En pleine nuit de Shabbat de guerre, alors que les sirènes rĂ©sonnaient sur le bloc Dan et que les services d’urgence intervenaient sur les zones d’impact des missiles iraniens, la police israĂ©lienne menait une opĂ©ration d’un tout autre registre Ă Bat Yam : l’interpellation de 21 sĂ©journants illĂ©gaux dĂ©couverts sur le chantier d’une nouvelle Ă©cole en construction dans la ville. Parmi eux, un ressortissant jordanien. La rĂ©action du maire Zvika Brott a Ă©tĂ© immĂ©diate et sans appel : l’entrepreneur responsable du chantier a Ă©tĂ© licenciĂ© dans la soirĂ©e mĂŞme.
Ce que la police a trouvé sur le chantier
L’opĂ©ration a mis au jour une situation qui dĂ©passe la simple prĂ©sence de travailleurs sans papiers. Sur le chantier de construction de la nouvelle Ă©cole, des installations de vie avaient Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©es pour les travailleurs clandestins : une chambre Ă coucher et des douches avaient Ă©tĂ© prĂ©parĂ©es dans l’enceinte du site. Ce n’Ă©tait donc pas une prĂ©sence opportuniste ou passagère — c’Ă©tait une installation organisĂ©e, dĂ©libĂ©rĂ©e, permettant aux travailleurs de vivre sur place de manière permanente.
Parmi les 21 personnes interpellĂ©es, certaines dĂ©tenaient des autorisations de sĂ©jour pĂ©rimĂ©es. D’autres — dont le ressortissant jordanien — n’avaient aucun document valable. La prĂ©sence d’un citoyen d’un pays arabe sur un chantier sĂ©curisĂ© d’infrastructure publique, en pĂ©riode de guerre, a particulièrement retenu l’attention des autoritĂ©s.
La réaction du maire : tolérance zéro
Zvika Brott, maire de Bat Yam, n’a pas attendu le lendemain pour rĂ©agir. Dans la soirĂ©e mĂŞme, il a annoncĂ© le licenciement immĂ©diat de l’entrepreneur responsable du chantier, soulignant qu’il s’agissait d’une violation grave des procĂ©dures et de la loi — d’autant plus inacceptable dans le contexte sĂ©curitaire actuel.
Sa dĂ©claration ne laisse aucune place Ă l’ambiguĂŻtĂ© : « La politique que j’ai fixĂ©e est claire — tolĂ©rance zĂ©ro envers quiconque met en danger les citoyens ou agit en contradiction avec la loi. » Le maire a par ailleurs indiquĂ© que la municipalitĂ© de Bat Yam entendait rĂ©clamer le remboursement de plusieurs centaines de milliers de shekels en compensation des retards prĂ©visibles dans la poursuite des travaux de construction.
La dimension sécuritaire : un chantier public, un citoyen jordanien, une guerre en cours
Ce qui transforme ce qui pourrait ĂŞtre un fait divers administratif ordinaire en incident Ă rĂ©sonance sĂ©curitaire, c’est le contexte dans lequel il survient. IsraĂ«l est en guerre depuis trente-six jours. Les consignes de sĂ©curitĂ© sur les chantiers publics — a fortiori sur ceux d’infrastructures Ă©ducatives financĂ©es par les collectivitĂ©s locales — sont particulièrement strictes. La prĂ©sence de travailleurs sans papiers, dont un ressortissant d’un État arabe voisin, sur un site de ce type constitue une faille sĂ©curitaire que les autoritĂ©s ne peuvent pas traiter comme une simple infraction administrative.
Le maire a d’ailleurs choisi de mentionner explicitement « le contexte sĂ©curitaire » comme facteur aggravant dans sa dĂ©cision de licencier l’entrepreneur. Ce faisant, il inscrit cet Ă©pisode dans le cadre plus large de la vigilance exigĂ©e de tous les acteurs Ă©conomiques et institutionnels en temps de guerre.
Un phénomène qui dépasse Bat Yam
La dĂ©couverte de ces 21 clandestins sur un chantier public de Bat Yam n’est pas un cas isolĂ©. Le secteur de la construction israĂ©lien emploie depuis des annĂ©es une main-d’Ĺ“uvre partiellement composĂ©e de travailleurs en situation irrĂ©gulière, une rĂ©alitĂ© structurelle que la guerre n’a pas fait disparaĂ®tre — et que les sirènes et les missiles ont en quelque sorte relĂ©guĂ©e au second plan dans l’attention publique.
Mais c’est prĂ©cisĂ©ment en temps de crise que les failles dans les dispositifs de contrĂ´le peuvent avoir les consĂ©quences les plus graves. Un chantier de construction d’Ă©cole, avec des travailleurs vivant sur place, sans supervision adĂ©quate de leur identitĂ© et de leur statut, reprĂ©sente un risque que la municipalitĂ© de Bat Yam a dĂ©cidĂ© de ne pas laisser passer.
Le maire a conclu en remerciant le commandant de la station de police de Bat Yam, le superintendant adjoint Adi Berkowitz, ainsi que les Ă©quipes d’urgence municipales ayant participĂ© Ă l’opĂ©ration, saluant un travail qu’il a qualifiĂ© d’« important et excellent, sans crainte et sans peur de personne. »
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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