Le chef d’état-major en avertissement exceptionnel : « Cela peut arriver à tout moment »

Dans les faubourgs de Bint Jbeil, à l’intérieur du territoire libanais, le chef d’état-major de Tsahal, le général de corps d’armée Eyal Zamir, a tenu hier (jeudi) une réunion d’évaluation de situation avec des commandants sur le terrain. Le message qu’il a délivré est d’une clarté qui ne laisse aucune place à l’ambiguïté : la guerre continue, sur tous les fronts, et le retour à une intensité maximale peut survenir à n’importe quel moment.

« Tsahal est en état de guerre, nous ne sommes pas en cessez-le-feu », a déclaré Zamir. « Nous continuons à nous battre ici dans ce secteur, c’est notre secteur de combat principal. Avec l’Iran, nous sommes en cessez-le-feu, mais là aussi nous pouvons à tout moment reprendre le combat, et de manière très puissante. »

Cette formulation, prononcée depuis le cœur du Liban-Sud, est une mise en garde adressée simultanément au Hezbollah, à l’Iran et à l’opinion publique israélienne : le silence des canons n’est pas la paix. C’est une pause tactique, sous surveillance armée permanente.

« Les réalisations sont historiques »

Le chef d’état-major a souligné l’importance de la présence terrestre et de l’élimination de la menace pesant sur les habitants du Nord : « Nous continuons à approfondir nos acquis et notre activité. L’endroit où vous vous trouvez est très important — c’est le Liban, c’est face au Hezbollah. Ici nous opérons et déployons de nombreux moyens et capacités. » Il a ajouté que « les réalisations globales de cette guerre jusqu’à présent sont des réalisations historiques. »

Ces mots, prononcés devant des soldats engagés dans les combats les plus intenses que Tsahal ait menés depuis des années, ne sont pas de la rhétorique de communication. Ils reflètent une conviction stratégique : l’état-major considère que l’opération en cours au Liban, combinée aux frappes contre l’Iran, a fondamentalement reconfiguré l’équilibre des forces dans la région.

« Le Hezbollah comprend qu’il est isolé »

Zamir a évoqué l’affaiblissement de l’axe iranien et son impact sur l’organisation au Liban : « L’Iran d’avant cette guerre n’est plus le même Iran — il est bien plus faible. Le coup encaissé par l’Iran affecte le Hezbollah, parce qu’il comprend qu’il est maintenant isolé. Il est isolé à l’intérieur du Liban, isolé de son arrière stratégique, de ceux qui le financent et lui fournissent des armements — et c’est une réalisation très significative. »

Cette lecture est centrale dans la doctrine de la campagne actuelle : briser le cordon ombilical entre Téhéran et le Hezbollah ne se fait pas uniquement par des frappes directes contre l’organisation au Liban. Cela passe par l’affaiblissement de la source — l’Iran lui-même — au point que le Hezbollah se retrouve à opérer sans filet, sans réapprovisionnement fiable, sans soutien logistique continu.

Le chef d’état-major a révélé que la pression militaire laisse des traces visibles dans la direction de l’organisation : « Alors que nos forces opèrent en première ligne et en profondeur, hier nous avons porté un coup d’état-major à Beyrouth et dans la Bekaa. L’organisation est en état de choc profond. Ils ont quitté le Dahiyeh, sont partis ailleurs et de là ont géré le combat. Le Hezbollah rencontre nos avions de combat et nos forces terrestres, et nous supprimons la menace directe pesant sur nos localités. »

« Nous faisons rempart entre l’ennemi et les localités »

La visite à Bint Jbeil n’est pas anodine géographiquement. Cette ville, symbole des combats de 2006 lors de la Deuxième Guerre du Liban, est aujourd’hui le théâtre d’une présence israélienne que peu auraient imaginée il y a encore un an. Le fait que le chef d’état-major s’y rende, qu’il y tienne ses réunions de commandement, dit quelque chose sur l’étendue et la profondeur de l’engagement terrestre en cours.

Zamir a conclu ses propos en soulignant la mission opérationnelle des combattants sur le terrain : « Nous sommes partout — comme nous le sommes à Gaza et en Syrie — ici aussi au Liban. Nous sommes en avant, et nous faisons rempart, grâce à nos forces, nos blindés et nos soldats, entre l’ennemi et les localités. C’est notre rôle, c’est notre mission. »

Il a exprimé une haute considération pour les forces de réserve et les soldats réguliers opérant dans le secteur : « Je pense que cette mission est très claire. Il y a beaucoup de respect pour ces hommes — ce sont tout simplement les meilleurs hommes du monde, avec un esprit formidable. Je ne me souviens pas dans l’histoire de Tsahal de capacités aussi fortes en blindés, infanterie et génie. Prenez soin de vous et tenez bon dans vos missions. »

La vidéo de la visite du chef d’état-major au Liban est disponible ici : https://video.srugim.co.il/storage/2026/04/axe34c74/master.m3u8

 

srugim.co.il


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