Israël fait exploser 700 mines terrestres dans le Golan près de la frontière syrienne dans une grande opération de déminage de champs minés vieux de plusieurs décennies

Le ministère israélien de la Défense a publié des images d’une détonation contrôlée de grande envergure sur le plateau du Golan : plus de 700 mines terrestres ont été simultanément neutralisées à proximité du kibboutz Ein Zivan, non loin de la frontière syrienne. L’opération a été menée par l’INMAA — l’Autorité nationale israélienne d’action contre les mines — l’organe du ministère de la Défense chargé du déminage et de l’élimination des engins non explosés à travers le pays.

 

Le Golan renferme encore des champs de mines hérités de plusieurs décennies de guerre et de défense frontalière. Ces engins ont été posés tant par Israël que par les armées voisines à différentes époques du conflit israélo-arabe. Avec le temps, l’érosion des sols a déplacé certaines de ces mines, transformant de vieux obstacles militaires en dangers permanents pour les civils — randonneurs, agriculteurs, enfants jouant dans des zones apparemment anodines. Une réalité silencieuse et meurtrière que l’État cherche maintenant à effacer méthodiquement.

Un programme national de longue haleine

Le déminage du Golan s’inscrit dans un programme pluriannuel dont l’objectif est de rendre les terres contaminées à la vie civile. Selon le ministère de la Défense, l’INMAA a déminé plus de 6 700 dounams de terres suspectées de contenir des mines ou des engins non explosés au cours de la seule année écoulée, dont plusieurs milliers de dounams dans les hauteurs du Golan. La finalité est concrète et pragmatique : ouvrir ces espaces à l’agriculture, au logement, au tourisme, au commerce et à l’industrie. Des terres figées dans l’état de guerre depuis des décennies pourraient ainsi retrouver une vocation productive et humaine.

L’INMAA a été créée en 2011, après qu’Israël ait élevé le déminage au rang de priorité nationale en matière de sécurité et de protection civile. Depuis sa création, l’autorité a neutralisé des dizaines de milliers de mines sur des milliers d’hectares, dans des zones aussi variées que les abords de la mer Morte, l’Arava, Eilat, la vallée de Beit She’an, Majdal Shams et Had Nes. L’opération d’Ein Zivan n’est donc pas un événement isolé mais une étape supplémentaire dans une campagne méthodique et de longue durée.

Le Golan, entre histoire militaire et avenir civil

Pour comprendre l’ampleur du défi, il faut replacer ces champs de mines dans leur contexte historique. Le Golan est passé aux mains israéliennes lors de la guerre des Six Jours en 1967, puis a été partiellement reconquis par la Syrie lors de la guerre du Kippour en 1973 avant d’être à nouveau capturé par Israël. Ces conflits successifs ont parsemé le plateau d’engins explosifs posés par des armées qui n’avaient ni la capacité ni l’intention de les retirer. S’y ajoutent les mines déposées dans le cadre du dispositif de défense frontalier israélien au fil des décennies. La complexité du problème tient non seulement au nombre de mines encore en place, mais à leur dispersion progressive due aux glissements de terrain, aux crues saisonnières et aux activités animales.

La chute du régime d’Assad en Syrie à la fin de 2024 a par ailleurs reconfiguré la donne sécuritaire dans la région, permettant à Israël d’étendre son dispositif dans la zone tampon et d’approfondir son emprise sur des zones du Golan jusqu’alors sensibles. Ce contexte géopolitique nouveau donne une dimension supplémentaire aux opérations de déminage : rendre ces terres habitables, c’est aussi ancrer durablement la présence israélienne sur un plateau dont la souveraineté a été formellement reconnue par les États-Unis en 2019 sous l’administration Trump. Le déminage n’est pas seulement une question de sécurité civile — c’est aussi un acte de souveraineté.

Ce que l’opération d’Ein Zivan rappelle avec éclat, c’est qu’entre une guerre et la paix véritable, il y a toujours un long travail invisible. Faire sauter 700 mines dans un fracas contrôlé, c’est écrire, mètre carré après mètre carré, une page différente de l’histoire du Golan — celle d’un territoire qui, après avoir été un champ de bataille, aspire à devenir une terre de vie.

Ce n’est pas la première fois qu’Israël mène une telle opération sur le Golan. Retrouvez sur infos-israel.news :

 


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