Benjamin Netanyahu a brisé le silence ce jeudi sur son état de santé, dans un long message publié sur le réseau X, quelques minutes après la publication de son rapport médical annuel. Le Premier ministre israélien a confirmé qu’il avait été diagnostiqué avec un cancer de la prostate à un stade très précoce, qu’il a reçu un traitement par radiothérapie ciblée à l’hôpital Hadassah de Jérusalem il y a environ deux mois et demi, et que la maladie a depuis totalement disparu. « Grâce à Dieu, j’ai vaincu ça aussi », a-t-il écrit.
La révélation a une dimension politique immédiate : Netanyahu explique lui-même avoir demandé que la publication de son bilan soit retardée de deux mois. La raison invoquée est explicite — il ne voulait pas que l’information soit diffusée « au pic de la guerre pour ne pas permettre au régime de terreur en Iran de répandre encore plus de propagande mensongère contre Israël ». Une justification stratégique qui confirme, en creux, que la maladie a été traitée dans un silence délibéré pendant que le Premier ministre conduisait les opérations militaires les plus importantes de l’histoire récente d’Israël.
Ce que dit le rapport médical
Le professeur Aharon Popovtzer, qui a suivi le Premier ministre à Hadassah, a précisé les détails médicaux. Dans le cadre d’un suivi de routine, une lésion de 0,9 centimètre a été découverte par hasard — diagnostiquée comme un adénocarcinome de la prostate, le type de cancer prostatique le plus courant. La tumeur se situait à un stade très précoce, n’avait pas franchi la capsule de la glande et ne présentait aucune métastase. Deux options ont été proposées au Premier ministre : une surveillance médicale rapprochée sans traitement immédiat, ou un traitement par radiothérapie moderne. Il a choisi la seconde.
Le traitement a été réalisé à Hadassah. Selon le professeur Popovtzer : « On peut dire d’après les résultats de ces examens que la maladie a disparu, et il n’y a aucune preuve de maladie. Le Premier ministre continuera un suivi de routine standard comme il est d’usage. »
Netanyahu lui-même a décrit les séances de traitement avec une désinvolture assumée : « Je suis venu à quelques courtes séances de traitement, j’ai lu un livre, et j’ai continué à travailler. » Une formulation qui vise manifestement à rassurer sur sa capacité à exercer ses fonctions sans interruption.
Un cancer fréquent, souvent silencieux
Le cancer de la prostate est l’un des cancers les plus répandus chez les hommes au-delà de 70 ans. Plus de 50% des hommes de plus de 80 ans porteraient des cellules cancéreuses dans la prostate sans que cela affecte leur santé ou leur espérance de vie. Dans la majorité des cas détectés précocement — comme celui de Netanyahu — les taux de survie à long terme avoisinent les 100%. La maladie est souvent silencieuse dans ses premières phases : aucun symptôme perceptible, aucune douleur. Elle est détectée soit par une prise de sang mesurant le taux de PSA, soit lors d’examens manuels périodiques.
La radiothérapie ciblée choisie par Netanyahu est une technique médicale moderne qui permet de détruire les cellules cancéreuses avec une grande précision, tout en protégeant les tissus sains environnants. Pour un cancer à stade aussi précoce, ce traitement est généralement suffisant et définitif — sans nécessiter de traitements complémentaires complexes.
« Quand on me signale un danger, je veux m’en occuper immédiatement »
Dans son message sur X, Netanyahu a évoqué son état d’esprit face au diagnostic avec une cohérence revendiquée entre sa philosophie politique et son attitude personnelle : « Vous me connaissez déjà. Quand on me transmet des informations à temps sur un danger possible, je veux m’en occuper immédiatement. C’est vrai au niveau national et aussi au niveau personnel. » Il a conclu en remerciant les équipes médicales de Hadassah et en appelant les Israéliens à prendre soin de leur santé, à se faire dépister et à suivre les conseils des médecins.
Netanyahu avait subi il y a un an et demi une opération réussie pour une hypertrophie bénigne de la prostate — un problème différent du cancer, mais qui avait conduit à un suivi médical régulier depuis lors. C’est dans ce cadre de suivi qu’a été découverte la lésion cancéreuse.
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