Onze des seize soldats hesder du bataillon Rotem, au sein de la brigade Givati, envoyés en prison à la suite de l’affaire du blindé Namer et de la secouriste, devraient être libérés ce vendredi de la prison militaire. L’information a été révélée ce matin dans l’émission « Haboker Hazeh » sur Kan, chaîne B. À l’approche de leur libération, les parents de certains d’entre eux, ainsi que leurs soutiens, ont appelé le public à se rendre à 7h45 du matin devant les portes des prisons pour prier et soutenir les combattants.
L’affaire remonte à la fin du mois d’août. Selon les informations rapportées à l’époque, seize soldats de la compagnie de reconnaissance du bataillon Rotem — qui comprend des étudiants de yeshivot hesder — avaient refusé un ordre de patrouille opérationnelle à bord d’un véhicule blindé Namer dans la bande de Gaza, après avoir appris qu’une secouriste militaire rejoindrait leur force. Ce refus avait entraîné l’annulation pure et simple de l’opération. Selon Tsahal, les commandants de la force étaient prêts à exécuter la mission, mais les soldats avaient refusé en raison de la présence de la secouriste. Le commandant de compagnie avait tenté de les convaincre en expliquant l’importance et l’urgence de la mission, et le rabbin de la brigade avait lui-même statué que la halakha autorisait leur participation. Les soldats avaient malgré tout maintenu leur refus.
Cinq soldats, identifiés comme les meneurs du refus, avaient été condamnés à dix jours de détention, tandis que les onze autres avaient écopé de cinq jours. Deux des cinq soldats les plus lourdement sanctionnés doivent passer devant une commission d’évaluation avant de pouvoir reprendre le combat. Les sanctions avaient été fixées par le commandant du bataillon, en fonction du degré d’implication de chaque soldat.
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Une version des faits contestée par les parents
Les parents des soldats contestent toutefois la version de l’armée. Selon eux, une partie des soldats sanctionnés n’étaient même pas présents lors de l’incident et n’avaient refusé aucun ordre : ils auraient été jugés et emprisonnés simplement pour avoir exprimé leur position de principe, après que le commandant de compagnie leur eut demandé comment ils auraient agi dans un cas similaire. Un autre soldat, qui avait bien exécuté la mission tout en maintenant son engagement religieux, aurait quant à lui été puni d’une restriction de sortie de base.
Dans une lettre adressée au chef d’état-major, les parents ont réclamé une réunion d’urgence, dénonçant une « crise de confiance et une défaillance de commandement » au sein du bataillon. « À la suite de publications trompeuses, une section entière a été présentée comme mutinée », ont-ils écrit. Selon eux, les soldats cherchaient simplement à faire valoir leur droit à servir conformément à l’ordonnance sur le service mixte, mais au lieu d’œuvrer à rétablir la confiance, le commandement aurait opté pour une punition collective incluant emprisonnements et privations de permissions. Les parents ont qualifié cette sanction de « scandale », estimant sa légalité douteuse : « Il ne peut exister de réalité où des combattants sont emprisonnés pour avoir défendu l’ordonnance sur le service mixte et pour être restés fidèles à leur foi. » Ils ont averti qu’une telle gestion pourrait avoir un impact durable sur la volonté des étudiants de yeshiva de s’engager dans Tsahal.
Selon les parents, il s’agit de combattants d’élite : leur section aurait remporté la première place lors des évaluations des unités d’entraînement, et aurait participé aux combats au Liban comme à Gaza. Huit soldats de la section ont été blessés pendant les combats, dont trois grièvement.
La controverse avait également suscité de vives réactions politiques et religieuses. L’Association des yeshivot hesder avait critiqué la sévérité de la sanction, estimant qu’elle ne reflétait pas la réalité plus large vécue par les combattants religieux, régulièrement confrontés selon elle à des situations de service mixte contraires à la halakha. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich avait lui aussi apporté publiquement son soutien aux seize soldats, déclarant soutenir « les soldats qui ont insisté sur leur droit et leur devoir de servir dans Tsahal tout en préservant leurs valeurs et leur foi, conformément à l’ordonnance sur le service mixte ».
L’affaire avait également suscité des critiques de la part de femmes servant dans des fonctions médicales et combattantes. Alissa Krant, secouriste de réserve au sein de la brigade 271, avait confié à Ynet sa frustration face à ce refus, rappelant qu’un soldat blessé nécessitant des soins d’urgence ne se soucierait pas de savoir si la personne qui le soigne est un homme ou une femme, et que la halakha elle-même donne la priorité au sauvetage de vies humaines.






