actes continuent. La question que les gouvernements européens se posent désormais n’est plus de savoir si la menace est réelle. Elle l’est. La question est de savoir combien de temps l’armée dans les rues sera une réponse suffisante.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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